Des VUL carrossés pour le BTP !

En France, le Renault Master est le support préféré pour développer des carrosseries spécifiques.  © DR

Les artisans du BTP sont de grands consommateurs de fourgons aménagés ou carrossés. Les spécialistes du secteur leur proposent une vaste palette de solutions, destinées à répondre à tous leurs besoins.




Les professionnels du bâtiment ont besoin pour leur travail d’être épaulés par des fourgons qui répondent précisément à leurs attentes. Ces véhicules “adaptés” permettent de travailler plus vite et confortablement. En France, le secteur de l’aménagement de véhicules est très important. En 2022, sur un marché total de 348 000 utilitaires, près de 310 000 VUL avaient reçu un aménagement. Les interventions succinctes, sans modification structurelle, restent largement majoritaires. On en compte 270 000 par an, en France.

 

Le Renault Kangoo Van, équipé d'une étagère mobile

Le nouveau Renault Kangoo Van équipé d'une étagère mobile. © DR

 

 

Parmi les équipements de fourgons les plus répandus, on compte :

– Les attirails destinés à protéger le VUL : cloisons, protège-planchers antidérapants, parois ou passages de roues, dont l'objectif est de préserver l’état et donc la valeur du fourgon ;

– Les cabines approfondies qui proposent une banquette supplémentaire. Ces équipements sont désormais souvent réversibles. Appréciées du BTP, elles permettent de transporter les ouvriers sur le chantier.

 

Intérieur d'un VUL aménagé, avec étagères à outils et à materiel intégrées

Une fois aménagé, un utilitaire peut devenir un véritable atelier roulant. © DR

 

 

Les aménagements d’intérieur

Ils prennent place au sein de la partie chargement du VUL et sont destinés à simplifier le travail de l’artisan. Les pièces et outils sont mieux rangés ce qui, in fine, facilite le travail. Il s’agit de garnir l’espace utile de mobiliers et rangements pour transformer son fourgon en atelier mobile. On se rapproche, dans l’esprit au moins, d’un dressing de chambre d’hôtel de luxe… D’ailleurs, les acteurs du secteur utilisent un vocabulaire similaire à celui des décorateurs. Ils parlent d’étagères, de coffres, de tiroirs ou de casiers. Seule différence, ils hébergent ici des tournevis, pinces ou marteaux et non des chemises, cols roulés ou smoking.

Pour des usages plus précis, le VUL peut aussi recevoir : établi, plans de travail, étaux, porte-bidons, enrouleurs ou encore dérouleurs de papier … Les rails, sangles et accroche-outils sont destinés à éviter que le chargement se “balade”.

Enfin, on peut aussi installer à l’extérieur de son VUL : une galerie ou une échelle de toit, des pupitres, marchepieds ou rampes de chargement, etc.

 

Van équipé sur le toit et sur les côtés

Move Equipment équipe aussi l'extérieur des Vans. © DR

 

 

Les bennes ont toujours la côte

Le fourgon benne est un incontournable du secteur du BTP. Ces véhicules à plateau arrière ouvert permettent le transport d’outils et matériaux. Souvent développés sur des bases de châssis-cabine, ils sont pour certains, intégrés au catalogue des constructeurs.

 

Deux véhicules Volkswagen crafter

Il existe une large palette de bennes adaptées aux différents besoins. © DR

 

 

Les spécialistes du secteur se nomment : Jocquin, Durisotti, Gruau, JPM, Sitram, Cornu ou encore Kollé. L’Iveco Daily et le Renault Master sont plébiscités pour ce type de carrosseries.

Les modèles à transmission aux roues arrières sont mieux adaptés aux utilitaires à benne. Certains modèles peuvent recevoir des roues arrière jumelées, histoire de mieux supporter les plus lourdes charges.

Sur le marché de l’utilitaire à benne, le gros de la demande se focalise sur les modèles classiques à ouverture arrière dite Transporteur. Les catalogues proposent des véhicules à bennes hydrauliques à basculement sur l’arrière ou sur un ou deux côtés (triverse), qui facilite le déversement des déchets et gravats transportés. Plus marginale, la benne déposable est pénalisée par le surpoids imposé par son mécanisme de soulevage. À noter que désormais, les bennes en acier sont souvent sablées, traitées avec un apprêt anticorrosion et une peinture époxy. Certaines utilisent l’aluminium inoxydable, léger mais aussi plus onéreux.

 

 

Pourquoi ne pas opter pour une remorque ?

Un règlement européen, voté à une époque où les utilitaires étaient bien plus légers, permet aux conducteurs de VUL de moins de 3,5 t, de se passer du permis poids lourds. Pratique ! Mais depuis, le poids moyen des utilitaires n’a cessé d’augmenter par l’intégration de nouveaux équipements. Cet embonpoint chronique pénalise la charge utile ou PTAC, le poids maxi du véhicule demeurant fixé à 3,5 tonnes.

 

Maxicargo a inventé une ingénieuse remorque pour VUL tracteur. © DR

 

 

Pour remédier à cet inconvénient, l’entreprise bretonne Maxicargo, née en 2008, a imaginé une ingénieuse remorque à associer à un tracteur de véhicule utilitaire. Cette solution permet de bénéficier d’une charge utile nettement accrue et évite de rouler en surcharge ce qui est dangereux et illégal. Rappelons qu’en cas d’accident, un véhicule dont le poids maxi est trop élevé n’est pas couvert par son assureur. La remorque Maxicargo de deux tonnes de charge utile coûte autour de 25 000 euros. Le BTP représente 30 % des ventes de cette start-up.

 

 

Stellantis en retard sur Renault

Les grands fabricants d’utilitaires cherchent à capter une plus large part du marché de l’aménagement. Le leader Renault représente 31 % du secteur. Il précède Iveco, réputé pour ces fourgons grand volume, et Mercedes. Peugeot et Citroën sont un peu en retard.

Globalement, les quatre marques de Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat Professional et Opel) représentent 41 % des ventes totales de VUL, contre seulement 29 % à Renault. En revanche, en matière de fourgons transformés, le rapport s’inverse avec Renault qui prend l’avantage.

Pour combler son retard, Stellantis a mis en place en 2021 une structure multimarque spécialisée. Ce centre national d’expertise est installé à Nanterre, à deux pas de La Défense. Sur place, on trouve un espace d’exposition, un pôle technique et un centre de formation. L’ensemble a pour vocation de soutenir le réseau classique. "Avec cette structure nous souhaitons progresser sur l’un des seuls créneaux sur lequel nous ne sommes pas leader", se félicite Guillaume Couzy, directeur de Stellantis France.

 

Centre National Renault Pro+ de Rungis, spécialisé dans les VUL carrossés

Le Centre National Renault Pro+ de Rungis, spécialisé dans les VUL carrossés. © DR

 

 

Pionnier en matière de VUL aménagés, le Losange s’appuie quant à lui, sur son service spécialisé Pro+. Cette équipe est installée à Rungis directement au sein du marché MIN, depuis 10 ans déjà. Elle comprend une quinzaine de personnes qui imaginent et conçoivent tous les projets en carrossages de ses clients : ambulance, van, foodtruck, frigorifique, magasin ...

Reste que pour l’heure le prochain défi à relever pour le monde des utilitaires carrossés ou non, est celui du passage à l’électrique. Pour l’instant en effet, le marché reste quasi-exclusivement diesel.

 


Source : batirama.com / Nicolas Dembreville

L'auteur de cet article

photo auteur Nicolas DEMBREVILLE
« Depuis tout petit, j’aime l’automobile et sous toutes ses formes. » Les utilitaires, par leur côté pragmatique et fonctionnel, intéressent vivement Nicolas Dembreville, journaliste parisien de 52 ans. Décrypter l’actuel “passage à l’électrique” plus ou moins contraint par la législation de ce secteur, le passionne. Il cherche à informer, renseigner, accompagner les artisans le mieux possible dans cette révolution automobile. En parallèle, Nicolas écrit également sur l’horlogerie, le design ou les phénomènes de société.
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