Les copropriétaires peu enclins à faire des travaux de rénovation énergétique cruciaux

Les copropriétaires peu enclins à faire des travaux de rénovation énergétique cruciaux

Alors que la rénovation énergétique des copropriétés s’inscrit comme un enjeu de taille (Loi climat et Résilience), une enquête montre que les copropriétaires ne semblent pas décidés à faire réaliser ces travaux.





Légende : Le rapport Sichel a chiffré en moyenne le coût de la rénovation par logement à 15 000 euros en habitat collectif, un montant sous-estimé selon les intervenants ©F. Leroy

 

Un certain nombre de réformes votées dans le cadre de la loi Climat et résilience vont obliger les copropriétés à s’engager sur le chemin de la rénovation énergétique. En effet, les mesures suivantes vont bientôt s’imposer aux propriétaires de logements

 

  • Un DPE devenu opposable et à double seuil (émission de CO2 et efficacité énergétique) depuis le 1er juillet 2021,

 

  • Un audit énergétique obligatoire pour les logements G, F, E et D à partir de 2022 (1er janvier 2022 pour les logements de classes F ou G ; 1er janvier 2025 pour les logements de classe E ; 1er janvier 2034 pour les logements de classe D),

 

  • Un échéancier sur l'interdiction de location des logements les plus énergivores (G en 2025, F en 2028, E en 2035),

 

  • Un nouveau calcul du fonds travaux,

 

  • Le Plan Pluriannuel de Travaux obligatoire.

 

23 millions de logements classés de G à D

 

Concrètement, ce sont 23 millions de logements classés de G à D (habitat collectif et maisons individuelles), qui doivent être rénovés car le législateur ne s'est pas limité à l'éradication des passoires thermiques (4,8 millions).

 

Selon les résultats de l'enquête Hellio, près d'un répondant sur deux (49 %) estime que le poids de l'énergie est supérieur à 20 % des charges. Une proportion qui devrait encore s'accentuer dans le contexte actuel de la hausse des prix de l'énergie si aucun travaux n'est entrepris dans les copropriétés.

 

Le premier enseignement de l'enquête réalisée par Hellio montre que 50 % des répondants ne connaissent pas l'étiquette énergétique de leur copropriété et seuls 15 % estiment l'avoir prise en compte lors de leur achat.

 

À la question « Connaissez-vous la rénovation globale en copropriété ? », près de 3/4 des répondants ont répondu par la négative. Même constat du côté des aides à la rénovation globale : 70 % ne les connaissent pas. Des résultats peu surprenants puisque la rénovation globale est un axe du gouvernement depuis peu, MaPrimeRénov' copropriétés ayant été lancée il y a moins d'un an.

 

Les syndics ne jouent pas leur rôle

 

Au coeur du processus de décision, les syndics ont un rôle clé à jouer. Cependant, 82 % des répondants déclarent ne pas avoir eu de recommandations sur les travaux de rénovation énergétique pour leur copropriété de la part de leur syndic professionnel.

 

La priorité politique donnée à la rénovation énergétique des copropriétés se heurte à une demande de travaux insuffisamment stimulée. 

 

Quelque 53 % des répondants n'envisagent pas la réalisation de travaux de rénovation énergétique pour leur copropriété et 50 % ne comptent pas réaliser la rénovation globale alors que c'est l'une des solutions face à l'obligation de rénover les passoires énergétiques à partir de 2025. De plus, grâce à la rénovation globale, les copropriétés pourraient réduire le montant des charges liées à l'énergie de 15 % minimum[2].

 

Pour ceux qui la projettent, elle n'est envisagée qu'à long terme pour 19 % (4 ans et plus) des répondants. Il y a pourtant urgence car les délais de prise de décision des copropriétés sont longs. Selon Hellio, le temps moyen de réalisation d'une rénovation globale est de 3 ans.

 

L’isolation thermique par l’extérieur identifié comme un poste de travaux important

 

L'étude réalisée par Hellio laisse, toutefois, entrevoir des perspectives encourageantes. Lorsque les copropriétaires sont informés, ils identifient l'isolation thermique par l'extérieur comme le poste de travaux le plus efficace pour réaliser le plus d'économies d'énergie (48 %).

 

La rénovation globale arrive en 4e position du top 10 des travaux de rénovation énergétique cités. Un signal positif témoignant d'un début de prise de conscience. Le concept de rénovation globale est accepté par tous les intervenants du débat même si certains ne l'envisagent pas comme une solution de massification.

 

Le rapport Sichel a chiffré en moyenne le coût de la rénovation par logement à 15 000 euros en habitat collectif, un montant sous-estimé selon les intervenants. Il n'en reste pas moins que 75 % des répondants de l'enquête Hellio se disent prêts à allouer 5 000 euros aux travaux de rénovation énergétique, soit le montant moyen du reste à charge par copropriétaire d'une rénovation globale après déduction des aides (MaPrimeRénov', CEE), selon Hellio.

 

Des aides de financement de travaux encore peu connues

 

« MaPrimeRénov copropriétés permet de financer 25 % du montant des travaux, à condition d'atteindre les 35 % minimum de gains énergétiques. Á cela s'ajoutent les Certificats d'Économies d'Énergie, une aide privée financée par fournisseurs d'énergie, à hauteur de 10 à 20 % du montant des travaux », détaille Tanguy Dupont, directeur du pôle habitat collectif de Hellio.

 

Mais la majorité des répondants ne connaissent pas les aides à la rénovation globale, preuve d'un besoin de simplification pour les rendre plus accessibles et en faire un élément déclencheur.


Source : batirama.com

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