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Canicule : face aux critiques, Jean-Pierre Farandou défend les entreprises du BTP

Canicule : Farandou défend les entreprises du BTP face aux critiques. © Magnific

Le ministre du Travail a dit faire confiance aux entreprises du BTP pour préserver la santé des ouvriers en période de forte chaleur, avant la publication de recommandations actualisées la semaine prochaine.



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Alors que la France traverse un nouvel épisode de fortes chaleurs, la question de la protection des travailleurs exposés aux températures extrêmes revient avec insistance dans le débat public. En première ligne, le secteur du bâtiment et des travaux publics doit composer avec des conditions de travail particulièrement éprouvantes. Invité à réagir sur ce sujet sensible, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a assuré que les entreprises disposaient déjà des outils nécessaires afin de préserver la santé de leurs salariés, tout en appelant à la prudence après le décès d'un jeune ouvrier dans la Drôme.

 

 

"Les entreprises font ce qu'il faut" : le ministre met en avant les dispositifs existants

En déplacement sur un chantier à Châteaufort, dans les Yvelines, Jean-Pierre Farandou a estimé que les employeurs du secteur du BTP mettaient en œuvre les mesures adaptées pour protéger leurs équipes face aux épisodes de chaleur intense. "Je sais que dans les entreprises, on fait ce qu'il faut pour que les ouvriers puissent travailler en préservant leur santé par rapport à ces chaleurs intenses", a-t-il déclaré au micro de BFMTV.

Selon lui, le dispositif de prévention repose d'abord sur les alertes diffusées par Météo-France, qui permettent aux professionnels d'activer une série de mesures adaptées à l'évolution de la situation météorologique. "Météo France diffuse des avis par département [...] à partir de là, les structures professionnelles, notamment le BTP, ont toute une palette de mesures qu'elles déclenchent", a-t-il expliqué.

 

Cette prise de position du ministre intervient alors qu'un décret entré en vigueur en 2025 a renforcé les obligations des employeurs confrontés à des épisodes de forte chaleur. Interrogé sur l'éventualité d'une nouvelle adaptation du Code du travail, Jean-Pierre Farandou a jugé que le cadre réglementaire actuel était déjà particulièrement exigeant. © JC

 

"Il y a déjà beaucoup d'obligations faites aux entreprises", a souligné le ministre du Travail, rappelant que chaque chef d'entreprise demeure légalement responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés. À ce titre, il lui appartient d'identifier les risques liés à l'activité professionnelle, les fortes chaleurs faisant désormais pleinement partie des dangers à anticiper.

Parmi les mesures évoquées figurent notamment :

– l'aménagement des horaires afin d'éviter les périodes les plus chaudes de la journée ;

– La mise à disposition d'eau en quantité suffisante ;

– Ou encore l'organisation de pauses régulières.

 

 

Une protection jugée insuffisante par certains syndicats, sur fond de drame dans la Drôme

Toutefois, la CGT estime que les moyens d'action des inspecteurs du travail demeurent trop limités lorsque des manquements sont constatés sur le terrain. Le syndicat regrette notamment que ces derniers ne puissent pas interrompre immédiatement un chantier ou une activité lorsqu'ils considèrent que les mesures de prévention sont insuffisantes. En l'état actuel du droit, les inspecteurs peuvent adresser une mise en demeure à l'employeur, mais celui-ci dispose ensuite d'un délai minimal de huit jours pour se mettre en conformité, une procédure que la CGT juge inadaptée face à l'urgence des situations liées aux vagues de chaleur.

Jean-Pierre Farandou a par ailleurs indiqué que le prochain Plan santé au travail, élaboré pour une période de cinq ans et attendu dans les prochains jours, accordera une place importante aux conséquences du changement climatique sur les conditions de travail. "Il aura un chapitre particulier autour de la transition écologique, du changement climatique", a-t-il annoncé, précisant qu'un certain nombre de recommandations seraient actualisées afin de mieux répondre aux nouveaux risques auxquels sont confrontés les salariés.

Ces déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu après le décès d'un jeune homme de 19 ans dans la Drôme. Mardi, après avoir travaillé toute la journée sur un toit, il s'est senti mal en fin d'après-midi. Transporté par son père à l'hôpital de Die, il est décédé peu après, selon les informations communiquées par les gendarmes. Le parquet a ordonné une autopsie afin de déterminer avec précision les causes du décès. Ce même jour, les températures avaient dépassé les 32 °C dans la commune.

 

Réagissant au décès du jeune couvreur, le ministre, ici en photo, a évoqué "un drame humain" qui le "peine profondément", tout en estimant qu'il convenait d'attendre les conclusions de l'enquête avant d'établir un éventuel lien entre les conditions de travail et le décès du jeune homme. "Il faut laisser faire l'enquête pour établir avec précision la cause de cet accident mortel et, ensuite, l'évaluation des mesures prises par l'entreprise pour sécuriser au maximum la santé de ses salariés", a-t-il déclaré. © Matthieu Raffard

 

Sur le plan politique, le sujet continue également de susciter de vives réactions. Vendredi, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, s'est dite "très en colère" face à ce qu'elle considère comme un manque d'ambition des pouvoirs publics. La dirigeante écologiste a rappelé avoir proposé, dès le 1er mai, la création en France d'un congé climatique inspiré du modèle espagnol, permettant aux salariés de cesser leur activité lors d'épisodes de chaleur extrême. Si elle reconnaît que certains employeurs prennent d'ores et déjà des initiatives pour protéger leurs équipes, elle estime que ces démarches volontaires ne suffisent pas à garantir une protection uniforme sur l'ensemble du territoire. "Ce n'est pas le cas de tout le monde. Et c'est justement pour ça que sont faites les lois", a-t-elle affirmé, plaidant pour l'instauration de seuils de chaleur clairement définis et juridiquement contraignants afin de mieux protéger les travailleurs exposés. Une absence de cadre plus strict qu'elle qualifie de "faute politique".

 



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / ©

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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