Les ruptures conventionnelles deviennent moins avantageuses pour les employeurs et les salariés. Entre contribution patronale accrue et plafonnement de l’indemnisation chômage, cette option de départ volontaire se complexifie dès 2026.
Depuis le 1er janvier 2026, le taux de la contribution patronale spécifique sur les indemnités de rupture conventionnelle individuelle passe de 30 % à 40 % (article 15 de la LFSS 2026, codifié à l’article L.137-12 du CSS).
L'impact concret pour les employeurs est que la contribution est due à partir du premier centime de l’indemnité. Exemple : pour une rupture conventionnelle négociée à 10 000 €, l’entreprise devra désormais verser 4 000 €, contre 3 000 € auparavant. Il est à noter que cette hausse concerne les ruptures dont la date de rupture intervient à partir du 1er janvier 2026, et non la date de signature ou de versement de l’indemnité.
Un avenant à la convention d’assurance chômage du 25 février 2026 encadre la prise en charge des allocataires dans le cadre d’une rupture conventionnelle.
La rupture conventionnelle est un mécanisme très utilisé : en 2024, elle représentait 19 % des ouvertures de droits à l’assurance chômage. Mais elle pesait beaucoup plus lourd sur les finances publiques : un quart des dépenses de l’assurance chômage est imputable à ce dispositif, soit 9,4 milliards d’euros, en forte hausse (+ 63 %) depuis 2015.
Afin de limiter cet impact, la réforme réduit la durée d’indemnisation :
– allocataires < 55 ans : 15 mois (contre 18 auparavant), 20 mois pour l’outre-mer (hors Mayotte) ;
– Allocataires ≥ 55 ans : 20,5 mois (contre 22,5 ou 27 auparavant), 30 mois pour l’outre-mer (hors Mayotte).
Selon l’étude d’impact du ministère du Travail, cette réforme pourrait générer 800 millions d’euros d’économies et favoriser 12 000 à 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. L’enjeu est clair : rendre la rupture conventionnelle moins coûteuse pour le système tout en incitant certains salariés à revenir rapidement sur le marché de l’emploi.