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Le Syndicat des Energies Renouvelables a foi en l’avenir du chauffage au bois domestique

La flamme de la combustion du bois à travers la vitre d'un poêle à bois. ©

Le marché du chauffage au bois se porte mal, mais le bois est la première énergie renouvelable utilisée en logement. Les appareils sont de plus en plus efficaces, de plus en plus propres et leur puissance baisse.



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Le pari du SER (Syndicat des Energies Renouvelables) est simple. Comme le rendement des nouveaux appareils de chauffage au bois est nettement meilleur et que leurs émissions de polluants sont fortement réduites par rapports aux appareils commercialisés avant 2012, même en accroissant fortement le parc installé – 8 millions d’appareils aujourd’hui, 10 millions prévus par le SER en 2035 –, en supprimant les foyers ouverts et en remplaçant les appareils anciens par de nouveaux appareils plus efficaces et économiques, les émissions de particules PM2.5 devraient baisser de 42 % en 2030 et de 67 % en 2035, par rapport à 2023.

Dans le même temps, grâce à l’amélioration des rendements et à la réduction des besoins de chauffage, la consommation de bois va fortement baisser et passer de 73 TWh pour 8 millions de logements en 2024 à 60 TWh pour 10 millions de logements en 2035. L’évolution du marché peut ralentir ces projections.

 

 

 

Les granulés de bois constituent le combustible biomasse en plus fort développement. © PP / Poujoulat

 

 

 

Les bûches sont en déclin, mais le sous-segment des bûches fabriquées à partir de sciure, les bûches densifiées – est en croissance. La qualité du combustible, notamment sa teneur en eau compte beaucoup dans le résultat : rendement et qualité des produits de combustion. © PP / Poujoulat

 

 

Les plaquettes forestières sont très peu utilisées en chauffage domestique au bois. © PP

 

 

Le marché des appareils de chauffage au bois n’est pas en forme

Le marché des appareils de chauffage au bois se compose des poêles, des inserts et foyers fermés, des cuisinières et des chaudières. Seules les chaudières peuvent à la fois couvrir les besoins de chauffage et produire de l’eau chaude sanitaire.

Selon Observ’ER, l’observatoire des énergies renouvelables, le marché des appareils de chauffage domestique au bois se porte mal. Il a atteint 290 510 appareils en 2025, soit une baisse de 2,3 % par rapport à 2024 et de 43 %, soit 222 000 appareils en moins, par rapport à 2022. En 2025, il s’est vendu en France :

– 229 990 poêles (+ 0,3 % par rapport à 2024) ;

– 46 750 foyers fermés et inserts (- 11,3 %) ;

– 2 750 cuisinières à bois (- 42,1 %) ;

– et 11 020 chaudières (+ 2 %).

 

Ce marché affiche sa plus faible activité depuis 14 ans. Les appareils à bûches ont représenté 57 % des ventes, soit 164 990 appareils, contre 65 % en 2024. Les appareils à granulés atteignent 43 % des ventes à 125 520 appareils, contre 35 % des ventes en 2024. Dans le détail, les appareils à bûches sont en fort recul, tandis que les appareils à granulés progressent. En 2025, il s’est vendu 164 990 appareils à bûches, tous types confondus, contre 196 030 en 2024 et 330 400 en 2023. Côté appareils à granulés, les ventes ont été de 125 520 pièces en 2025, contre 101 400 en 2024 et 91 665 en 2023.

Les chaudières à bûches ont subi la plus forte baisse des ventes l’an passé (- 27,5 %), devant les poêles manuels (- 22,8 %) et les foyers fermés et inserts (- 16,5 %). A l’inverse, pour les granulés, les ventes de poêles ont rebondi de 35 % et celles des chaudières de 17,7 %. Ce qui efface une partie des très fortes pertes enregistrées en 2023, lors de l’envolée du prix des granulés.

 

229 990 poêles à bois ont été vendus en France en 2025, soit la très grosse majorité des 290 510 appareils de chauffage au bois, tous types confondus vendus l’an passé. © PP

 

 

Les chaudières biomasse ne sont plus financées par MaPrimeRénov’ depuis le 1er janvier 2026 dans le cadre des travaux monogeste, même les chaudières à granulés à condensation, dont le rendement dépasse 100 % sur PCI. © Ökofen / Fröling

 

 

La garantie du Label Flamme Verte

Côté technique, tout ce qu’indique le SER à propose des rendements et de la qualité de combustion est parfaitement exact. Il suffit de regarder en effet les appareils labellisés "Flamme Verte", un label lancé par l’ADEME et les professionnels du chauffage au bois en 2020 et géré par le SER, qui rassemble 127 marques, plus de 7 000 modèles et représente environ 80 % des ventes d’appareils de chauffage au bois en France.

En ce qui concerne les chaudières automatiques à granulés, le site Flamme Verte recense 324 produits. Le plus mauvais rendement est de 86,5 %, avec des émission PM de 21,4 mg/Nm3 à 10 % d'O2. Le rendement moyen des chaudières à granulés classiques se situe entre 91 et 9 6%. Tandis que les chaudières à condensation dépassent 100 % de rendement sur PCI. La meilleure est la Condens 18 kW d’Ökofen qui atteint un rendement de 107,3 %, avec des émissions PM de seulement 5,25 mg/Nm3 à 10 % d'O2.

Le site Flamme Verte ne recense plus que neuf chaudières à bûches, toutes avec des rendements supérieurs à 90 %, la meilleure, la Smart-DUO 20 de Hargassner, atteignant un rendement de 95,2 %. Le rendement des 149 cuisinières bois labellisées Flamme Verte varie de75 à 88,6 %, avec une concentration autour de 86 % de rendement. Leurs émissions varient de 50 à 66 mg/Nm3 à 13 % d'O2.

Le rendement des 1 240 poêles à bûches répertoriés varie de 76 à 87 %, avec des émissions de poussières moyennes de 20 mg/Nm3 à 13 % d'O2. Le rendement des 2 438 poêles à granulés listés par Flamme Verte varie de 87 %, avec des émissions de poussières moyennes de 15 mg/Nm3 à 13 % d'O2, jusqu’à un rendement de 95 %, un rendement saisonnier (Etas) de 84 %, avec des émissions de poussières de seulement 10 mg/Nm3 à 13 % d'O2.

Flamme Verte a labellisé 1 332 foyers fermés et inserts, dont 1 240 à bûches et 92 à granulés. Rendement de 87 à 95,2 % pour les inserts à granulés, avec des émissions de poussières de 24 mg/Nm3 à 13 % d'O2 à 17 mg/Nm3 à 13 % d'O2. Les inserts à bûches affichent des rendements de 75,6 % (émissions de poussières de 35 mg/Nm3 à 13 % d'O2) à 86 % (19 mg/Nm3 à 13 % d'O2 de poussières). Bref, les appareils à granulés atteignent systématiquement des rendements plus élevés, tout en produisant nettement moins de poussières. Comme la part des appareils à granulés augmente dans l’ensemble des appareils de chauffage au bois vendus en France, le raisonnement du SER sur la baisse des consommations et de la pollution est renforcé.

 

 

Une activité non-délocalisable

La France, selon une étude commanditée par l’ADEME, compte plus de 100 usines de préparation de combustible bois, qu’il s’agisse des granulés, des bûches ou des bûches reconstituées, et plus de 2 000 distributeurs. L’étude indique que 100 % des bûches et 90 % des granulés consommés en France sont aussi produit en France.

6 700 entreprises sont qualifiées RGE pour le chauffage au bois. La filière du chauffage au bois génère 75 691 emplois directs et indirects, ainsi que 128 M€ de retombées fiscales annuelles directes pour les territoires. La ressource en bois est abondante et les projections montrent que la consommation de bois pour le chauffage domestique va continuer de baisser, alors même que le parc d’appareils va augmenter. De 2015 à 2023, 51,7 Mm3 ont été récoltés, tandis que la croissance naturelle des forêts atteignait 71 Mm3 sur la même période.

Le bois est la première source d’énergie renouvelable en France, couvre 25 % des besoins de chaleur en logement. 43 % des maisons résidences principales sont équipées de chauffage au bois. Le bois est l’énergie la moins chère à 7 à 10 c€/kWh en moyenne. Selon son type, un appareil de chauffage au bois coûte entre 1 000 et 4 000 € selon le SER et une installation complète – fourniture et pose – revient entre 5 000 et 6 000 €.

Malgré tout, les Pouvoirs Publics semblent peu apprécier le chauffage au bois. Depuis le 1er janvier 2026, dans le barème MaPrimeRénov’ par geste, les chaudières biomasses ne sont plus financées, les poêles et cuisinières à granulés sont financés à hauteur de 1 250 € pour les ménages très modestes, 1 000 € pour les ménages modestes et 750 € pour les ménages aux ressources intermédiaires, dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles de 5 000 €. Pour les poêles et cuisinières à bûches, les montants sont de 1 250 €, 1 000 € et 500 € avec un plafond de 4 000 €. Pour les foyers fermés et inserts, les montants d’aide atteignent 1 250 €, 750 € et 500 € avec un plafond de 4 000 €. Le SER ne demande pas la lune, juste que cette structure d’aide soit stable dans le temps – il y a eu 5 modifications au cours des trois dernières années – et que les chaudières biomasse soient réintégrées dans ces barèmes, parce que leur exclusion signifie aux yeux du public qu’elles ne constituent pas une bonne solution.



Source : batirama.com / Pascal Poggi / © PP

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
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