Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié à sa ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, une mission de deux mois destinée à renforcer le recours aux certificats d’économies d’énergie (CEE), et ce afin de promouvoir l’usage d’une électricité dite décarbonée et réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.
La guerre au Moyen-Orient, en exerçant une pression à la hausse sur les coûts de l’énergie et en perturbant les chaînes d’approvisionnement, "rappelle avec acuité notre dépendance aux énergies fossiles importées", souligne le chef du gouvernement dans un courrier adressé à sa ministre de l’Énergie, Maud Bregeon. Dans ce contexte, Sébastien Lecornu estime que l’accélération de l’électrification des usages nécessite des leviers incitatifs et d’accompagnement, au premier rang desquels figurent les CEE.
Ce dispositif de financement de la rénovation, de la transition énergétique et des économies d'énergie repose sur les contributions des fournisseurs d'énergie – tels TotalEnergies, Engie, les vendeurs de carburants – au nom du principe du "pollueur-payeur". Mais en pratique, ces coûts sont en partie répercutés sur les consommateurs, via les prix à la pompe ou les factures d’énergie.
Face à la crise, le gouvernement entend aller "plus vite et plus loin" dans l’orientation des CEE, en renforçant leur contribution à l’électrification des usages et en améliorant l’implication des acteurs privés afin de mieux maîtriser les coûts de gestion. Concrètement, le dispositif permet aux fournisseurs d’énergie d’obtenir des certificats en contrepartie d’aides versées aux ménages ou aux entreprises, par exemple pour remplacer une chaudière au fioul par une pompe à chaleur plus performante.
Dans un contexte budgétaire contraint, l’État s’appuie de plus en plus sur ce mécanisme créé en 2005. Un décret publié fin 2025 a d’ailleurs relevé de 27 % les obligations d’économies d’énergie sur les cinq prochaines années, suscitant des interrogations sur un possible impact sur les prix.
Dans sa lettre de cadrage, le Premier ministre appelle à :
– "maximiser" l’efficacité des CEE ;
– Écarter les dispositifs jugés les moins pertinents ;
– Cibler davantage les secteurs les plus dépendants aux hydrocarbures importés – comme l’agriculture ou la pêche ;
– Renforcer les soutiens en faveur du pouvoir d’achat des ménages modestes, du tissu industriel français et de la lutte contre la fraude.