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Avec Smiljan Radic Clarke, le Prix Pritzker consacre l'éphémère et l'inachevé

Smiljan Radic Clarke, Guatero, 2023, Santiago, Chili. © Smiljan Radic

L’architecte chilien Smiljan Radic Clarke reçoit le prix Pritzker, la plus haute distinction mondiale en architecture, consacrant une œuvre singulière fondée sur l’expérimentation, la sobriété et l’inachevé.

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L’architecte chilien Smiljan Radic a été désigné lauréat du prix Pritzker d’architecture 2026. Le jury a salué la cohérence d’un parcours marqué par une évolution permanente des formes et des concepts, refusant toute assignation à un style unique au profit d’une approche ouverte, en dialogue constant avec les usages et les contextes.

 

"L'enfermement est complexe : un abri crée une distance avec la réalité, tandis qu'un refuge nous invite à ressentir le caractère unique de la vie qui s'y déroule. Mais ce dont nous avons besoin, c'est de protection – un lieu de stabilité pour accepter notre fragilité" explique Smiljan Radic Clarke, le lauréat du Pritzker Prize 2026, ici en photo. © Pritzker Prize

 

Professionnellement connu sous le nom de Smiljan Radic, il a toutefois souhaité associer à son identité le nom de sa mère, Clarke, lors de l’annonce officielle du prix, un geste personnel qui souligne la dimension intime de son parcours. Radic devient ainsi le 55e lauréat du prix Pritzker, créé en 1979 par Jay Pritzker afin de distinguer l’excellence architecturale à l’échelle mondiale. Parmi les précédents lauréats figurent notamment Renzo Piano, Francis Kéré et Zaha Hadid, confirmant le prestige international de cette distinction.

 

 

Une architecture explorative

Né à Santiago et diplômé de l’Université pontificale catholique du Chili, l’architecte de soixante ans a construit une œuvre éclectique couvrant des programmes très variés – résidences, équipements culturels, projets commerciaux – sans jamais chercher à imposer une signature formelle répétitive. Son travail privilégie l’expérience sensible : la relation aux matériaux, la perception des atmosphères et une dimension exploratoire qui invite l’usager à découvrir l’architecture plutôt qu’à la consommer comme un objet figé.

 

Cette cave viticole, œuvre de Smiljan Radic Clarke, est implantée au sein du domaine du Vik Resort, au Chili. ©  Cristobal Palma / © Prix Pritzke

 

Les espaces que Smiljan Radic Clarke conçoit se caractérisent par une forme d’ambiguïté, voire une certaine déstabilisation, à l’image de la House for the Poem of the Right Angle, au Chili, un édifice qui s’affranchit des repères orthogonaux traditionnels pour ouvrir le champ à l’interprétation et à la contemplation. L’architecture s’apparente alors à un art du retrait, capable d’offrir un refuge apaisé au cœur d’un monde traversé par l’incertitude. © Cristobal Palma

 

 

Une œuvre saluée pour sa sobriété, entre installations iconiques et équipements culturels

Dans son communiqué, le jury du Pritzker 2026 a mis en avant une œuvre située "à la croisée de l’incertitude, de l’expérimentation matérielle et de la mémoire culturelle", privilégiant la fragilité plutôt qu’une démonstration de certitude architecturale. Plusieurs de ses bâtiments semblent volontairement temporaires, instables ou inachevés, questionnant les conventions traditionnelles de permanence et d’expression monumentale.

 

Parmi les réalisations les plus remarquées de Smiljan Radic Clark  figure la structure temporaire conçue pour les pavillons de la Serpentine Gallery, dans les jardins de Kensington, à Londres. L'œuvre, qui a suscité de nombreuses réactions dans la presse internationale, a été conçu comme un hommage aux architectures vernaculaires et aux constructions spontanées – étals de marché, chapiteaux itinérants ou abris rudimentaires – fondées sur les ressources disponibles comme la simplicité des moyens. © Iwan Baan / © Prix Pritzker 

 

Autre projet emblématique de Smiljan Radic Clark, le Teatro Regional del Biobío, situé à Concepción, au Chili, qui illustre une approche plus institutionnelle, avec une enveloppe semi-translucide pensée pour moduler la lumière et optimiser les performances acoustiques dans un dispositif d’une grande sobriété formelle. 

 

Le Teatro Regional del Biobío, à Concepción, au Chili. © Iwan Baan / © Cristobal Palma

 

 

Derrrière le prix, la polémique

Le prix Pritzker, d'un montant de 100 000 dollars, est financé par la famille Pritzker et parrainé par la Fondation Hyatt. La fondation organise généralement une cérémonie de remise des prix au mois de mai dans différents endroits du globe, mais elle n'a pas encore annoncé la date ni le lieu de la cérémonie de cette année 2026.

En effet, Tom Pritzker, le fils de Jay Pritzker, a démissionné le mois dernier de son poste de président exécutif de Hyatt Hotels Corp. après que ses liens avec Jeffrey Epstein, condamné pour délit sexuel, ont été révélés dans les derniers documents publiés par le ministère américain de la Justice. Tom Pritzker a également démissionné de ses fonctions liées au prix Pritzker, selon un porte-parole du prix Pritzker, mais il reste président de la Fondation Hyatt, qui parraine le prix Pritzker, et président-exécutif de la Pritzker Organization, la société d'investissement familiale basée à Chicago.

 



Source : batirama.com / Laure Pophillat / © Smiljan Radic Clarke 

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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