Isolants écologiques : un secteur en cours de professionnalisation

Isolants écologiques : un secteur en cours de professionnalisation

Face à une demande boostée par des particuliers en quête de produits sains, le secteur des isolants écologiques se professionnalise.




 

Les isolants d’origine végétale, animale ou de la filière du ­recyclage séduisent les particuliers pour leur aspect écologique. Ce secteur connaît une croissance à deux chiffres… Pour l’instant, il s’organise et se professionnalise. Pour preuve, les ouates de cellulose bénéficient d’Avis techniques, quand des délivrances sont en cours pour le chanvre, le coton et la laine de mouton. Un isolant en plume de canard devrait faire l’objet d’une certification Acermi, un procédé lin et chanvre d’une certification CSTBat, etc. Bref, plusieurs procédés font l’objet d’évaluations qui laissent présager une percée certaine de ces isolants écologiques.


Principal concurrent : la laine minérale


S’ils affichent une bonne tenue dans le temps ainsi que des performances thermiques et acoustiques, à épaisseur égale, ils ne surpassent pas nécessairement les isolants traditionnels. Pourtant, ils concurrencent les laines minérales. Surtout sur l’aspect sanitaire et environnemental. Ils se positionnent comme plus confortables par l’absence de fi­bres irritantes pour la peau et les voies respiratoires. Et cette catégorie d’isolant écologique fait entrer dans les murs, canard, mouton, chanvre, liège et lin, induisant une vision saine, naturelle et écologique dans l’air du temps.
Stéphanie Lacaze-Haertelmeyer

 

Solution n° 1 : Les isolants d’origine animale

 

isolantsecologiques1.jpgCes isolants jouissent des propriétés des poils de mammifères et du duvet des oiseaux qui leur donnent de bonnes qualités d’isolation et de régulation. À base de plumes de canard, récupérées après abattage et liées thermiquement, cette catégorie d’isolants ­affiche une capacité à emprisonner une grande quantité d’air et à réguler l’humidité.  D’où un bon niveau d’isolation face à des températures extrêmes et une performance éprouvée en milieux sec et humide. La plume de canard, grâce à sa constitution de tubes remplis d’air, présente aussi une bonne performance acoustique. La laine de mouton, pour sa part, peut absorber jusqu’au tiers de son poids en eau et retrouver son gonflant une fois sèche. Dans le cas de charpentes irrégulières, elle peut se compresser.  

   

À  RETENIR

 

Intérêts : léger et facile à poser, hydrophobe, anallergisant.
Limites : hygroscopiques donc dégradent la conductivité et le rayonnement, peuvent dégager une odeur désagréable, impact sur l’analyse du cycle de vie (ACV) car doivent être nettoyés et traités.

 

 

 

Solution n° 2 : Les isolants d’origine végétale

 

isolantsecologiques2.jpgSi le chanvre reste très demandé devant le liège ou les fibres et laines de bois, le lin devrait s’imposer grâce à une bonne conductivité thermique en faibles épaisseurs.
Le chanvre demeure l’isolant écologique le plus populaire mais nécessite tout de même des traitements chimiques. Utilisé en panneaux pour l’isolation des toits, murs et sols, il présente l’avantage d’être constitué de fibres fongicides et antibactériennes. Il présente une bonne capacité à réguler l’air sans déperdition de chaleur. De son côté, le liège, bon isolant car composé d’air à 90 %, est exempt d’ajout de colle puisqu’il s’agglomère avec sa propre résine, la subérine. Il présente une bonne longévité, et une bonne résistance à la compression et la flexion. Bon isolant phonique, il peut s’employer en sol ou en sous plancher sous forme de panneaux. Pour sa part, le lin polyvalent  –?en rouleaux, en sous toiture, entre tasseaux, en mural ou à poser entre les solives sur un plancher ;  en plaques semi-rigides, pour le doublage des murs, à agrafer sur une structure bois ou sous toiture, ou en sous plancher?;  en feutre, sous les parquets flottants ou en thibaude sous les moquettes, etc.?– est économique et durable. Facile à poser, il présente de bonnes propriétés d’insonorisation. Et son empreinte carbone est réduite grâce à une consommation d’énergie minimale à la production et à la destruction.

 

À RETENIR 

 

Intérêts : offre la plus fournie sur le marché français, léger, facile à poser.
Limites : nécessite de l’épaisseur pour de bonnes performances, attention aux remontées d’humidité et, de manière générale, les fibres végétales ne sont pas imputrescibles.


Solution n° 3 : Les recyclés

 

isolantsecologiques.jpgOutre, des performances thermiques et acoustiques, ces isolants écologiques présentent l’intérêt de valoriser la filière du recyclage.
Principal avantage des isolants issus de la filière du recyclage de vêtements, donc de textiles effilochés : l’excellent comportement à l’humidité du coton réputé pour sa capacité de régulation hygrométrique. Il absorbe la vapeur d’eau en évitant la constitution d’un point de rosée et retrouve ensuite sa capacité thermique. Son autre particularité : il se coupe facilement avec un couteau style couteau à pain ou couteau à laine de verre. Pour leur part, les matériaux isolants à base de cellulose sont généralement fabriqués à partir de journaux recyclés. Le papier est trié et broyé puis mélangé à du sel de bore.

Le traitement qu’il reçoit permet de le rendre résistant au feu, à la corrosion, à la vermine, aux rongeurs et aux moisissures. La ouate de cellulose peut se présenter sous deux formes. D’une part, en flocons en vrac, elle se pose par soufflage, pour un remplissage intégral et homogène de la surface excluant tout pont thermique, par insufflation pour le remplissage intégral des cavités fermées telles que les vides de toitures en pente, les cloisons et contre-cloisons. Mais aussi en projection humide ce qui lui confère d’excellentes qualités acoustiques, pas de tassement vertical et un classement au feu. D’autre part, elle peut être sous forme de panneaux semi-rigides avec les mêmes caractéristiques. 

 

À RETENIR 

 

Intérêts : bonnes performances thermique et acoustique ; hormis sous forme de panneaux la ouate de cellulose ne nécessite pas de découpe pour supprimer les ponts thermiques et acoustiques et est adaptée pour isoler
des endroits difficiles d’accès ou des formes complexes ; déphasage d’environ 11?h alors qu’il est de sept heures pour une fibre minérale et de trois heures pour une laine minérale. Les fibres textiles effilochées présentent une bonne empreinte écologique ; en densités importantes (50 et 75 kg/m3), elles offrent un très bon confort d’été et une bonne isolation acoustique des cloisons intérieures.
Limites : pour la ouate de cellulose l’encre et le sel de bore peuvent rendre le recyclage difficile ; nécessite des protections adaptées lors de projections en vrac ; peut être sujette au tassement.

 
 

isolantsecologiquestableau.jpg

 

 

  

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