L’Access Label : le nouveau gage de qualité des élévatoristes

Ascensoriste en plein travail

La Fédération des Ascenseurs a lancé un nouveau label pour les professionnels, afin de donner plus de confiance aux utilisateurs et les aider dans leurs choix. Alain Meslier, délégué général, a répondu à nos questions.




Photo © Cécile Cayon

 

Dans un contexte conjoncturel complexe avec l’effondrement du marché de l’immobilier neuf, comment se portent les ascensoristes ? Nous avons interrogé Alain Meslier, délégué général de la Fédération des Ascenseurs

 

Alain Meslier

Alain Meslier © Fédération des Ascenseurs

 

Batirama : Quel est le bilan 2023 dans le secteur des ascenseurs ? 

 

Alain Meslier :  Les chiffres 2023 ne sont pas encore disponibles, mais on connaît déjà la tendance, en tout cas pour les appareils neufs. La moyenne était autour de 12.000 appareils par an ces 8-10 dernières années. Mais cette année on va passer largement sous la barre des 10.000. On sera plutôt autour des 9.000, donc on va faire un quart d’installations en moins. 2023 n’a pas été une année florissante. 

 

Ce qui est plus difficile à estimer, c’est la tendance des appareils neufs dans les bâtiments anciens. Cette activité-là avait tendance à croître, avec plus ou moins de constance… mais je ne pense pas qu’elle puisse compenser le recul qu’il y a dans le neuf.

 

Batirama : Et en rénovation ? 

 

Alain Meslier :  Ce qu’on appelle la rénovation, c’est le travail sur des appareils qui ont 25, 30, 40 ans… jusqu’à 60 ans pour certains. En France, le nombre d’ascenseurs est estimé à 637.000, dont 50% ont plus de 25 ans et 25% ont plus de 40 ans. Tant mieux si on les rénove, mais il faut comprendre que plus l’appareil est vieux, plus le remplacement s’impose. Le remplacement complet parfois donne de vrais gains en termes d’optimisation d’usage, d’économie d’énergie, d’accessibilité…. 

 

En moyenne, on ne modernise qu’1 à 2 % des ascenseurs existants. Ce qui signifie que le parc vieillit. 

 

Si on veut un usage normal, si on veut faciliter la vie dans la cité et son accès, surtout dans des immeubles avec une certaine densité de trafic…  Il faut remettre les appareils au gout du jour. 

 

Batirama : Est-ce que l’arrivée de MaPrimeAdapt’ est une chance pour les ascensoristes ? 

 

Alain Meslier :  Aujourd’hui MaPrimeAdapt’ concerne la maison individuelle, pas le collectif. Effectivement les ascenseurs, les plateformes et élévateurs, les sièges monte-escaliers sont pris en compte dans dispositif… Partout où il y aura possibilité d’installer un siège monte escalier, il faudra en profiter pour le faire. Mais une plateforme, un élévateur, un ascenseur, c’est malgré tout plus confortable. Aujourd’hui pour monter sur un siège ça demande quand même une certaine mobilité. Avec certaines pathologies, ou un déambulateur ce n’est plus possible. Mais MaPrimeAdapt’ ne va pas pouvoir couvrir ce type de budget. Le reste à charge serait trop lourd pour les ménages. Donc on reste plutôt vigilants et sceptiques pour la mise en place de ce dispositif, en tout cas pour l’année 1. 

 

Nous aimerions que MaPrimeAdapt’ prenne en compte la rénovation des ascenseurs pour les Français qui vivent en bâtiments collectifs.  Sans compter qu’environ la moitié des bâtiments collectifs n’est pas équipée d’un ascenseur. 

 

Batirama : quelles sont les perspectives pour 2024 ? 

 

Alain Meslier :  Les perspectives sont plutôt mitigées : le neuf représente 20% de notre activité, c’est une partie qui va souffrir. La rénovation en représente 15%... On peut espérer que le nombre de rénovations augmente pour compenser une partie de la perte en neuf, mais rien n’est sûr. Je ne pense pas que MaPrimeAdapt’ apporte grand-chose en termes de massification des travaux.   

 

Le reste de notre activité, ce sont les contrats de maintenance qui permettent à la profession de garder une certaine stabilité. Mais les exigences sont de plus en plus fortes, le patrimoine vieillit et les conditions d’intervention deviennent de plus en plus difficiles. 

 

Nous aimerions que MaPrimeRénov’ embarque l’ascenseur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Alors certes, un ascenseur ne représente que 3 à 5% de la consommation énergétique du bâtiment, ça ne semble pas beaucoup mais un ascenseur moderne qui réduit la facturation des 2/3 permet malgré tout une belle économie. 

 

De plus, l’ascenseur est avant tout un lien essentiel entre le logement et la cité.

 

Batirama : Parlez-nous du nouvel Access Label...

 

Alain Meslier :  L’objectif de L’Access Label est de permettre aux personnes qui investissent dans ce type d’équipement de le faire en confiance. Qu’ils puissent avoir des professionnels en face d’eux qui leur garantissent un sérieux et une dimension d’accompagnement sur le projet, sur le service après-vente, sur l’installation, et sur de nombreux autres critères (chantier, RSE…). 

 

On vient de le lancer, en janvier, de manière à accompagner les professionnels et les clients utilisateurs dans leurs choix pour avoir un équipement disponible et conforme. 

 

Nous avons lancé un appel à la candidature pour les entreprises qui souhaitent obtenir le label. Notre comité de labélisation regardera tous les dossiers. Il suffit aux entreprises de répondre à une série de questions sur trois familles de critères : Par exemple : Est-ce que j’ai un service 24h/24 7j/7 ? Est-ce que je peux fournir des pièces détachées sur tout le territoire que je couvre ? Est-ce que j’ai des références chantier ? Ce type de critères donne des pistes pour obtenir un accès au label. Une fois obtenu l’entreprise peut le mettre en avant. 

 

Le label est accordé pour une période de trois ans. Il est possible de candidater en ligne

 

Nous avons commencé à lancer une campagne d’information afin de sensibiliser notre réseau mais aussi le grand public. Nous aimerions que ce label puisse contribuer à aider les ascensoristes dans le contexte économique actuel

 

 



Source : batirama.com/ Propos recueillis par Emilie Wood

L'auteur de cet article

photo auteur Emilie Wood
Journaliste, photographe, vidéaste, Emilie Wood travaille depuis 2010 pour la presse, qu’elle soit professionnelle dans les domaines du BTP et de l’agriculture, ou généraliste. Pour Batirama, elle écrit sur des sujets aussi variés que la conjoncture BTP, l’évolution de la réglementation, la rénovation énergétique, les réformes, les innovations, ou encore l’actualité de l’immobilier. Elle apprécie particulièrement réaliser des portraits d’entreprises et révéler les femmes et les hommes qui, chacun à leur manière, font une différence, qu’ils soient entrepreneurs ou collaborateurs d’entreprise.
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