Tour Triangle à Paris, les investigations confiées à un juge d'instruction

Tour Triangle à Paris, les investigations confiées à un juge d'instruction

Les investigations sur des soupçons de favoritisme dans le contrat d'exploitation du Parc des expositions à Paris, où la Tour Triangle est en cours de construction, ont été confiées à un juge d'instruction en mars.




Les soupçons portent sur le contrat d'exploitation du Parc des expositions de la Porte de Versailles, dans le sud de la capitale.

 

La Ville de Paris avait résilié le contrat de concession attribué à la société Viparis, puis lui avait à nouveau confié l'exploitation du complexe événementiel via un bail emphytéotique à l'issue d'un appel d'offres jugé contestable. Les délais de dépôt d'offres ont été notamment considérés comme trop courts, compte tenu de la complexité du projet. De plus, la Ville avait accepté que Viparis ne s'acquitte pas du droit d'entrée de 263 millions d'euros demandé aux candidats.

 

En échange, cette filiale d'Unibail-Rodamco-Westfield devait renoncer à l'indemnité de résiliation anticipée du contrat initial. La maire LR du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, avait fait en juillet 2020 un signalement à la justice sur le projet de construction de la tour, qui doit s'étirer sur 42 étages et 180 m de haut, dans le périmètre du Parc des expositions. Puis l'association Anticor avait déposé une plainte avec constitution de partie civile en février 2021.

 

Mme Dati et Anticor s'appuyaient sur un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France de juillet 2020, qui estimait que le projet de la Tour Triangle avait été "inséré de façon critiquable dans l'enceinte du Parc des expositions". En outre, le rapport considérait que le concessionnaire avait été dispensé de payer les 263 millions d'euros du droit d'entrée alors que le préjudice lié à la résiliation restait "non démontré".

 

Le parquet national financier (PNF) avait ouvert une enquête préliminaire pour "favoritisme" et "recel de favoritisme" en juin 2021, puis une information judiciaire en mars, a-t-il précisé, confirmant une information du Parisien.

 

La Ville de Paris, comme Unibail-Rodamco Westfield et sa filiale Viparis, rejette les accusations et assure avoir respecté les règles de l'appel d'offres.

 

Pour le collectif d'associations, dont France Nature Environnement et SOS Paris, opposé à l'édification de la tour, "il y a eu violation directe du droit des marchés" et la Première ministre Elisabeth Borne, directrice de l'urbanisme à la mairie de Paris lors du second mandat du maire PS Bertrand Delanoë, "doit se saisir du dossier".

 

Sur la construction en elle-même de la Tour Triangle, confiée elle aussi à Unibail, ce même collectif a déposé une plainte le 13 décembre 2021 auprès du PNF. Cette plainte est toujours à l'analyse, a précisé vendredi le parquet financier. Cette tour, dont la construction a débuté en février, ne sortira de terre qu'à l'été 2023 pour être livrée en 2026, selon le promoteur.

 

Alliés de la maire PS Anne Hidalgo, qui soutient le projet voté en 2015, mais opposés à cette édification, les élus écologistes parisiens demandent "la suspension des travaux de la Tour Triangle dans l'attente des conclusions de l'information judiciaire".




Source : batirama.com & AFP / Photo Porte de Versailles, Paris © Emilie Wood

Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Articles qui devraient vous intéresser

Pour aller plus loin ...

Newsletter

Retrouvez toute l'actualité du bâtiment.
 
ZOOMBAT Autopub
Produits


Predal-Seacoustic
Votre avis compte
Êtes-vous favorable à la mise en place d'un certificat de conformité de performance énergétique pour les artisans non-certifiés RGE ? (191 votants)
 
Articles
Nouveautés Produits