Une mise en scène des logiciels d'organisation du travail collaboratif à BIM World 2022

Une mise en scène des logiciels d'organisation du travail collaboratif à BIM World 2022

Le salon BIM World 2022 a montré l’étendue des services collaboratifs que l’on peut construire autour des échanges BIM entre les softs de conception et les logiciels métiers plus spécialisés.




Le BIM ou Building Information Modeling est porteur d’une formidable promesse en termes de gains de productivité et de fiabilité. Mais, malgré tous les discours, le BIM demeure largement inaccessible pour les artisans et les petites entreprises. Commençons par un court historique, pour dissiper l’esbrouffe, en quelque sorte.

 

Les premiers softs de conception architecturale dessinaient des traits et des courbes. Regardant un plan, l’œil humain de l’architecte interprétait 4 traits et reconnaissait une porte, une fenêtre ou un mur. Pour les logiciels de conception comme Autocad, cependant, 4 traits restaient 4 traits.

 

 

Les logiciels de conception BIM

 

 

Il y a 30 ans, au début des années 90, ArchiCAD a été le premier soft à évoluer vers une structure objet au sens informatique du terme. Un objet Archicad possédait des propriétés qu’il pouvait transmettre aux objets qu’il contient et il pouvait hériter propriété des objets qui le contenaient.

 

Du coup, les quatre traits deviennent un objet porte qui possède des propriétés connues et utilisables. C’étaient les lointains prémices du BIM. Graphisoft, l’éditeur d’Archicad avait même développé un langage – le GDL pour Geometric Description Langage – permettant de créer des objets pour ArchiCAD.

 

Bien avant la généralisation des objets BIM, il existait déjà dans les années 90, toute une profession de créateurs d’objets ArchiCAD.

 

En 1997, dans le Massachusetts, deux développeurs créent Revit, un logiciel de conception tout neuf qui, dès le début, permettait de créer des modèles 3D paramétriques, associant diverses informations techniques aux objets dessinés.

 

En 2002, Autodesk, qui en était resté aux traits d’AutoCAD, rachète Revit et pénètre de plain-pied dans le monde de la conception objet. Depuis, plusieurs autres grands éditeurs de logiciels de conception architecturale se sont mis aux objets informatiques et au BIM, dont l’américain Bentley Systems avec son logiciel Microstation.

 

En Europe, l’allemand Nemetscheck a développé Allplan et a racheté Graphisoft et son logiciel Archicad. Sur le marché européen, au moins trois pôles BIM sont accessibles : ArchiCAD et ses applicatifs, qui maintiennent encore une certaine indépendance par rapport à AllPlan ; Allplan et son univers ; Revit et les très nombreux softs compatibles.

 

Sur le marché français, Revit d’Autodesk domine très nettement avec certainement plus de 70% de part de marché chez les architectes, les BE divers et les entreprises générales. ArchiCAD suit, notamment grâce à un groupe d’utilisateurs convaincus, un peu comme ceux qui préféraient les McIntosh d’Apple face aux anonymes PC Ms-Dos, il y a 30 ans.

 

 

Allplan, quant à lui, demeure un distant challenger. ©Nemetscheck

 

 

Les autres, pratiquement, ne comptent pas sur le marché français. Même si Dassault Systems tente d’intéresser le monde de la construction à la déclinaison bâtiment et TP de son logiciel phare CATIA et continue le développement du modeleur 3D SolidWorks. CATIA et la couche additionnelle DIGITAL Project conçue par Gehry Technologies, ont notamment été utilisés pour la conception du bâtiment de la fondation Louis Vuitton dans le bois de Boulogne à Paris. ©PP

 

 

 

 

BuildingSmart International et les IFC

 

 

En pratique, tous les logiciels BIM sont capables – plus ou moins bien malgré tout – d’échanger leurs données grâce au format IFC (Industry Foundation Classes). Le développement mondial de ce format est géré par l’association BuildingSmart, dont BuildingSmart France - MediaConstruct est le correspondant français.

 

BuildingSmart France était présent à BIM World 2022. L’association avait organisé un stand immédiatement à l’entrée du salon, sur lequel elle accueillait une série de partenaires, éditeurs de logiciels spécialisés exploitant le BIM et le format IFC ou offreurs de services autour du BIM : 360°SmartConnect, Adatt, Atlas, Alyos Ingenierie, Beam cube, bY ZeTouch, cobuilder France, db Lab, Enjoy, GR BIM, GS1 France, Next BIM, Polytechnique Clermont-Ferrand, Railenium, Rhinoforyou,SBS Technologies, Tipee etTriDyme.

 

BuildingSmart France avait également organisé une série de 12 conférences « BIM en pratiques vu de l’OpenBIM » au salon BIM Word 2022. Elles ont attiré 1650 participants. Certaines seront accessibles en ligne sur le site de l’association.

 

Le format IFC, librement utilisable, en est à la génération IFC4.3 RC2. Bien que le format IFC progresse régulièrement, il n’est pas encore parfait. C’est pourquoi de nombreux éditeurs de logiciels spécialisés en thermique, structure, électricité, etc. font le choix de permettre des échanges en IFC, mais aussi de fonctionner directement comme plugin ou add-in des principaux logiciels de conception.

 

De cette manière, l’utilisateur ne quitte pas l’univers, voire même l’interface, de son outil favori – Revit, Archicad ou AllPlan –, tout en accédant à des analyses thermiques, structurelles, feu, … du bâtiment qu’il est en train de concevoir.

 

 

Analyses thermiques

 

 

Juste en face du stand de BuildingSmart France à BIM World 2022, se trouvait celui de BBS Slama et de NumFem. BBS-Slama propose deux approches différentes pour tirer parti de l’univers Revit. Premièrement, son logiciel phare ClimaWin d’analyse et de calcul thermiques, énergétiques et environnementaux réalise toutes les études RE2020, RT2012, RTx, audits énergétiques, DPE 2021, … à partir d’une maquette IFC.

 

 

Grâce au module BIM2BEM, ClimaWin génère une maquette thermique du bâtiment à partir de la maquette IFC et l’analyse spécifiquement du point de vue de la thermique du bâtiment : espaces consolidés, détermination des adjacences de parois, détection des ponts thermiques par typologie, ... Avec le modèle de données ClimaWin ainsi généré, l’utilisateur peut interagir grâce à la visualisation 3D du modèle thermique de la maquette IFC. ©BBS-Slama

 

 

Seconde approche, ClimaWin est maintenant disponible comme plugin de Revit, sous le nom de climaBIM. Ce qui permet de mener une étude thermique ClimaWin, directement dans la maquette Revit, sans import ni export de données, tout en récupérant les données nécessaires à l’analyse énergétique du bâtiment : géolocalisation, métrés, caractéristiques thermiques des composants, surfaces, … ©BBS-Slama

 

 

Tout au long de la conception du projet, l’utilisateur récupère les différents résultats de calcul : apports de chaleur, déperditions, Bbio, simulation thermique dynamique et tous les calculs réglementaires, …

 

 

Simulation et outil de conception

 

 

De son côté, NumFem réalise des calculs thermiques par éléments finis directement dans la maquette Revit ou à partir de l’importation d’une maquette IFC, grâce à son logiciel NumFem Therm. Ce n’est pas un logiciel de calcul réglementaire, mais un outil de physique du bâtiment qui fournit une thermographie virtuelle du bâtiment.

 

 

Ce qui permet au concepteur de visualiser d’un seul coup d’œil les optimisations thermiques à réaliser. Il peut aussi utiliser NumFem Therm comme outil d’aide à la décision pour le concepteur. Les architectes utilisent également NumFem Therm comme outils pédagogique vis-à-vis de leurs donneurs d’ordre. ©NumFem

 

 

Avec NumFem, un architecte montre au maître d’ouvrage les diverses options qu’il a sélectionné et peut visuellement démontrer leur efficacité thermique. NumFem Therm est accessible en échange d’une souscription annuelle de 590 €. C’est un outil utilisé, par exemple, par Laurence Bonnevie, architecte et présidente de l’association « La Maison Passive France ».

 

Dans un prochain article, nous reviendrons sur les écosystèmes Archicad et Revit.



Source : batirama.com / Pascal Poggi

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
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