Tracer Urban Nature pare l’Hôtel Belleville d’une façade végétale

Tracer Urban Nature pare l’Hôtel Belleville d’une façade végétale

Localisée à Longvic (21) la société Tracer Urban Nature a réalisé la façade végétalisée de l’Hôtel Belleville à Paris. Le gérant de l’entreprise, François-Xavier Jacquinet, dévoile les dessous de ce chantier.



François-Xavier Jacquinet, comment avez-vous participé à ce projet ?

 

Nous avons été retenus par l’agence MAC Architects, responsable du projet pour le compte de son client, la SAS hôtelière Belleville qui est le maître d’ouvrage. Il s’agissait de végétaliser les façades de l’hôtel qui donnent sur les rues du Léman et de Belleville, un projet de 280 m2. Plusieurs critères ont joué en notre faveur : nous avions déjà un Avis Technique qui permettait de rassurer le maître d’ouvrage sur la qualité du produit. Nous disposions de PV pour rasséréner le bureau de contrôle sur la tenue à l’incendie du bâtiment. Et nous étions dans la fourchette de prix estimée.

 

De plus, les commanditaires ne voulaient travailler ni avec un artisan, ni avec une multinationale : nous sommes une PME régionale qui a fait du mur végétal le cœur de son activité. Nous avons commencé à réaliser des murs végétalisés en 2010 et nous en avons déjà posé plus de 44 000 m2, à travers la France et l’Europe, à la faveur de 300 projets.

 

 

Le gérant de l’entreprise, François-Xavier Jacquinet

 

Quels étaient les attendus sur ce programme ?

 

L’objectif de l’hôtelier est d’avoir un mur vert, aussi bien en hiver qu’en été : nous avons donc répondu sur la palette végétale. Notre expérience nous permet de proposer un mur toujours vert, même l’hiver. Nous travaillons avec deux types de végétaux : les vivaces à feuilles persistantes et les arbustes à feuilles persistantes.

Parmi les arbustes, nous avons recouru aux Loniceras et aux Cotoneasters Rampants. En vivaces, nous travaillons avec des Géraniums Magrirosum, des Campanules Muralis, des Heucheres, des Euphorbes, des graminées comme des Carex. Le mur comporte aussi d’autres végétaux : Nepeta, Erigeron, Bergenia, Euphorbe, Tiarella…

 

Comment assurez-vous l’entretien des espèces végétales que vous avez choisies ?

 

Dès le départ, nous échangeons avec le client pour savoir quel budget il souhaite consacrer à l’entretien car cela joue à la fois sur les essences et les techniques de plantation. Plus vous optez pour des essences qui fleurissent, plus il faudra venir entretenir et tailler. Et si vous faites des formes (un dessin) sur le mur végétal, cela demande davantage d’entretien pour discipliner les plantes car seule la taille peut les contenir.

 

Pour faciliter l’entretien, nous créons une trame de fond avec des plantes récurrentes que nous encadrons avec d’autres, différentes. De la sorte, le fond est homogène et des touches de couleurs apparaissent. Nous avons procédé ainsi à l’Hôtel Belleville ce qui permet de n’avoir que deux passages annuels à mener sur le mur. La plupart du temps, nous opérons avec une nacelle et les tailles, effectuées par deux personnes, durent entre deux et trois jours. S’y ajoutent quatre passages de contrôles. Et nous recourons à la télégestion pour le suivi de l’arrosage. Tracer Urban Nature assure toutes les phases d’entretien.

 

 

"En fait, notre métier repose sur le bardage, l’arrosage, l’électricité et la plomberie : la plante n’est que la cerise sur le gâteau" souligne le gérant de l'entreprise.

 

Comment procédez-vous pour que l’arrosage ne vienne pas abîmer la façade et vous assurer qu’il n’y aura pas d’humidité à l’intérieur du bâtiment ?

 

Tout dépend à quelle famille de murs végétalisés vous avez affaire : avec l’hydroponie (comme c’est le cas Quai Branly), vous êtes obligés d’avoir quasiment un fil d’eau en continu car vous n’avez aucune capacité de rétention d’eau.

 

Avec les substrats, les quantités d’arrosage sont nettement inférieures. Dans le cas du mur de l’Hôtel Belleville, où tout a été réglé avant la mise en œuvre des plantes, nous arrosons environ 6 minutes, en plein été et par jour. En zone intermédiaire, durant l’automne et le printemps, nous arrosons trois fois par semaine. Et puis, à partir de début décembre, nous n’arroserons plus qu’une seule fois par semaine. Donc, les quantités d’eau ingurgitées par le mur végétal sont très faibles : il consomme moins qu’un gazon.

 

 

Chantiers en cours : le budget est de 200 000 € HT pour l’ensemble du projet.

 

Que sous-entendez-vous lorsque vous dites que tout a été réglé avant la mise en œuvre des plantes ?

 

En fait, les plantes sont bien visibles et l’on ne voit qu’elles. Mais elles ne constituent que 10 % de notre travail. Tout le reste touche à la mise en œuvre de la structure. En travaillant avec les mêmes échafaudages que ceux mis à la disposition de tous les corps d’état lors des travaux de l’Hôtel Belleville, nous avons piqueté des lices d’accueil tous les 40 cm et sur toute la hauteur du mur.

 

Ensuite, nous avons mis en place le réseau primaire d’arrosage, en PE, de manière à ce que l’on ne le voit pas en face avant. Les tuyaux goutteurs sont accrochés à l’axe des panières. Ils doivent bénéficier d’une pression de 1 bar à 1,2 bar pour débiter normalement. Enfin, sur les lices, nous avons appliqué nos panières vertiflores qui constituent le bardage du mur. Ce n’est qu’ensuite que nous avons disposé les 6 000 plants végétaux.

 

En fait, notre métier repose sur le bardage, l’arrosage, l’électricité et la plomberie : la plante n’est que la cerise sur le gâteau. Sur le projet de l’Hôtel Belleville, nous avons soigné l’habillage autour de chaque fenêtre. Toutes sont surmontées par le mur végétal et il importe de bien canaliser l’eau afin que les ouvertures ne soient ni polluées, ni salies. C’est primordial. Nous avons passé plus de temps à réaliser la structure porteuse - que personne ne voit - qu’à planter. Notre ennemi premier, c’est l’eau. Il nous faut la contrôler dans le mur végétal. C’est beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine.

 

 

Hôtel Belleville et parement rouge

 

Tenez-vous compte des besoins d’arrosage de chaque plante ?

 

Nous en tenons peu compte. Nous pourrions le faire et nous savons le faire mais cela entraînerait un coût exorbitant et nous ne l’avons encore jamais fait. Nous réalisons plutôt un plan d’arrosage général : notre système arrose davantage les parties supérieures que les parties inférieures du mur. L’Hôtel de Belleville compte six étages et on ne peut pas arroser avec la même quantité d’eau le sixième étage et le rez-de-chaussée.

 

Par gravité, l’eau tombe ce qui fait que les parties basses récupèrent un peu des sur-arrosages que nous menons en partie haute. Et c’est aussi en partie haute que l’on a toujours plus de pertes de végétaux : l’ensoleillement y est plus prononcé et provoque un dessèchement plus important. Pour toutes ces raisons, plus on descend, moins on a besoin d’arrosage.

 

Les clients ont-ils des difficultés à anticiper le résultat final ?

 

L’inconvénient des murs végétalisés est que les donneurs d’ordres espèrent un résultat immédiat. Ils ne veulent pas voir la structure porteuse pendant plusieurs années. Alors nous raisonnons nos clients en leur montrant des images et en leur disant : « Voilà ce que nous allons faire. Voilà comment nous allons livrer votre mur et voilà ce qu’il va devenir ».

 

Il faut savoir qu’au sol, on met entre cinq à six végétaux au mètre carré. Sur le mur végétal, le ratio est de 20 à 25 végétaux au mètre carré. Mais, en trois mois, tout est couvert. Il vaut même mieux raisonner à un an qu’à trois mois : le mur tel qu’il apparaît à trois mois, on ne le voit plus jamais ensuite, sauf si le couvert végétal est raté. Mais cela ne nous est jamais arrivé.

 

Pour coller aux attentes du client, nous faisons régulièrement des rétro planning en disant : « Quand avez-vous programmé votre inauguration ? ». Dans le cas de l’Hôtel Belleville, elle se déroulera en janvier 2022. Donc, pour que le mur soit beau pour l’inauguration, il nous fallait le planter au plus tard en juin 2021. C’est ce que nous avons fait. Pour le client, un mur végétal est toujours exceptionnel car, le plus souvent, c’est son premier.

 

Combien de temps ce mur végétal va-t-il durer ?

 

À partir du moment où Tracer à la gestion du mur, il pourra durer toute la vie du bâtiment en étant vert toute l’année.

 


Source : batirama.com/ Jacques Le Corre

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