RE2020 : premières simulations et nouveaux enseignements selon NRGYS

RE2020 : premières simulations et nouveaux enseignements selon NRGYS

Depuis une semaine, le Bureau d'études NRGYS teste la RE2020 avec les logiciels Perrenoud U21Win et U22Win. Il en a tiré de nouveaux enseignements sur l’application de la RE2020 à des cas réels.





NRGYS, un BET de 74 personnes au total, réalise à la fois des études de performances énergétiques (17 thermiciens s’y consacrent) et assure la conception et la Maîtrise d’œuvre Fluides (8 ingénieurs).

 

Jeudi 9 septembre 2021, NRGYS a organisé un webinaire pour expliquer les premiers enseignements tirés d’études RE2020, réalisées avec de vrais logiciels RE2020.

 

U21WIN V6 et U22WIN V6 sont prêts pour la RE2020

 

Comme l’indiquait Perrenoud le 17 juillet dernier, « Depuis le 9 juillet nous avons finalisé les autotests pour les logiciels U21Win Et U22Win en version RE2020. Les autotests pour la partie analyse de cycle de vie vont être envoyés à la DHUP. Comme annoncé, à l’occasion de ce changement règlementaire, nous avons complétement redéveloppé ces 2 modules pour vous proposer U21Win V6 et U22Win V6 pour la RE2020.

 

Ces nouveaux logiciels regroupent les calculs énergétiques (U21 et U22) et l’analyse de cycle de vie (ThermaCV) en mode dynamique, pour proposer un logiciel unique permettant de répondre à l’ensemble des calculs nécessaires à la RE2020.

 

Ces nouveaux logiciels auront à terme, la possibilité d’être complétés par les calculs des déperditions, apports, STD, FAE, constituant ainsi un ensemble complet répondant à l’ensemble des calculs nécessaires pour un projet de bâtiment neuf.

 

Rappel administratif pour les maisons individuelles

 

Equipé de ces nouveaux outils, NRGYS a réalisé les premiers calculs. Mais, comme le BET est très ancré dans l’attitude pragmatiques de ses clients CMIstes et Promoteurs, il a commencé son webinaire en rappelant les nouvelles démarches administratives et pratiques, propres à la RE2020.

 

Premièrement, souligne NRGYS, « La RE 2020 sera donc applicable pour toutes les demandes de permis de construire effectuées après le 1er janvier 2022, sauf si le Contrat de Construction de Maison individuelle (CCMI) ou le contrat de louage d’ouvrage (contrat de maitrise d’œuvre) a été signé avant le 1er octobre 2021 ». Si c’est le cas, la RT 2012 continue de s’appliquer.

 

En gros, le Décret n°2021-1004 du 29 juillet 2021, publié au JO du 31 juillet, distingue trois cas :

 

  • si le contrat de CCMI ou de Maîtrise d’œuvre – la date portée sur le contrat faisant foi – est signé au plus tard le 30 septembre 2021, même si la date de dépôt du permis de construire est postérieure au 1er janvier 2022, la RT2012 s’applique.

 

  • si le contrat de de CCMI ou de Maîtrise d’œuvre est signé entre le 1er octobre et le 31 décembre 2021, et si le permis de construire est déposé après le 1er janvier 2022, la RE2020 s’applique.

 

  • si le contrat de de CCMI ou de Maîtrise d’œuvre est signé entre le 1er octobre et le 31 décembre 2021, et si le permis de construire est déposé au plus tard le 31 décembre 2021, la RT2012 s’applique.

 

Attester de la conformité à la RE2020

 

Pour attester de la conformité à la RE2020, en phase de dépôt de permis de construire, il faudra produire le calcul du Bbio et du DH. Le Bbiomax_moyen est fixé à 63 pour les maisons individuelles et à 65 pour les logements collectifs.

 

 

Voici les valeurs de Bbiomax, seulement modulées en fonction des zones climatiques, pour les maisons individuelles au dessus, pour les logements collectifs en dessous. ©NRGYS

 

 

Même s’il n’est pas encore parfaitement clair que ce soit vraiment nécessaire, NRGYS a fait le choix de calculer aussi, au moment du dépôt de permis de construire, le Cep (Cep_maxmoyen de 75 kWhep/(m².an) en maison individuelle et de 85 en logement collectifs) et le Cep,nr (Cep,nr_maxmoyen de 55 kWhep/(m².an) en maison individuelle et de 70 en logements collectifs) pour attester du respect des exigences thermiques, ainsi que les indicateurs Icénergie et Icconstruction pour attester du respect des objectifs environnementaux.

 

 

Voici les valeurs Bbiomax par zones climatiques, ventilés en besoin de chauffage, de refroidissement et d'éclairage. ©NRGYS

 

 

Au moment du dépôt de Permis de construire, le Maître d’ouvrage devra aussi proposer un descriptif complet du bâti, des matériaux (sols, murs et plafonds), ainsi que des différents matériels inclus dans l’enveloppe du bâtiment (menuiserie, volets, traversées de murs extérieurs).

 

Il devra également préciser quels sont les solutions retenues pour le chauffage (générateurs et émetteurs), pour la production d’ECS et pour la ventilation. Malheureusement, selon NRGYS, ses premières simulations avec les logiciels Perrenoud ne montrent aucun bénéfice particulier apporté par une solution de ventilation double flux.

 

Enfin, il faudra, comme c’est le cas aujourd’hui, produire les plans masse avec orientation, les plans intérieurs avec cotations, les plans de façades et les coupes.

 

Respecter les objectifs de moyens

 

Ensuite, durant la phase après dépôt de permis de construire, NRGYS aura besoin du quantitatif détaillé et réel du projet pour mettre à jour les indicateurs Icénergie et Icconstruction et produire une étude RE2020 finalisée.

 

 

 

Il devient plus difficile, sinon impossible de changer un composant ou un équipement en cours de chantier, sans devoir refaire entièrement l’étude environnementale du bâtiment. ©PP

 

Nous savons que la méthode de calcul fait appel aux FDES et aux PEP de la base INIES – et seulement à eux – pour établir le bilan environnemental du projet. Si, en cours de chantier, l’entreprise ou le Maître d’Ouvrage décide de remplacer la laine de roche X par de la laine de verre Y, - même pour de très bonnes raisons - il faudra recalculer l’indicateur Icconstruction. Ne serait-ce que pour vérifier que le nouveau produit ne pousse la construction au-dessus des valeurs Icconstruction-max à ne pas dépasser.

 

En fin de chantier, le Maître d’Ouvrage devra montrer qu’il a respecté les obligations de moyen figurant dans la RE2020 :

 

  • établir le DPE,

 

  • le test de perméabilité à l’air du bâtiment,

 

  • le rapport sur l’étanchéité des réseaux de VMC. La méthode pour y parvenir devrait être publiée en novembre.

 

  • le contrôle des matériaux,

 

  • mesure ou estimation des consommations par logement, obligatoirement délivrées dans le volume habitable dans le cas des maisons individuelles,

 

  • respect des garde-fous sur les ratios de ponts thermiques : Psi moyen linéique de 0,33W/m².K (0,28 dans la RT2012, mais la valeur de 0,33 dans la RE2020 est calculée un peu différemment et revient au même), Psi moyen plancher intermédiaire de 0,6 W/ml.K, comme dans la RT2012.

 

La prise en compte des Energies renouvelables

 

©PP

 

NRGYS a clarifié la prise en compte des ENR dans la RE2020. Les ENR produites sur site et autoconsommées – essentiellement le solaire thermique et le solaire photovoltaïque, voire l’électricité issu d’une micro éolienne sur le toit de la maison – sont déduites du Cep.

 

En revanche, les ENR achetées sont le bois, les calories d’un réseau de chaleur et les frigories d’un réseau de froid urbain. Si le bâtiment ne consomme pas l’une de ces trois énergies renouvelables – le gaz vert ou l’électricité vert avec certificats d’origine ne comptent pas -, Cep et Cep,nr sont égaux.

 

Optimiser les bâtiments et réduire les besoins

 

Pour optimiser les bâtiments sous l’angle thermique, NRGYS préconise de commencer par réduire les besoins. La première mesure est la compacité, suivie de près par l’orientation. La RT2012 était souvent à l’optimum avec des surfaces vitrées de 10% au Nord, 15% à l’Ouest, 15% à l’Est et 60% au Sud. Pour la RE2020, ce sera plutôt 10% Nord, 15% Ouest, 25% Est et 50% Sud.

 

La réduction de la perméabilité à l’air vient en troisième position, suivie en quatrième place par l’optimisation de la configuration des pièces intérieures. En effet, la RE2020 considère chaque pièce humide – définie comme un local avec un point de puisage d’eau – comme une source de déperditions thermiques puisqu’elle est équipée d’une bouche d’extraction VMC.

 

Moins la maison contient de pièces humides, plus elle est performante, toutes choses étant égales par ailleurs. Ce qui peut se traduire dans quelques mois par l’abandon des WC séparés au profit de toilettes dans la salle de bains. Si la RE2020 oriente la conception des maisons, contre les attentes des acquéreurs, plutôt favorables aux WC séparés.

 

NRGYS souligne enfin que dans l’optimisation des performances thermiques, 98% des simulations réalisées sur des maisons individuelles ont eu besoin d’un renforcement de l’isolation thermique.

 

Notre prochain article portera sur l’analyse par NRGYS des calculs environnementaux dans la RE2020.

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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