Vivatech, le salon parisien aux milliers de pépites

Vivatech, le salon parisien aux milliers de pépites

La quatrième édition du salon de l'innovation s'est tenue en mai dernier Porte de Versailles à Paris, accueillant 2300 startups exposantes ou en pitch et plus de 124 000 visiteurs.



Co-organisé par Publicis Groupe et le Groupe Les Echos, le salon VivaTech est devenu en quatre ans un rendez-vous incontournable des innovateurs. L'affluence y est considérable, avec tous les secteurs d'activités représentés par de très nombreuses startups.

 

Des entreprises installées viennent aussi mettre en avant leurs innovations comme BioPool Tech, un fabricant de piscines en bois qui a développé un système de filtration biologique avec des bactéries sur céramique ou encore Fenotek qui a exposé sur le stand Orange un nouvel interphone connecté.

 

Les startups ne sont pas regroupées par activités mais sont accueillies sur des stands collectifs ayant été loués par des pays ou des régions ou par de grandes entreprises comme EDF, Engie, le CEA, Orange ou encore Bouygues qui hébergeait une trentaine de startups.

 

Pour le visiteur, la pêche aux pépites nécessite une certaine ténacité d'autant plus que des rotations peuvent avoir lieu sur les stands et que certaines startups ne sont présentes qu'une seule journée. Son parcours ne peut être que parcellaire au vu du foisonnement d'innovations.

 

Rendre visible l'économie d'énergie

 

Créée en 2017, la jeune entreprise parisienne Ecojoko a développé un assistant connecté afin d'aider les foyers à réduire leur consommation d'électricité. L'usager peut mettre en œuvre au quotidien des actions simples comme baisser la consigne d'un radiateur de un degré ou éteindre des boutons de veille inutiles.

 

« Le gaspillage concerne environ un quart de la consommation d'électricité avec une facture moyenne de 1000 euros par foyer. L'idée avec notre produit est de rendre visible en temps réel la consommation d'électricité. L'usager doit savoir à tout instant quels équipements sont allumés et sur quelle durée. Cela va l'encourager à faire des actions simples et efficaces avec un potentiel d'économie de 25% ou plus », présente Laurent Bernard, co-fondateur et CEO chez Ecojoko.

 

L'assistant connecté comprend des capteurs positionnés sur le disjoncteur, un assistant qui se connecte par WiFi à la box ADSL du foyer et une application sur smartphone. La réduction de la consommation est visible et gratifiante.

 

Pour concevoir et améliorer l'intelligence artificielle de son produit, la startup s'est associée à l’école Centrale Supélec. Un des sujets est de distinguer automatiquement si la consommation électrique vient d'un lave-linge ou d'un réfrigérateur grâce à une reconnaissance de la signature électrique des équipements d'une puissance supérieure à 300 W.

 

 

Ecojoko a créé un assistant connecté afin d'aider les foyers à réduire leur consommation d'électricité© F.Ploye

 

Suivre le comportement des ouvrages

 

La startup grenobloise Morphosense du CEA Leti est spécialisée en suivi et analyse du comportement statique et dynamique des ouvrages (bâtiments, ponts, éoliennes, etc). Créée en 2016, elle s'appuie sur plusieurs partenaires dont Bouygues Construction et exploite un savoir faire développé au CEA en capteurs flexibles de haute précision. De type MEMS (microsystèmes électromécaniques) ces capteurs se posent à la surface d'un ouvrage à surveiller et font à la fois accéléromètres, gyroscopes et magnétomètres suivant trois directions.

 

Le système de Morphosense baptisé Neuron intègre un réseau connecté de capteurs haute précision et des algorithmes sophistiqués d'analyse des données. « Les capteurs peuvent être linéaires ou surfaciques et communiquer avec ou sans fil par Bluetooth ou WiFi.

 

À partir des informations recueillies à distance sur nos serveurs, un algorithme reconstruit numériquement en 3D la déformation et les vibrations de la structure en fonction de l'ouvrage. Le système peut s'appliquer aussi bien au génie civil qu'aux structures offshore comme les éoliennes ou les plateformes pétrolières », confie Emma Richet, responsable stratégie marketing au CEA Tech.

 

La start-up a notamment équipé de ses capteurs la Tour Eiffel ou encore la passerelle Saint-Laurent, à Grenoble. Un des objectifs est de pouvoir diagnostiquer un défaut structurel avant qu'il ne devienne critique et à terme d'être en mesure de faire de la maintenance prédictive sur la base des données collectées par le système Neuron.

 

Clef lumineuse pour serrure connectée

 

Créée fin 2017 près de Compiègne et spécialisée en systèmes de contrôle d’accès, la startup HAVR présentait sur le stand d'EDF Discovery sa nouvelle serrure connectée Bright Lock. L'usager ouvre la porte avec le flash de son téléphone portable. Via l’application et la plateforme web mises à disposition, il peut verrouiller et déverrouiller la porte mais aussi gérer les accès et créer des groupes d'usagers.

 

« Nous utilisons un système de codage lumineux pour des raisons de sécurité. L'application sur smartphone génère un code lumineux, tournant et unique. La technologie de communication sans fil basée sur l’utilisation de la lumière, est de type VLC (Visible light communication) comme le LiFi. De son côté la serrure communique ponctuellement avec le serveur via WiFi », confie Simon Laurent, fondateur chez Havr.

 

La pose est facilitée dans l'existant car la serrure est standardisée. La mécanique est très solide et sécurisée avec un accéléromètre dans la serrure pour détecter les vibrations dues à une tentative de forçage. Une certification A2P est en cours sur la mécanique et eA2P sur l'électronique.

 

L'alimentation est par piles rechargeables, avec une vérification de l’état de la batterie en temps réel et une alerte si la charge descend en dessous d'un certain seuil. Une clef mécanique demeure disponible. La commercialisation est prévue d'ici la fin de l'année, et au plus tard pour début 2020 avec au départ un modèle de vente en B2B.

 

 

La startup HAVR a présenté sur le stand d'EDF Discovery sa nouvelle serrure connectée Bright Lock02-havr.jpg © Havr

 

Simplifier l'usage des objets connectés

 

De son côté le grenoblois Linkio, créé en 2015, veut démocratiser les objets connectés pour les particuliers mais aussi pour le marché des CHR (Cafés Hôtels Restaurants). « Le principe est de créer un système d'objets connectés (prises, interrupteurs, capteurs de portes, luminaires, etc), qui soit facile à installer et à configurer. Ces objets communiquent entre eux par un maillage Bluetooth Low Energy (BLE) et sont pilotés directement depuis un smartphone en BLE sans passer par la box domotique », explique Kevin Berton, CEO chez Linkio.

 

Le fichier de configuration peut être sauvegardé et facilement partagé par l'utilisateur avec sa famille. Un bailleur social peut aussi pré paramétrer le système et le transmettre d'un locataire au suivant. Le protocole BLE sans fil, émet peu d'ondes et donc consomme peu, avec environ 20 mètres de portée en intérieur.

 

Le business model de la jeune pousse est de ne pas fabriquer les objets connectés mais de se rémunérer avec des royalties sur la licence de sa technologie intégrée aux produits connectés des fabricants.

 

 

Le grenoblois Linkio, créé en 2015, veut démocratiser les objets connectés pour les particuliers mais aussi pour le marché des Cafés hotels restaurants © F.Ploye

 

Blockchain pour l'auto-consommation

 

Spinoff de Tecsol créée en mai 2016 à Montpellier et présente sur le stand de la Région Occitanie, Sunchain exploite la blockchain - l'algorithme utilisée pour certifier le bitcoin – afin de sécuriser les échanges d'énergie dans le cadre de projets d'autoconsommation collective. La technologie blockchain retenue par Sunchain est Hyperledger Fabric, un algorithme qui a l'avantage de n'être pas gourmand en calculs au contraire de celui utilisé par le bitcoin.

 

Une première exploitation de la plateforme développée par Sunchain a été déployée fin 2018 dans le village de Prémian dans l'Hérault. La production de l'installation photovoltaïque située en toiture du centre technique municipal, est injectée sur le réseau public.

 

Les consommateurs sont pour l'instant la mairie, l'école, la boulangerie, la poste et une association. La production PV est virtuellement répartie entre ces consommateurs via la blockchain de manière transparente et certifiée. La part d'autoconsommation de chacun est soustraite par Enedis de sa facture.

 

« L'installation de Premian a été mise en service avec environ 30 kW de production et les six premiers consommateurs. À terme l'ensemble du village sera couvert. Nous avons aussi un projet sur Rodez avec une mise en fonctionnement prévue en juin, avec en autoconsommation des bureaux et une résidence sociale de 20 logements du bailleur Soliha », complète Julien Gil, Ingénieur projets chez Sunchain.

 

Source : batirama.com/ François Ploye

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