Souvenons-nous du temps des ampoules à incandescences. Elles connaissaient des standards physiques de raccordement : la douille et la vis. Et les ampoules des différents fabricants étaient parfaitement interchangeables. L’arrivée des Leds a remis en cause cette standardisation. Initialement, les différents fabricants ont opté pour différentes solutions physiques de raccordement de leurs Leds dans les luminaires. Au point, aujourd’hui encore, que lorsqu’on achète un luminaire Leds, pour une utilisation domestique ou tertiaire, il est indiqué que la source n’est pas changeable : quand les Leds sont en fin de vie, il faut changer tout le luminaire. Au moment où l’on insiste sur l’économie circulaire, ça fait mauvais effet.

L’association Zhaga a développé 26 standards pour rendre interopérables les Leds et les composants des luminaires portant des Leds. © PP
Au salon Light Light&Buliding qui se déroule du 9 au 13 mars 2026 à Francfort, nous avons rencontré Zhaga, un effort de standardisation mondial qui résoud ce problème. Le Zhaga Consortium est une association internationale qui rassemble plus de 650 industriels à travers le monde, 140 membres associés et 25 membres fondateurs. Signify et Wago comptent parmi les membres, ainsi que l’industriel belge Schréder SA. Sylvania et Lacroix Environnement sont membres associés.
Le but de Zhaga est de proposer des standards physiques, des interfaces pour les composants de l’éclairage. L’association appelle ça des "Books" et en publie 26 jusqu’à présent. Ces books portent aussi sur les modules Leds pour spots (Book 10 sans drivers, Book 17 avec driver incorporé) que sur la programmation des luminaires à l’aide du NFC (Book 24). Le but de cette standardisation est double. Il s’agit tout d’abord de faciliter la tâche des fabricants de luminaires qui peuvent désormais choisir parmi les offres interchangeables de multiples fournisseurs de composants. Ensuite, cela permet aux utilisateurs finaux, domestiques ou professionnels, de changer leurs sources de lumières en fin de vie sans devoir recycler tout le luminaire. Autrement, les installateurs lumière et les électriciens ne devraient plus jamais proposer de matériels qui ne répondent pas aux standards Zhaga. En passant, ces standards permettent de développer un vrai message positif sur les Leds : elles consomment peu et sont changeables en fin de vie. Les standards Zhaga constituent aussi un moyen simple de se mettre en conformité avec les Directives Européennes : Ecodesign (EU 2019/2020) et Affichage Energétique (EU 2019/2015) qui demandent la possibilité de remplacer les sources lumineuses, tandis que le règlement européen ESPR (EU 2024/1781) demande la possibilité de réparer les luminaires.

Les résultats des efforts de standardisation de l’association Zhaga sont palpables : aussi bien pour les installations d’éclairage intérieures que pour les systèmes installés à l’extérieurs, y compris l’éclairage public, des composants standardisés sont disponibles pour tous types de mises en œuvre et toutes les puissances d’éclairage. © PP
La seconde brique dans la construction d’une parfaite circularité des luminaires est le protocole DALI, développé par la DALI Allianced, une association internationale. Il n’est pas nouveau du tout, mais propose des évolutions récentes, dont :
– DALI+, la couche applicative DALI sur le protocole radio maillé Thread ;
– DALI2 qui apporte le raccordement de divers types de sondes (température, humidité relative, CO2, présence, …) et la récolte de données ;
– Et DALI4i qui assure le raccordement simple de luminaires IoT-ready à un réseau DALI.
Un réseau DALI, filaire ou radio, peut désormais piloter l’éclairage, les ventilateurs, les protections solaires, être intégré à l’installation HVAC, remonter toutes sortes d’informations depuis diverses sondes. Ce qui le rend particulièrement flexible et, par rapport à d’autres protocoles moins universels, diminue considérablement le hardware nécessaire, puisqu’un seul automate terminal DALI assure de multiples fonctions.
Un automate DALI+ accepte 64 appareils connectés, en fait 63 parce qu’il faut conserver un canal pour le contrôleur sans fil. La connexion d’un automate DALi au réseau TCP/IP d’un bâtiment, soit à travers Thread, soit directement par Ethernet, permet de remonter toutes les informations vers la supervision. Les automates DALI ont d’ailleurs leur standardisation Zhaga : Book 20 pour les drivers intérieurs, Book18 pour les drivers des installations d’éclairage extérieures.

Les évolutions du protocole DALI le rendent particulièrement souple en cas d’extension du pilotage dans un immeuble existant. En mettant à jour le soft des automates, de nouvelles fonctions sont ajoutées. En posant une passerelle entre DALI câblé et DALI+ radio, il est facile d’étendre le réseau à de nouveaux locaux dans le bâtiment. © PP

La DALI Alliance a lancé un groupe de travail pour définir les critères d’évaluation de la circularité des automates DALI. Les résultats sont attendus en 2027. © PP
L’emploi de composants standardisés Zhaga et d’automates au standard DALI garantit l’interopérabilité et le remplacement des composants, ainsi que l’évolution des possibilités de pilotage des installations d’éclairage et au-delà.