Un chantier qui devait durer 20 ans sur Notre Dame de Paris

Un chantier qui devait durer 20 ans sur Notre Dame de Paris

Les travaux de restauration de la Cathédrale Notre-Dame de Paris ont commencé en avril 2018 et devaient durer au-delà de 2030



De mémoire de parisien, la cathédrale Notre-Dame de Paris était presque toujours en travaux. La façade et les deux clochers avaient été restaurés dans les années 90.

 

Philippe Villeneuve, l’architecte en chef des monuments historiques chargé de la cathédrale depuis 2013, et la Drac (Direction Régionale des Affaires Culturelles) Île-de-France avaient préparé un important programme de restauration, dont le début était progressivement devenu visible depuis avril 2018 avec la construction d’un gigantesque échafaudage.

 

 

Les 16 statues de cuivre posées au pied de la flèche avaient été grutées afin de pouvoir être restaurées en atelier

 

500 tonnes d’échafaudage

 

La première tranche de travaux portait sur la restauration de la flèche, dont la couverture de plomb n’était plus étanche. Pour cela, Europe Echafaudage, une filiale de Le Bras Frères, un charpentier spécialisé dans la restauration des églises et cathédrales, dont le siège est à Jarny en Meurthe-et-Moselle, avait commencé en avril 2018 à édifier un colossal échafaudage qui devait permettre de travailler sur toute la hauteur de la flèche qui culmine à 96 m.

 

Cet échafaudage, qui a partiellement survécu au brasier, pesait 500 tonnes et se composait de 500 000 pièces. Il ne reposait pas sur les pierres. Un ascenseur de chantier sur chaque côté de la cathédrale permettait d’accéder jusqu’à la base de la flèche.

 

Jeudi 11 avril, les 16 statues de cuivre posées au pied de la flèche avaient été grutées pour pouvoir être restaurées en atelier. Cette première phase, dont le coût atteignait 11 millions d’Euros, devait se poursuivre durant 4 ans, jusqu’en 2022, avec la restauration des 250 tonnes de plomb de la couverture de la flèche. L’ensemble de la rénovation devait durer dix ans et coûter environ 60 millions d’Euros.

 

 

Vue sur le socle de la flèche qui devait être restaurée et qui s'est effondrée 3 heures après le démarrage de l'incendie de la cathédrale ©P.P

 

Pas d’électricité dans les combles

 

La Charpente de la cathédrale, composée de bois de chêne, comportait plusieurs parties. La plus ancienne, au-dessus du Chœur date de 1220. Dans la nef, la charpente date de 1220 à 1240. Ses dimensions sont exceptionnelles : 100 x 13 m dans la nef, 40 m de largeur dans le transept, avec une hauteur de 10 m. La structure de la flèche était composée de 500 tonnes de bois.

 

Tout ce bois, vieux de plusieurs centaines d’années, était très sec. Pour éviter tout risque de départ de feu, l’électricité n’a jamais été installé dans les combles sous la flèche de la cathédrale. Hier, seule l’entreprise Le Bras Frères était présente sur le chantier dans la journée. Il est bien trop tôt et ce chantier était beaucoup trop complexe pour que l’on puisse hasarder un scénario de départ de feu.

 

Mais, pour les besoins des travaux, les ascenseurs et leur entraînement était alimentés en électricité. Pour alimenter les outils portatifs, une installation électrique avait sans doute été montée dans l’échafaudage. Les pompiers indiquaient au lendemain de l'incendie que le feu avait démarré de l’échafaudage : le défaut électrique est plausible.

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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1 Commentaire


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  • par L'Héreu del Magre
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Merci à toute votre équipe technique de la rédaction pour la qualité des infos de vos articles. Ainsi qu'à votre sélection d'interventions pertinentes de vos lecteurs. Au plaisir de vous lire et ainsi avoir les éléments qui permettent de construire son analyse // L'Héreu del Magre.

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