Face à la hausse des coûts de l’énergie comme aux enjeux écologiques, une innovation venue d’Argentine pourrait révolutionner nos méthodes de chauffage : les "bio troncos" s’affirment comme une solution durable, économique et efficace. Produites à partir de déchets de fruits, ces bûches écologiques répondent parfaitement aux critères de l’énergie de demain.
C'est tout de même ironique que ce soit en Argentine, le pays internationalement réputé pour son asado – l'iconique barbecue argentin, dont la tradition remonte tout de même au XVIe siècle – que l’entrepreneur José Alberto Aramberri (un vétérinaire aujourd’hui retraité) ait eu un jour l'idée d'inventer, puis de mettre au point, une solution innovante afin de valoriser les résidus des cidreries, tels que la pulpe, les pépins et les peaux de pommes ... pour en faire un combustible ! Car dans un contexte où l’asado occupe une place centrale dans la vie familiale, comme dans la vie culturelle du pays, la consommation de charbon de bois est plus que considérable.

Le procédé inventé par José Alberto Aramberri, appelé "Leña de Orujo de Fruta", consiste à sécher ces déchets à l’aide de l’énergie solaire, puis à les compresser pour former des briquettes de chauffage. © Biot Leña de Orujo de Fruta / José Alberto Aramberri (capture d’écran vidéo Facebook)

L'idée des bio troncos est née d’un constat simple : l’important gaspillage lié à l’industrie du cidre et des jus de fruits. En Argentine, chaque année, des tonnes de pulpe de pommes et de poires sont jetées, représentant une ressource précieuse qui peut être recyclée. L'initiative de José Alberto Aramberri vise donc à réutiliser ces résidus, offrant une solution écologique pour alimenter les barbecues tout en réduisant le gaspillage.© Freepik
José Alberto Aramberri a donc décidé de transformer les résidus issus de la production de cidre en bois de chauffage et en substituts du charbon de bois, un procédé s’inscrivant dans une logique d'économie circulaire : un déchet agricole est ainsi transformé en une source d’énergie à forte valeur ajoutée. Il a fondé l’entreprise Biót, qui se charge aujourd’hui de la production comme de la commercialisation de ces nouvelles bûches.
Afin de valoriser cette pulpe, José Alberto Aramberri commence par sécher la pulpe récupérée, puis il la compresse pour en faire des briquettes. Il utilise les rayons du soleil et le vent pour sécher le marc, qui est ensuite passé dans une machine qu’il a lui-même inventée.
Selon l’entreprise Biót, l’argument économique est décisif : la matière première étant un déchet peu coûteux, le prix final des bio troncos se veut très abordable. Cette innovation se veut donc la solution idéale afin de réduire sa facture de chauffage, et ce tout en faisant un geste pour la planète.
En utilisant des déchets agricoles, les bio troncos contribuent à diminuer la dépendance aux combustibles fossiles comme à réduire l’impact environnemental du chauffage résidentiel : un foyer se chauffant avec des bio troncos produirait jusqu’à 70 % de dioxyde de carbone (CO2) en moins qu’avec un système utilisant du bois ou des pellets. Cette réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre est un argument lourd de sens à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est devenue une priorité.
Au-delà de l’aspect écologique, la performance est également au rendez-vous puisque des tests ont démontré que le pouvoir calorifique des bio troncos est comparable à celui du bois. Elles brûlent de manière stable, fournissant une chaleur durable et régulière, ce qui les rend parfaites pour les cheminées, les poêles ou les chaudières biomasse. © Vidéo YouTube Biót
En France, la majorité du bois utilisé pour le chauffage provient de forêts gérées de manière durable. Cependant, dans d’autres pays, ce n’est pas toujours le cas. C’est pourquoi explorer des alternatives au charbon et au bois de chauffage reste essentiel afin de contribuer à la préservation des forêts à l’échelle mondiale. Contrairement au bois traditionnel, la production de bio troncos ne nécessite pas l’abattage d’arbres, préservant ainsi les forêts et la biodiversité.
Le marc de café, longtemps considéré comme un simple résidu, offre lui aussi une alternative intéressante aux bûches et pellets traditionnels et peut être adopté comme combustible pour la cheminée.
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Le marc de café, un déchet en grande quantité et facilement accessible, représente environ 600 000 tonnes produites chaque année en France. Au lieu d’être jeté, ce résidu peut être valorisé : d'abord être séché pour obtenir une humidité résiduelle de 10 à 12 %, ensuite mélangé à un liant tel que de la sciure ou des copeaux de bois, puis comprimé en bûches à l'aide d'un équipement industriel, une presse à briquette qui peut être cylindrique ou de format pavé. Enfin, les bûches sont coupées. Sur internet, des tutos proposent de fabiquer soi-même sa bûche compressée en marc de café. © Freepik
En sus, le chauffage au marc de café coûterait jusqu’à 10 % de moins que les granulés traditionnels. En termes d’efficacité, le marc de café surpasse même le bois, avec un rendement pouvant être jusqu’à trois fois supérieur. Cela signifie qu’une tonne et demie de marc de café pourrait équivaloir à près de neuf tonnes de bois. De plus, sa combustion est plus propre : elle émet moins de particules fines et de CO2, ce qui contribue à diminuer l’empreinte carbone liée au chauffage. Toutefois, mieux s'assurer d'apprécier l'odeur du café ... car lors de la combustion, l'odeur de café peut devenir gênante !