Comment rénover un plancher ancien ?

Comment rénover un plancher ancien ?

Ces structures en bois, parfois bien conservées, sont souvent inadaptées aux contraintes d’utilisation actuelles. A côté des solutions basiques, quelques méthodes plus sophistiquées apportent des performances intéressantes.






 

Surcharges admissibles, horizontalité, résistance au feu, résistance à l’humidité, performances acoustiques… Un plancher doit de plus en plus répondre à de multiples contraintes pour lesquelles il n’a pas été conçu. Dans l’habitat traditionnel, les contraintes acoustiques et de planéité reviennent le plus souvent alors que les besoins de renforcement concernent surtout les locaux destinés à des usages professionnels.

 

Solutions basiques

 

Dans une majorité de cas, les solutions adoptées sont très basiques, à défaut d’être les plus performantes. Pour renforcer la structure, le moyen le plus simple consiste à doubler les éléments porteurs par des pièces de section identique qui viendront recouvrir celles déjà en place. Ce choix impose une hauteur sous plafond suffisante, mais également une absence d’obligation de  préservation de l’esthétique d’origine. Pour améliorer l’acoustique, la mise en œuvre d’un plafond en plaques de plâtre doublé d’une laine de verre est efficace, sous réserve encore de pas devoir conserver l’aspect d’origine. Pour retrouver la planéité voulue, la plupart des entreprises réalisent des calages de hauteur variable et recréent un nouveau plancher constitué de panneaux d’agglomérés…

 

Source: batirama.com / Paul Valaire

 





 

Solution n° 1 : Poutres composites et planchers collaborants

 

Les poutres composites assurent un renforcement de la structure en doublage des solives existantes. ( DR )

 

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Les planchers collaborants additionnent en un même produit les performances des planchers bois et des planchers béton (doc Cosylva )

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Une poutre composite, pour justifier cette dénomination, doit être constituée d’au moins deux matériaux de nature différente, les qualités de ces matériaux s’additionnant pour aboutir à un ensemble plus performant. Lorsque l’esthétique de la sous-face ne peut être modifiée, (plafond classé, peint, sculpté, etc…) cette technique est à envisager. Le principe consiste à couler sur l’ancien plancher utilisé alors comme coffrage « perdu » un nouveau plancher mince en béton ou en mortier de résine, liaisonné à l’ancien par l’intermédiaire de connecteurs en béton, ou dans le cas d’un mortier de résine par  l’intermédiaire d’encoches ménagées avant le coulage  dans l’ancien plancher. Autre alternative, créer une nouvelle structure, indépendante de l’ancien plancher conservé. Le nouveau plancher pourra être réalisé en bois, en béton, en acier, faire appel à des poutres composites ou en lamellé collé. L’espace laissé libre peut être rempli de laine minérale pour améliorer l’isolation acoustique entre les deux niveaux. 

 

A RETENIR :

 

Intérêts :

 

♦ PLANCHER COLLABORANT : meilleures performances, acoustique

 

Limites :

 

♦ PLANCHER COLLABORANT : technique pointue, mise en oeuvre "lourde", temps de séchage

♦ POUTRE COMPOSITES :  surépaisseur en sous-face

 





 

Solution n° 2 : Chapes sèches et chapes liquides

 

 Si la remise à niveau n’est pas possible, il est possible de recourir aux chapes sèches ou liquides.

 

Les chapes sèches apportent des avantages : pas de temps de séchages, légèreté, performances acoustiques, remise à niveau des planchers affaissés.

 

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A base de ciment ou de dérivés du gypse (chape anydride), les chapes liquides sont compatibles avec la plupart des systèmes de chauffage par le sol.

 

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Les chapes sèches permettent de rattraper des différences de niveau importantes. Sur le sol existant utilisé comme coffrage perdu, on met en œuvre une forme composée de granulats adaptés à cet usage. Cette forme assure d’une part la remise à niveau du sol, elle contribue également à l’isolation thermique et acoustique. Au-dessus, des plaques de plâtre spéciales, mises en œuvre en pose libre, reçoivent le revêtement de sol définitif : moquette, carrelage, parquet flottant ou collé, etc… L’autre alternative, c’est l’application d’une chape liquide constituée d’un béton léger. Autonivellant, il rattrape sans intervention manuelle toutes les différences de niveau. Chape sèche ou chape liquide, c’est surtout la taille du chantier, le planning et les conditions d’accès qui dictent le choix final. La première sera choisie pour les chantiers de petite dimension, la seconde est rentable dès que la surface à traiter dépasse 100 m2.

 

A RETENIR :

 

Intérêts : CHAPES SECHES : horizontalité retrouvée, pas de temps de séchage, chantier propre, acoustique

 

Limites : CHAPES LIQUIDES : coût, temps de séchage, poids supplémentaires

 





 

Solution n° 3 : Assurer le confort acoustique

 

 Pour améliorer ses performances acoustiques, plusieurs méthodes sont applicables.

 

Les sous-couches acoustiques sont indispensables en cas de pose d’un sol dur (parquet, stratifié, carrelage…. ), afin de diminuer la transmission des bruits d’impact.

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Les isolants en vrac (ici de la laine de roche) peuvent combler les plénums de planchers bois anciens et réduire la transmission des bruits aériens (DR)

 

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La réduction de la transmission des bruits aériens passe par la masse et l’épaisseur d’isolant. La mise en œuvre d’un béton léger sur isolant ou d’une chape sèche favorise cette réduction, mais participe également à la diminution de la transmission des bruits d’impact. Lorsque la sous-face du plancher peut être cachée, la pose d’un plafond en plaques de plâtre recouvert d’une laine minérale, est efficace, mais seulement vis à vis des bruits aériens. Pour atténuer l’effet des bruits, l’idéal est de traiter le problème à la source. Ici, ce n’est pas l’épaisseur de l’isolant qui compte, mais sa constitution et son emplacement. Une simple moquette déroulée sur le revêtement de sol existant sera très efficace, l’épaisseur étant sans grand effet sur les bruits d’impact. Si le revêtement de sol prévu est un sol « dur » ( carrelage, parquet, stratifié ), l’interposition d’une sous-couche acoustique amènera à un résultat proche.

 

A RETENIR :

 

Intérêts :

 

♦ CHAPES SECHES ET LIQUIDES : performances

♦ MOQUETTES ET SOUS-COUCHES ACOUSTIQUES : simplicité de mise en oeuvre

♦ PLAFONDS EN PLAQUES DE PLATRE : technique courante

 

Limites :

 

♦ PLAFOND EN PLAQUES DE PLATRE : surépaisseur

♦ BETON LEGER : chantier "lourd" et temps de séchage





 

"Ne pas alourdir les structures d'un immeuble déjà fragilisé"

 

Nous avons réalisé à Paris la rénovation lourde d'un bâtiment Haussmann pour une transformation en 22 logements sociaux. Ce bâtiment de 5 étages + combles, construit avec des façades en pierre et une structure bois en chêne plâtré à l'intérieur, avait été mal utilisé. Investi après la deuxième guerre mondiale par des entreprises, il avait été modifié sans études sérieuses, au point de s’affaisser en son centre, la cage d’escalier étant descendue sur elle même. Connaissant le bâtiment depuis longtemps, l’architecte - Nicolas Masson Regnault - a recherché les solutions les plus adaptées pour reprendre les horizontalités des planchers tout en apportant de la performance acoustique. Il était également primordial de ne pas alourdir les structures d’un immeuble déjà fragilisé à l’époque de ces interventions anciennes. Ces objectifs nous ont conduit à choisir, pour les planchers, une chape sèche (Placosol) mise en œuvre sur une forme légère (Placoforme) permettant de rattraper les niveaux  sans surcharger la structure. Nous avons pu apprécier la rapidité de pose, l’absence de délai de séchage et la réduction de la pénibilité pour le personnel.

 

INFOS PRATIQUES 

 

Documentation

 

CIDB : Centre d’information et de documentation sur le bruit (Tél. : 01.47.64.64.64)

 

CTBA : Centre Technique du Bois et de l’Ameublement : Guide Technique Produits & Composants Bois "Réalisée par Irabois (Institut de Recherche Appliqué au Bois) en collaboration avec le CTBA

 

CSTB : ouvrage sur le comportement acoustique des planchers anciens. Rapide historique des techniques de construction permettant de justifier le choix des ossatures essayées en laboratoire. Catalogue des solutions possibles, synthèse réalisée de manière globale pour les mesures in situ et par type de procédés pour les mesures en laboratoire. (Tél. : 01 64 68 82 82)

 

Quelques guides de fabricants

 

Isover : guide de l’acoustique du bâtiment

 

Knauf : l’offre globale ( produits résistant à l’humidité, acoustique )

 

BPB Placo : catalogue général ( produits résistant à l’humidité, acoustique )

 

Lafarge : guide des solutions acoustiques en habitat

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