Histoire du sapin (5) : Le génie du bois Lignotrend parie sur les plafonds

Histoire du sapin (5) : Le génie du bois Lignotrend parie sur les plafonds

Depuis une dizaine d’années, les plafonds acoustiques en sapin sans nœuds sont devenus la marque de fabrique d’un fabricant de la Forêt Noire qui ne fait rien comme les autres.



Légende : Ralf Harder, le responsable du marketing de Lignotrend, désigne un exemple d’ajustement d’un caisson en fin de ligne.

 

Lignotrend est un industriel du bois du sud de la Forêt Noire, mais sa valorisation du sapin pectiné s’est faite de façon fortuite. A l’origine, son fondateur Werner Eckert a cherché une alternative massive à l’ossature bois, à base notamment de caissons verticaux en lamellé-collé permettant de ménager des cavités pour le passage de câbles.

 

A l’horizontale, ces caissons deviennent des planchers bois apparents. Bientôt, Lignotrend intègre en sous-face des bandes d’isolant en fibre de bois, tout en rainurant la sous-face pour qu’elle fasse son office de piège à sons.

 

 

     Préparation sur gabarit d’une paire d’éléments de caisson en lamellé-collé à sous-face en sapin, chez Lignotrend à Weilheim-Bannholz.© JT

 

Une prouesse technologique

 

Le passage du caisson vertical de 3 mètres de long au caisson horizontal de longueur variable s’accompagne, soit dit en passant, d’une prouesse technologique, puisque Lignotrend est sans doute le seul industriel à avoir mis au point un process d’aboutage par caissons entiers, qui permet d’abouter jusqu’à cinq éléments pour une longueur totale de 15 mètres.

 

En conséquence, le rainurage en sous-face peut se faire de façon continue sur toute cette longueur, ce qui crée un effet saisissant.

 

Lignotrend se garde bien de peindre la sous-face. Elle doit rester apparente pour révéler le bois. Dans un premier temps, comme les lamelles du caisson étaient en épicéa, la sous-face visible se conformait à la règle et laissait apparaître une certaine nodosité.

 

 

     Stabilisation des caissons bruts avant l’aboutage et le rabotage.

 

Une sous-face en planche de sapin sans noeud

 

A l’occasion d’un salon, les collaborateurs sont tombés sur des planches de sapin pectiné en qualité menuiserie, sans nœuds. L’idée a germé de choisir cette qualité de sapin pour la sous-face.

 

Au début, les équipes étaient réticentes, tant ce bois sans nœuds risquait de faire perdre au plafond son identité. Mais l’équipe commerciale a tôt fait de constater à quel point cette nouvelle option séduisait les architectes.

 

 

     Les caissons aboutés avant le rabotage et le rainurage de la sous-face.

 

Depuis dix ans, la sous-face en sapin sans nœuds est devenue, plus qu’un standard, la marque distinctive de Lignotrend. Il a fallu trier précautionneusement les plateaux afin de disposer de surfaces sans rupture de teinte.

 

Le succès commercial de ces sous-faces proposées à la fois en plafond suspendu et en caisson porteur a engendré des difficultés d’approvisionnement. A moins de dire que le besoin de ce fabricant d’emblée positionné sur le haut de gamme a joué son rôle d’appel d’air pour stimuler toute la filière de transformation du sapin en Forêt Noire.

 

 

     Caissons finis avant l’usinage sur mesure avec le centre de taille à commande numérique.

 

Encore un petit effort

 

Dix ans plus tard, on a pourtant comme l’impression que Lignotrend s’est arrêté au milieu du gué. Rien n’empêcherait de remplacer les lamelles intermédiaires des caissons, qui sont encore en épicéa, par des lamelles en sapin de qualité secondaire. Rien, sauf sans doute la disponibilité et le prix.

 

D’un autre côté, l’incorporation de qualités secondaires non visibles permettrait précisément de mieux valoriser les grumes et donc d’éviter le goulot d’étranglement de la sous-face en qualité menuiserie sans nœuds. Gageons que l’inventeur Werner Eckert s’est penché depuis longtemps sur la question.

 

Or, souvenons-nous : il y a chez Lignotrend cette façon unique d’abouter non pas des planches ou des lames, mais des caissons complets en trois dimensions. Comme il s’agit de caissons porteurs, les contrôles qualité sont drastiques en usine.

 

Des contrôles drastiques en usine

 

Chaque semaine, le service de contrôle brise délibérément, à des fins de mesure, une dizaine de caissons et s’assure que la colle a bien été uniformément répartie. L’aboutage de haute précision ne tolère pas de gros nœuds, le passage préalable des lamelles dans une ligne d’optimisation pourrait s’avérer trop cher et n’oublions pas qu’il faudrait disposer de lamelles de sapin C24…

 

Pour l’instant, les plafonds Lignotrend sont à l’image de la valorisation du sapin pectiné en Forêt Noire, où la qualité menuiserie a trouvé sa place en surface apparente, en combinaison souvent avec des éléments porteurs en épicéa. C’est déjà pas mal.

 

En France, on peut prendre acte de cette qualité d’aspect, tout en cherchant de nouvelles solutions pour lui associer davantage des qualités secondaires en face intermédiaire. Une piste que poursuit d’ailleurs actuellement la filière du sapin en Forêt Noire. Vive l’émulation !



Source : batirama.com / Jonas Tophoven

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