Isolants minces : respectez les applications réglementaires

Isolants minces : respectez les applications réglementaires

Les isolants minces réflecteurs ou produits minces réfléchissants restent appréciés en rénovation pour gagner de l’espace dans une pièce. Et pourraient faire l’objet d’une nouvelle normalisation au niveau européen.





 

Pour les isolants minces réflecteurs, « l’année 2009 a été difficile mais pas catastrophique au regard du secteur de la construction », révèle Claire Mellinand, directrice marketing de la société Actis France. La raison : ce marché est lié à la rénovation chez les particuliers. Alors, 2010 renoue avec une légère croissance. Ces produits fonctionnent aussi grâce aux incitations financières telles que le crédit d’impôt ou l’éco prêt à taux zéro, parce qu’ils s’appliquent dans 90 % des cas, dans les combles aménagés, en pose par l’intérieur en pare-vapeur sous rampant.



Une norme européenne


Le principal intérêt des isolants minces demeure le gain de volume habitable en rénovation. Mais pour l’instant, cette application seule, c’est-à-dire non comme un complément d’isolation, est réglementairement interdite en toiture. Explication : les normes appliquées en France aujourd’hui pour mesurer la résistance thermique R d’un isolant en m2.K/W ne prennent pas en considération les propriétés d’écran à l’air et au vent des produits minces. Or, la future Réglementation thermique 2012 introduit la notion d’étanchéité à l’air des bâtiments. Ainsi, sous l’impulsion du Sfirmm, syndicat qui regroupe les industriels des isolants minces multicouches réflecteurs, un groupe de travail a été constitué par le Comité européen de normalisation pour déterminer les caractéristiques thermiques de tous les isolants, minces ou non. Une norme européenne devrait permettre de trouver un consensus autour de ces produits minces. Mais pas tout de suite…


Source: S.L.H / batirama.com

 

Avis d’expert - Laurent Joret*  « Un complément d'isolation»

 

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« Un produit mince réfléchissant ne peut pas convenir en tant qu’isolation seule. Il nécessite une lame d’air et vient en complément d’isolation pour atteindre les valeurs imposées par la Réglementation thermique sur l’existant. Cependant, avec la très prochaine Réglementation thermique 2012 qui va insister sur la qualité de l’étanchéité à l’air des bâtiments, les produits minces réfléchissants devraient avoir un bel avenir devant eux. L’étanchéité à l’air va aider à la plus grande généralisation des pare-vapeurs qui vont être posés par le plaquiste. Et, la grande majorité des produits minces réfléchissants sont pare-vapeurs. Ils correspondent à une application côté intérieur. Dans le cadre d’une utilisation d’un produit mince réfléchissant en tant qu’écran de sous-toiture, celui-ci doit présenter une propriété de perméabilité à la vapeur d’eau. Une qualité tout de même à vérifier car quelques uns ne sont pas perméables à la vapeur d’eau. En outre, attention aux vendeurs qui préconisent un produit mince réfléchissant étanche à la vapeur d’eau à poser en sous face de la couverture, par-dessus la charpente. Avec l’absence de ventilation, les bois de charpente risquent de pourrir et de générer des pathologies. Par conséquent, il vaut mieux poser un produit mince sous Avis technique proposé comme complément d’isolation.»


* Représentant du fabricant Soprema au sein de l’APPMR (Association pour la promotion des produits minces réfléchissants).

 

 


 



 




 

Le Cahier du CSTB 3560-V2 impose la mise en œuvre d’un écran de sous-toiture HPV et d’un pare-vapeur indépendant côté intérieur, dans le cadre de travaux neufs et
de rénovation complète de la couverture par l’extérieur.   


Depuis juin 2009, le CSTB, au travers du cahier 3560-V2, recommande, dans le cadre de la pose de laine minérale en combles aménagés, la mise en œuvre d’un pare-vapeur, non pas en kraft, mais en pose dite supportée. Soit au contact direct d’un isolant thermique. Le CPT dispose qu’«en bâtiment neuf ou en réfection complète, l’usage d’écran de sous-toiture de type HPV (hautement perméables à la vapeur d’eau), sous Avis technique ou homologation, est requis. Il permet la pose de l’isolant au contact de l’écran, sans lame d’air entre l’écran et l’isolant. Un pare-vapeur indépendant et continu doit compléter cette isolation côté intérieur.» L’isolant mince occupe cette fonction en complément d’isolation, à condition de présenter des propriétés d’étanchéité à la vapeur d’eau. Il est alors assemblé par collage ou par ultra-sons. Autre condition impérative : l’isolant mince doit être mis en œuvre vers l’intérieur et l’isolant traditionnel vers l’extérieur pour poser du moins respirant au plus respirant. En outre, la laine minérale ne doit pas comporter elle-même de pare-vapeur intégré. Dans le cas contraire, ce dernier sera lacéré avant de poser l’isolant mince, et une lame d’air d’au moins 20 mm, comme traditionnellement avec ce type de produit, devra alors être aménagée.

 

Solution n° 2 : Pour répondre au crédit d’impôt


En rénovation, les isolants minces en complément d’isolation sont une des réponses pour atteindre les valeurs seuil du crédit d’impôt.   


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Depuis le 1er janvier dernier, le taux du crédit d’impôt pour l’isolation des parois opaques est porté au taux unique de 25 %. Il est calculé sur les dépenses éligibles (fourniture et pose des matériaux réalisés par une entreprise) déduction faite des aides et/ou subventions reçues par ailleurs (collectivités, Anah, etc.). Les isolants minces en complément d’isolation en combles aménagés (voir solution n°1), plafonds sous solives mais aussi en murs, permettent d’accéder à cette défiscalisation. À condition de respecter les valeurs seuils du crédit d’impôt, d’ailleurs supérieures à celles imposées par la Réglementation thermique existant élément par élément. Ces dernières imposent que l’isolation opaque atteigne une résistance thermique supérieure ou égale à 2,8m2.K/W pour les murs en façade ou en pignon, ou à 5 m2.K/W pour les rampants de toiture et plafonds de combles. La pose pour ces produits minces réfléchissants en complément d’isolation s’effectue selon les Avis technique et/ou en respectant les recommandations générales de mise en œuvre des fabricants.



 

 

 

 

 

 

 

 

 


 








 

Pour apporter un confort l’hiver comme d’été dans les maisons à ossature bois, les isolants minces réfléchissants se posent aussi en complément d’isolation. Et font office de pare-pluie, s’ils présentent une propriété de perméabilité à la vapeur d’eau. 

 
Dans le cadre de la construction d’une maison à ossature bois, en parois verticales, un pare-pluie doit être mis en place pour protéger l’ouvrage avant la mise en œuvre des revêtements extérieurs. Il s’utilise dans le cas de revêtement extérieur avec lame d’air ventilée. L’écran pare-pluie assure une double fonction. D’une part, la protection de la structure con­tre les infiltrations d’eau de pluie, et une fonction respirante pour permettre l’évacuation de la vapeur d’eau provenant de l’intérieur. Le pare-pluie se pose horizontalement ou verticalement avec des recouvrements horizontaux supérieur ou égal à 5 cm et verticaux supérieur ou égal à 10 cm. Il est agrafé tendu à la charpente avec un espacement des agrafes compris entre 7 et 10 cm et maintenu ensuite par des tasseaux, fixés dans les montants de l’ossature. Conformément au DTU 31.2, l’isolant traditionnel reçoit, côté intérieur, un pare-vapeur, qui peut être un produit mince réfléchissant complément d’isolation.

 

 Réglementation

 

• DTU série 40 : couvertures
• DTU 21 (NF P 18-201) : exécution des travaux en bois
• DTU 24-2 (NF P 51-20, 203, 204) : cheminées
• DTU 20-1 (NF P 10-202) : parois et murs en maçonnerie de petits éléments
• DTU 23-1 (NF P 18-210) : murs en béton banché
• DTU 25-41 (NF P 72-203) : ouvrages en plaques de parement en plâtre
• DTU 31.1 (NF P 21-203) : charpentes et escaliers en bois

• DTU 31.2 (NF P 21-204) : construction de maisons et bâtiments à ossature en bois
• Cahier du CSTB 3560_V2 de juin 2009 : “Isolation thermique des combles : isolation en laine minérale faisant l’objet d’un Avis technique ou d’un Constat de traditionnalité.
• Cahier de Prescriptions Techniques communes de mise en œuvre des procédés d’isolation thermique de combles”.
• Crédit d’impôt, plus d’infos sur : www.impots.gouv.fr 




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