Internet des Objets (05) : m2ocity veut gérer le patrimoine connecté

Internet des Objets (05) : m2ocity veut gérer le patrimoine connecté

Parti de la télérelève des compteurs, m2ocity élargit peu à peu son offre à des applications d’objets connectés en bâtiment et dans les villes intelligentes.



m2ocity a été créée en mars 2011, conjointement par Véolia Eau et par Orange. A ce moment-là, Véolia télérelevait déjà plus de 200 000 compteurs d’eau, contre plus de 850 000 aujourd’hui. Tandis qu’Orange avait la volonté de développer sa division Orange Business Services consacrées aux communications d’entreprise.

 

Appuyé sur ces deux puissantes entreprises, m2ocity a rapidement grandit et revendique aujourd’hui 2 millions d’objets connectés dans plus de 3000 villes de France. Ce qui en fait probablement, l’opérateur disposant de la plus grande expérience en Internet des Objets.

 

m2ocity vient de la télérelève des compteurs et c’est toujours ce qui nourrit l’entreprise. Mais son savoir-faire lui permet d’étendre ses activités vers les bâtiments (Smartbuilding) et les villes (Smartcity). Le bâtiment représente déjà 25% du Chiffres d’Affaires de l’entreprise, dont le total a atteint 20 millions d’Euros en 2015.

 

Le réseau LoRa

 

m2ocity n’est pas un pur exploitant de réseau. Sauf exception, il s’appuie sur son propre réseau LoRa déployé, sans s’interdire quelques expériences avec d'autres opérateurs ou d'autres technologies.

 

Dans ses bureaux à La Défense, par exemple, une station de collecte LoRa, installée près de la fenêtre dans une salle de réunion, opère directement plus de 3000 points.

 

A ses débuts, m2ocity utilisait le reseau LoRa comme support physique de transport de données, complété par le protocole propriétaire Homerider, développé Endetec Homerider Systems, une filiale de Véolia.

 

Lorsque m2ocity s’est lancée, le protocole LoRaWAN qui organise les données transmises par un réseau LoRa bas débit, longue portée et à faible consommation d’électricité, n’existait pas encore. Tous les concentrateurs installés par m2ocity sont en cours de remise à jour (upgrade, en langage informatico/IoT) pour qu’ils puissent utiliser le protocole LoRaWAN, plus universel.

 

Les joies et les contraintes de la télérelève

 

Selon Benoît Bourrel, directeur technique de m2ocity, la clef d’une bonne télérelève est une excellente couverture du réseau. Il faut que 100% des compteurs télérelevés soient connectés au réseau. Et le coût réel du réseau est le montant investit pour atteindre les zones les plus difficiles d’accès.

 

L’opérateur est même en mesure d’atteindre des compteurs et des capteurs situés sous le niveau du sol. Comme il utilise LoRa, il bénéficie d’une communication bi-directionnelle. Ce qui lui permet, par exemple, de commander des électrovannes depuis 5 ans déjà.

 

Face à un compteur, m2city est capable de se raccorder sur la sortie TIC, la sortie numérique de Télé-Information Client, que l’on retrouve sur tous les compteurs électroniques d’électricité, y compris sur le Linky, et de gaz. Ce qui fournit de riches informations : consommations et puissances appelées par plages horaires.

 

m2ocity peut aussi exploiter le bip des compteurs à impulsion. Il  revendique hautement d’être la seule entreprise de télérelève, capable d’exploiter toutes les richesses de la sortie TIC sur les compteurs de gaz industriels. De nombreuses communes qui exploitent directement leur réseau d’eau, dont Biganos, Pont-du-Casse et Montauban, la communauté de communes Cœur Côte Fleurie qui regroupe 11 communes dont Deauville, le Sedif (Syndicat des eaux d’Île-de-France), font appel aux solutions de télérelève m2ocity.

 

Jusqu’au comptage divisionnaire

 

A la demande de ses clients, m2ocity est rapidement passé de la télérelève générale, à la télérelève de compteurs divisionnaires en eau, gaz, électricité. L’entreprise développe aussi des solutions de télérelève de chaleur ou de froid. En logement, les principales demandes viennent des bailleurs sociaux qui veulent tout à la fois fiabiliser la relève et donc la facturation des charges.

 

Mais ils sont aussi soucieux d’offrir à leurs locataires, une restitution de leurs consommations, pratiquement en temps réel puisque m2ocity peut gérer des relèves heure par heure, si nécessaire. Il restitue les données à travers des applications spécifiques depuis son Cloud. Ou bien, il s’interface avec des portails agrégateurs de données comme ubigreen, easygreen, noé2, egreen, Netseenergy, Fusion, gem, dapesco, etc.

 

La télérelève des compteurs divisionnaires intéresse également les industriels qui ont besoin de connaître la quantité d’énergie consommée par les différents processus de leurs usines. Les données sont analysées à la fois par l’intelligence embarquée des compteurs, puis par les programmes du Cloud m2ocity.

 

Ce genre d’exercice est particulièrement utile dans les bâtiments très performants. WinErgia et le groupe PERIAL ont équipé le bâtiment Etoile Pleyel (Carrefour Pleyel en Seine-Saint-Denis) des solutions de télérelève après compteur de m2ocity pour optimiser les consommations d’eau, d’énergie et réduire les charges des occupants.

 

Surveillance des réseaux d’eau et location des fuites !

 

Les réseaux de distribution publique d’eau fuient. Ce n’est pas une fatalité. m2ocity a développé tout un savoir-faire pour sectoriser les réseaux. Il s’agit les découper en morceaux que l’on peut suivre plus facilement : des compteurs connectés en tête du segment donnent la consommation du segment.

 

En la comparant avec la somme des compteurs clients – eux-aussi télérelevés – raccordés au segment permet de comparer les volumes d’eau qui entrent et sortent du segment et donc de déduire l’existence de fuites éventuelles. La Communauté d’agglomération de Beaune Côte et Sud, a appliqué cette méthode avec l’aide de Véolia Eau et des technologies m2ocity, son délégataire de service public.

 

Résultat, 200 000 m3 d’eau ont été économisés en 2011 par rapport à 2010. Pour la localisation précise des fuites, m2ocity a posé un peu plus de 80 « prélocalisateurs acoustiques ». Ils écoutent le débit dans les canalisations et fournissent assez d’information pour réduire les zones de recherche de fuite à un cercle de 100 m de rayon.

 

Des bâtiments intelligents aux villes intelligentes

 

En réalité, m2ocity le découvre peu à peu, l’IoT (Internet des objets) est capable d’apporter de nombreuses solutions à des problèmes qui, pour une part, ne se posent pas. Ce qui ne signifie pas du tout que l’activité de l’entreprise soit inutile, au contraire.

 

Simplement, si un Maître d’Ouvrage ou un exploitant ne disposent d’aucune ou de très peu d’information sur les équipements techniques qu’ils gèrent – depuis les compteurs jusqu’aux ascenseurs -, ils n’auront aucune conscience des problèmes qui se posent.

 

L’intervention de l’opérateur et de ses concurrents a pour première conséquence de mettre à disposition une masse d’information. Dont l’analyse révèle soudain, ce qui était auparavant parfaitement ignoré. C’est pourquoi m2ocity, au-delà des solutions de connectivité et d’analyse, voit volontiers sa mission évoluer dans le sens d’une « gestion du patrimoine connecté ». Avec son aide, tous ses clients, depuis les communautés de communes jusqu’à la SNCF, seront mieux en mesure de gérer leur parc et de le valoriser.

 

©Pascal Poggi



Source : batirama.com / Pascal Poggi

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