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La plus grande copropriété d’Europe fait le choix de la géothermie

La plus grande copropriété d’Europe passe à la géothermie.

La copropriété Parly 2, regroupant 15 000 habitants et près de 300 bâtiments au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), va utiliser la géothermie comme source principale d'énergie pour son chauffage et son eau chaude sanitaire.



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Au Chesnay-Rocquencourt, dans les Yvelines, la copropriété Parly 2 vient de franchir une étape qualifiable de majeure dans sa transition énergétique. Cet ensemble résidentiel de grande ampleur a engagé la conversion de son système de chauffage à la géothermie profonde, avec l'ambition de réduire sa dépendance aux énergies fossiles comme de mieux maîtriser les coûts énergétiques supportés par ses copropriétaires.

 

 

Parly 2, une "ville à la campagne" aux portes de Paris

Né au début des années 1960, en pleine période de croissance économique, le projet Parly 2 est le fruit d’une vision immobilière novatrice portée par le promoteur Robert de Balkany, son associé Jean-Louis Solal, figure pionnière des centres commerciaux en Europe, et l’architecte Claude Balik. Leur ambition : créer, à quelques kilomètres de Paris et aux portes de Versailles, un nouveau modèle résidentiel inspiré des réalisations américaines, associant habitat, commerces, loisirs et services au sein d’un même ensemble. Le projet prend alors forme sur près de 100 hectares de terrains alors occupés par les pépinières des sœurs Poupinet. Ces dernières acceptent la vente du foncier à condition que l'opération intègre des équipements religieux, culturels et communautaires, une exigence qui contribuera à façonner l'identité du futur quartier.

Pensé comme une véritable "ville à la campagne", Parly 2, le programme prévoit un ensemble inédit pour l'époque, articulé autour d'un grand centre commercial régional et complété par un drugstore, des cinémas, un hôtel, des équipements sportifs, des espaces verts et plusieurs milliers de logements. Les premiers bâtiments sont livrés à partir de 1968, en même temps que les principaux équipements du quartier – les appartements se distinguent par un niveau de confort particulièrement élevé, avec des cuisines et salles de bains entièrement équipées, une rareté à l'époque. La dernière résidence du programme est achevée dix ans plus tard, en 1978.

 

Initialement baptisé "Paris 2", le projet devra finalement changer de nom à la suite de l'opposition de la Ville de Paris. © Parly 2

 

 

L'ensemble constitue aujourd'hui la plus grande copropriété d'Europe et représente plus de la moitié de la population du Chesnay-Rocquencourt. Il rassemble 278 bâtiments répartis en 36 résidences, soit environ 7 500 logements, auxquels s'ajoutent un centre commercial régional, plusieurs pôles commerciaux de proximité ainsi qu'un vaste patrimoine commun comprenant huit piscines, sept courts de tennis, des aires de jeux, etc. © Le Parisien

 

 

Une transformation énergétique à l’échelle d’une copropriété hors norme

Située à proximité immédiate du centre commercial Westfield Parly, la copropriété Parly 2 revendique aujourd'hui une première nationale avec la mise en service d'un système géothermique destiné à alimenter l'ensemble de son réseau de chaleurJusqu'à présent, les besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire étaient principalement couverts par le gaz. Un choix devenu de plus en plus coûteux au regard des tensions observées sur les marchés de l'énergie ces dernières années. "Nous n'aurons plus à subir les fluctuations du prix du gaz qui ont lourdement impacté les charges des copropriétaires ces dernières années, notamment avec la guerre en Ukraine", explique à l'AFP Patrice de Clinchamps, membre du conseil syndical principal.

Au-delà de la stabilité économique recherchée, cette évolution doit également permettre à la copropriété de bénéficier d'un cadre fiscal plus favorable associé aux énergies renouvelables, dans un contexte où les réglementations environnementales se renforcent progressivement.

 

 

Une ressource géothermique exploitée à 1 500 mètres de profondeur

Le dispositif repose sur l'exploitation de l'aquifère du Dogger, l'une des principales ressources géothermiques du bassin parisien. L'eau est captée à environ 1 500 mètres sous terre, où elle atteint une température naturelle de 62 °C. Une fois remontée en surface, cette chaleur est valorisée dans une chaufferie centrale avant d'être distribuée à travers un réseau privé de près de 20 kilomètres. Celui-ci alimente non seulement les logements, mais également de nombreux équipements collectifs du domaine, parmi lesquels des piscines, des courts de tennis, des aires de jeux ou encore une église.

Conformément au principe de la géothermie profonde, l'eau extraite est ensuite renvoyée dans son milieu naturel grâce à un second forage dédié à la réinjection. Ce procédé permet de préserver durablement la ressource tout en limitant l'impact environnemental de l'installation. Cette technologie demeure encore peu développée à l'échelle nationale : aujourd'hui, la géothermie représente environ 1 % de la consommation de chaleur en France. Le gouvernement entend toutefois accélérer son déploiement dans les prochaines années et vise une multiplication significative de la production de chaleur géothermique à l'horizon 2035.

 

 

Un investissement de près de 50 millions d'euros

La réflexion autour de ce projet remonte à 2016. Après plusieurs années d'études techniques comme économiques, les copropriétaires ont validé le principe de la conversion énergétique en 2022. La copropriété a consacré près de 12 millions d'euros à la modernisation de ses installations thermiques. De son côté, Engie, qui assure à la fois la réalisation technique du projet et l'exploitation du réseau de chaleur, a investi environ 35 millions d'euros pour la construction des forages, de la centrale géothermique et des infrastructures de distribution.

Pour autant, le gaz ne disparaît pas totalement du mix énergétique de Parly 2. Il continuera à couvrir près de 30 % des besoins du site afin de répondre aux pics de consommation hivernaux. "Concevoir une installation géothermique capable de couvrir 100 % des besoins, y compris les quelques jours les plus froids de l'année, aurait été techniquement possible mais trop onéreux", précise ainsi la copropriété dans un communiqué.

 



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Stéphane Corby / LP

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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