Particulièrement efficace, le Fonds Chaleur a aidé 1 200 opérations en 2025

Une installation solaire thermique préfabriquée. ©

Après l’évaluation positive publiée par la Cour des Comptes sur le Fonds Chaleur géré par l’ADEME, celle-ci publie le bilan : 11 200 installations d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) aidées depuis 2017



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En 2025, la Cour des Comptes publiait une évaluation des investissements financés avec l’aide du fonds chaleur sur la période 2028 - 2023. La Cour concluait : "les dispositifs combinés du Fonds Chaleur, France Relance et France 2030 représentent un montant de 742 M€ en 2023. Ces aides ont permis de soutenir un nombre croissant de projets et d’aboutir à une production de 23,4 TWh de chaleur renouvelable entre 2017 et 2023, portant le total à 35,3 TWh depuis 2009. Ces dispositifs ont ainsi contribué à plus de 70 % des objectifs de production de chaleur de la France". "L’efficience du Fonds Chaleur", poursuivait la Cour des Comptes, "est supérieure à celle de nombreuses autres aides publiques dans le domaine de l’énergie". L’évaluation a permis d’identifier les principaux facteurs impactant le déploiement de la chaleur renouvelable dans les territoires, à savoir :

– la disponibilité des ressources énergétiques ;

– La collaboration des directions régionales de l’ADEME avec les Conseils régionaux ;

– Et la visibilité souvent faible des énergies renouvelables thermiques.

 

La Cour des Comptes préconisait "le renforcement de la planification territoriale, ainsi que l’amélioration de l’articulation du Fonds Chaleur avec d’autres dispositifs de soutien public".

 

 

 

Le solaire thermique a reçu 10,2 M€ d’aides du fonds chaleur en 2025. © PP

 

 

Engagements de production cumulée depuis 2009 des projets Fonds Chaleur. © ADEME

 

 

Le budget du Fonds Chaleur conforté pour 2026

Le 22 avril, l’ADEME a publié le bilan du fonds chaleur pour l’année 2025. Dans son communiqué, l’ADEME commence par rappeler que les besoins de chaleur, qui représentent aujourd’hui 43 % de la consommation d’énergie en France, sont encore majoritairement couverts par des énergies fossiles, carbonées et importées (gaz, fioul, charbon). La guerre en Iran et la crise énergétique qu’elle a produit rappellent l’urgence d’accélérer la transition énergétique de notre pays, pour renforcer rapidement notre souveraineté et réduire nos importations en les remplaçant des énergies produites localement.

Le gouvernement a publié en février 2026 la 3e Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) visant à réduire drastiquement la part des énergies fossiles importées dans la consommation du pays (60 % en 2023) pour atteindre 60 % d’énergie bas-carbone en 2030. La PPE3 fixe ainsi un objectif ambitieux de 328 à 421 TWh de chaleur renouvelable et de récupération à horizon 2035 (par rapport à 172 TWh en 2022). Elle vise également à atteindre 68 à 90 TWh de chaleur distribuée via les réseaux de chaleur à cet horizon, dont 80 % de chaleur renouvelable et de récupération – par rapport à 26 TWh dont 64 % de chaleur renouvelable et de récupération en 2022. 

Opéré par l’ADEME depuis 2009, le Fonds Chaleur contribue pleinement à la croissance d’une production de chaleur renouvelable et de récupération souveraine, en complément d’efforts significatifs en matière d’efficacité et de sobriété énergétiques. Les aides Fonds Chaleur attribuées en 2025 pour alimenter habitat collectif, entreprises et collectivités permettront la construction de 643 km de réseaux de distribution de chaleur et de plus de 1 200 nouvelles installations produisant 3,5 TWh par an de chaleur renouvelable et de récupération.

La France dispose de nombreuses ressources locales, renouvelables et de récupération, d’un savoir-faire industriel et de soutiens publics. Le déploiement des projets aidés par le Fonds Chaleur concourt, de façon particulièrement efficiente pour les finances publiques, à la décarbonation de l’économie et à la souveraineté énergétique du pays ; c’est dans cet objectif que l’État a conforté le budget du Fonds chaleur à 800 M€ en 2026.

 

 

 

La part des pompes à chaleur dans les financements du Fonds Chaleur est très réduite et concentrée sur les pac de grande puissance. © ADEME / PP

 

 

Plus de 11 000 installations accompagnées

 

11 200 installations d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R)

Depuis 17 ans, le Fonds chaleur a permis d’aider environ 11 200 installations d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R), dont 5 200 km de réseaux de distribution grâce à 5,9 milliards d’euros d’aides, ayant généré près de 18 milliards d’euros d’investissements. Cela représente près de 52,5 TWh/an de production additionnelle d’EnR&R, équivalent de la consommation de chaleur d’environ 5 millions de logements, et environ 2,6 Md€/an d’économie sur la balance commerciale, en comparaison du gaz qu’il aurait fallu importer pour produire cette chaleur en l’absence de ces projets.

De plus, les programmes France Relance, France 2030 et Fonds Planification Écologique ont permis d’accompagner la production de chaleur à partir de biomasse pour la cible industrielle à hauteur de 8,7 TWh/an, en particulier via :

– les appels à projets BCIAT (Biomasse chaleur pour l'industrie, l'agriculture et le tertiaire : accompagner les projets de production de chaleur de plus de 12GWh/an via une chaudière ou un générateur à air chaud et à partir de biomasse) (l’appel à projet est clos) ;

– Et BCIB (Biomasse Chaleur pour l’Industrie du Bois : accompagne les industries du bois dans le développement de solutions de séchage performantes, favorisant l’autonomie énergétique et la réduction des énergies fossiles). Les projets prioritaires concernent le séchage du bois matériau et l’optimisation des installations biomasse, l’appel à projets sera clos le 30 avril 2026 à minuit).

 

 

Un budget conséquent

Le bilan total de l’ensemble de ces dispositifs conduit à une production thermique additionnelle de 61,2 TWh/an.  En 2025, le budget du Fonds Chaleur s’élevait à 801 M€. La totalité de ce budget a été engagée. Avec une efficacité moyenne de 51,5€ d’aide par tonne de CO2 économisée, c’est l’un des outils les plus efficaces pour décarboner l’économie et réduire les importations de gaz.

Ce programme a accompagné près de 1 200 installations en 2025, couvrant un besoin de chaleur équivalent à la consommation de chauffage d’environ 200 000 logements. Ce nombre important d’installations reflète la montée en puissance des Contrats Chaleur Renouvelable accompagnant de nombreux projets de moindre taille, avec en 2025 une forte croissance des projets de géothermie. Le Contrat Chaleur Renouvelable, destiné aux entreprises, associations et collectivités territoriales se présente sous la forme d’un contrat unique permettant de financer un groupe de projets qui, pris singulièrement, peuvent ne pas être éligibles au Fonds Chaleur. Ce contrat permet de déposer une seule candidature pour un ensemble de projets, toutes filières EnR&R thermiques confondues et à différentes phases : de l’étude du potentiel au suivi de l’installation. Il revêt deux formes  : le Contrat Chaleur Renouvelable patrimonial, d’une durée maximale de six ans, proposant des aides financières sur les études et les investissements pour développer des projets EnR&R thermiques sur un patrimoine, et le Contrat Chaleur Renouvelable territorial, d’une durée de quatre ans, permettant de développer des projets d’EnR&R thermiques sur un territoire via des aides à l’investissement et aux études. Il permet également de bénéficier d’une aide à l’animation territoriale destinée à faire émerger les projets et à accompagner les porteurs de projets.

 

 

 

Chaque euro investi en géothermie profonde et de surface par le Fonds Chaleur génère 3,3 € d’investissement total. En surface, une installation de géothermie profonde de grande puissance est particulièrement discrète. © PP

 

 

Fort développement de la géothermie

Cette année encore, le Fonds Chaleur a majoritairement subventionné des investissements – 727 M€ d’aide à l’investissement, générant plus de 2,4 Md€ de dépenses dans des installations EnR&R, soit un effet de levier de 3,3 – et financé dans une moindre mesure d’autres dispositifs d’accompagnement – études, animation des contrats chaleur renouvelable territoriaux, fonds de garantie géothermie, prêts bonifiés aux logements sociaux proposés par la banque des territoires, etc. –, nécessaires pour faire émerger des projets de qualité dans les territoires.

Concernant les aides à l’investissement, les réseaux de distribution de chaleur, maillon essentiel du développement de la chaleur renouvelable et de récupération, représentent l’un des premiers postes du budget avec 298 M€ d’aides, ayant permis de financer 643 km de réseaux. Les chaufferies biomasse ont représenté 155 M€ d’aides, la géothermie de surface et profonde 85 M€, et les équipements de récupération de chaleur fatale 21 M€. Pour le solaire thermique et les équipements de valorisation du biogaz par injection au réseau, respectivement 10,6 M€ et 8,1 M€ ont été engagés.

 

 

 

Les chaufferies biomasse ont reçu 155 M€ d’aides du Fonds Chaleur en 2025. © PP

 

Au moment où le budget de l’ADEME et son existence même sont remis en cause par des mouvements politiques, le succès du Fonds Chaleur qu’elle gère depuis sa création et la nouvelle crise énergétique que nous traversons militent en la faveur du confortement de l’ADEME et de son action.

 



Source : batirama.com / Pascal Poggi / © PP

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
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