Saftair, spécialiste du désenfumage et de la ventilation des cuisines professionnelles

Florent Nothias à gauche, responsable technique et qualité, Ludovic Dournel, directeur commercial, devant l'entrée de l'usine Saftair

Saftair, l’un des leaders du désenfumage en France et le principal fabricant de solutions de ventilation pour les cuisines professionnelles, a déposé trois brevets au cours des trois dernières années.



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L’usine Saftair Ventilation est installée à en Normandie à Torcy-le-Petit, près de Dieppe (76). Nous l’avons visitée le 15 avril, en compagnie de Ludovic Dournel, le directeur commercial, et de Florent Nothias, le responsable technique et qualité. Sur un site de 21 600 m2, dont 8 800 m2 de locaux de production, 500 m2 de bureaux et 200 m2 de laboratoire R&D, l’usine fabrique 30 000 appareils de ventilation et de désenfumage par an et expédie 19 000 palettes/an.

Saftair a réalisé un chiffres d'affaires de 26,5 M€ en 2025 et emploie 100 personnes.

 

L’usine Saftair possède 4 camions et emploie 4 chauffeurs pour ses livraisons, mais fait aussi appel à des logisticiens. © Saftair

 

 

L’usine Saftair est installée depuis 1988 sur le site d’une ancienne filature construite en 1830. C’est ce qui explique la coexistence de bâtiments de briques et de nouveaux bâtiments. L’espace qui contient le stock de tôles a été construit en 2020. © PP

 

 

Cinq zones de production

L’usine Saftair de Torcy-le-Petit est organisée en cinq zones de production : la tôlerie, l’assemblage des hottes de ventilation pour cuisines, l’assemblage des tourelles de désenfumage et l’appareillage électrique.

Le désenfumage et la ventilation de cuisines professionnelles répondent à la même norme NF EN 1210-3, mais obéissent à des réglementations différentes. Dans une usine de caissons de ventilation et de désenfumage, tout commence par un atelier de tôlerie. Ici, l’usine consomme 1 630 t de métaux par an, avec 30 % de taux de chute, et fabrique toute la tôlerie nécessaire à se production. Elle utilise des tôles en acier galvanisé, en acier galvanisé prépeint, en aluminium et en acier inoxydable de 0,8 à 4 mm d’épaisseur. Le stock de tôle assure dix jours de production. Toutes les chutes sont valorisées. Une même pièce de tôlerie peut être montée dans 4 à 7 produits différents. Dans un produit fini, la tôlerie représente 30 à 80 % de la matière.

 

Saftair a investi dans des poinçonneuses TruPunch 3000, entièrement autonomes : chargement, usinage et déchargement. Elles sont pilotées par un logiciel intégré qui assure la conception des pièces, la FAO (Fabrication Assistée par Ordinateur) et la programmation des machines. © PP

 

 

 

Les poinçonneuses et plieuses Amada na sont pas autonomes. Installées depuis vingt ans environ, elles sont semi-autonomes : l’opérateur doit assurer le paramétrage pour le déroulement de la production. © PP

 

 

 

 

La machine VIPROS 368 Queen assure le travail sur les tôles les plus épaisses. Elles ne sont pas autonomes : l’opérateur doit les charger, les décharger et programme les tâches. © PP

 

 

10 % de sur-mesure

En ventilation de cuisines professionnelles, Saftair fabrique à la fois des hottes classiques, à induction ou bien particulièrement esthétiques pour les chefs cuisiniers adeptes des cuisines visibles depuis la salle du restaurant. L’usine en produit environ 4 500 par an avec une croissance de 13 % en 2025.

Elle fabrique aussi des plafonds filtrants, pour les cuisines dont les appareils sont montés au centre de l’espace et non adossés aux murs. Une partie des hottes et la totalité des plafonds filtrants sont conçus sur-mesure. Un plafond filtrant est une couverture du plafond avec un système en acier inoxydable qui contient des capteurs d’extraction et des bouches de soufflage d’air filtré. Saftair assure lui-même la pose des plafonds filtrants et emploie pour cela cinq poseurs pour la France, la Belgique et le Luxembourg. Par rapport à des hottes, un plafond filtrant offre des conditions de travail plus confortable avec des débits d’air à plus basse vitesse, pas de courant d’air, des lampes UV dans tous les extracteurs pour réduire les odeurs, … Par rapport à des hottes, comme toute la surface de cuisine est traitée, cela offre une grande liberté d’implantation et de réimplantation des appareils de cuisson. Pour un même nombre d’appareils, les débits d’air sont inférieurs à ceux d’un système de hottes : moins de consommation d’énergie. Il faut tout de même entretenir les filtres une fois par semaine.

Le sur-mesure représente environ 10 % du chiffre d’affaires.

 

 

La saisonnalité de l'activité

L’activité de la ventilation des cuisines professionnelles, un marché évalué à 60 M€ par an en France avec environ 800 à 1 000 cuisinistes spécialisés, selon Ludovic Dournel, le directeur commercial, connaît une saisonnalité : la demande est plus importante de mars à août pour deux raisons. Premièrement, tous les restaurants balnéaires se préparent avant la saison des vacances.

Deuxièmement, toutes les réfections de cuisines liées à des bâtiments scolaires ou de cuisines centralisées qui desservent des bâtiments scolaires, ont lieu durant l’été, durant les vacances, pour ne pas interrompre le service durant les périodes de cours et pour être à pied d’œuvre à la rentrée en septembre. Du coup, l’usine travaille 5 jours sur 7 en 2/8 toute l’année et en 3/8 si cela devient nécessaire pour livrer les commandes.

Le délai de fabrication moyen d’un système est de 3 à 5 jours pour des produits courants, mais peut monter à 10 jours pour des solutions sur-mesure. Parmi les sept personnes employées par le BE intégré, une personne se consacre aux produits sur-mesure et une autre ne traite que des plafonds filtrants. Le délai de chiffrage varie de 15 minutes pour le courant à une semaine pour les solutions complexes. Comme l’usine ne fabrique qu’à la commande, elle possède très peu de stock de produits finis.

 

L’atelier de tôlerie approvisionne le montage des produits. Tous les composants nécessaires à la fabrication d’un produit sont rassemblés sur un chariot rempli par le monteur. Les monteurs sont polyvalents et assurent l’assemblage de différents produits, mais toujours à partir de leur poste de travail. © PP

 

Côté désenfumage, Saftair fabrique des extracteurs 400 °C/2 heures, environ 3 000 par an et en moyenne 2,5 caissons vendus par jour. Les caissons traditionnels à transmission sont cannibalisés par les caissons à entraînement direct, plus récents et qui représentent déjà 1500 à 2000 ventes par an.

 

 

Saftair fabrique également ses propres coffrets de relayage, montés sur ses caissons de désenfumage. Lorsque quelque chose est monté sur un caisson de désenfumage, l’ensemble, ici caisson + coffret de relayage, doit être certifié en une seule fois. Lorsqu’un caisson ou une tourelle de désenfumage entre en fonctionnement, il n’est pas possible de l’arrêter. Ils sont équipés d’un boîtier d’arrêt, dont seuls les pompiers possèdent la clef pour stopper le désenfumage. © PP

 

 

Trois brevets déposés en trois ans

Le BE de l’usine, actif depuis un an, est chargé du développement, du prototypage et du test des nouvelles solutions. Saftair a déposé trois brevets en trois ans : pour le caisson R’Chef, le caisson Dof+A/R et la hotte à brumisation Otabrez.

Le caisson R’CHEF est proposé avec des débits d’extraction de 500 à 16 000 m3/h pour le désenfumage des cuisines professionnelles. Ce produit a été développé en tenant compte des défis actuels du secteur, notamment en termes d’encombrement et d’adaptabilité. Sa forme cubique et sa modularité optimisent l’espace et simplifient l’installation. Ses panneaux interchangeables offrent une flexibilité maximale pour une orientation sur mesure, assurant un ajustement parfait à l’installation existante.

Le caisson de désenfumage DOF+ A/R est certifié F400/120 (400 °C pendant deux heures) et répond aux contraintes réglementaires des Établissements Recevant du Public (ERP) et des Immeubles de Grande Hauteur. Il couvre une plage de débits de 800 à 110 000 m3/h avec une ou deux vitesses d’extraction. Les caissons de Saftair sont connectés en BACnet ou en Modbus.

 

La hotte Otabrez, commercialisée ce mois-ci, est destinée aux appareils de cuisson avec combustibles solides générant fumées et flammèches. Grâce à sa double rangée de filtres, son système de brumisation et son cantonnement dynamique, elle assure une sécurité optimale tout en maintenant une efficacité de captation élevée. Fabriquée en inox brossé et pensée pour faciliter l’entretien, elle répond aux exigences des environnements culinaires exigeants. Elle embarque une première rangée de filtres tuile inox avec bac récupérateur pour l’eau de brumisation et les suies et évacuation par purge bouchonnée inox 3/4’’ sous la hotte. Sa seconde rangée de filtres choc inox comporte un bac récupérateur pour les graisses et une évacuation par bouchon de purge interne à la hotte. © PP

 

 

Saftair appartient au groupe Airvance. Le Groupe Airvance est né en 2020 de l’acquisition par le Groupe France Air, une entreprise familiale fondée en 1960 par la famille Dolbeau, de la branche ventilation du britannique SIG Plc. Airvance a réalisé un Chiffre d’Affaires de 603 M€ en 2025, emploie 1931 personnes, possède 25 filiales et assure une présence dans 50 pays. Le groupe exploite notamment les marques Cairox, France Air, Saftair et Sufix. L’usine Saftair fabrique également des appareils pour les marques France Air et Cairox. © Airvance



Source : batirama.com / Pascal Poggi / © PP

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
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