Dans un contexte de crise durable de l’immobilier neuf, CDC Habitat confirme son rôle d’amortisseur du secteur. En 2025, la filiale de la Caisse des Dépôts a mobilisé 4,7 milliards d’euros afin de maintenir un niveau de production conséquent comme intensifier la rénovation de son parc. Une stratégie offensive, à la fois économique et environnementale.
Avec 20 091 logements livrés et 20 000 nouveaux chantiers lancés, CDC Habitat affiche des volumes de production importants. "Nous sommes à un très haut niveau, comparable aux meilleures années récentes", souligne Clément Lecuivre, président du directoire depuis mars.
Le groupe gère désormais 573 465 logements à fin 2025, malgré une politique active d’arbitrage comprenant la vente de plus de 6 400 biens et la démolition de 3 650 unités. Sur le plan financier, 3,95 milliards d’euros ont été injectés dans le développement de logements neufs, complétés par 750 millions d’euros dédiés à la rénovation. Des montants "historiquement hauts" traduisant la volonté de CDC Habitat de soutenir la filière dans une phase de ralentissement généralisé.
Au-delà des volumes, CDC Habitat accélère la transformation de son parc pour répondre aux enjeux climatiques. L’opérateur mise sur la réduction des émissions de carbone et l’adaptation des bâtiments aux effets du réchauffement. Une trajectoire alignée avec les orientations de l’État, notamment en matière d’électrification, portées par Sébastien Lecornu.
Concrètement, le groupe s’engage dans une sortie progressive du gaz : "nous cherchons à en réduire l’usage au maximum" précise Clément Lecuivre. Lorsque celui-ci reste nécessaire, notamment pour le chauffage ou l’eau chaude, CDC Habitat prévoit d’intégrer dès 2026 une part de 25 % de biogaz dans ses consommations.
Pour 2026, l’ambition est de maintenir ce niveau d’activité, malgré des incertitudes liées à l’évolution des taux d’intérêt comme aux tensions énergétiques internationales. Si une remontée des taux, notamment sur les financements indexés au Livret A, est envisagée, des niveaux proches de 2 % resteraient, selon le dirigeant, compatibles avec le modèle économique du logement social.