Soprema inaugure à Beaune une nouvelle usine de ouate de cellulose à base de glassine

La glassine en tas en attente de traitement dans la nouvelle usine Soprema. ©

Le papier recyclé est une matière première pour un nombre croissant d’usages. Seule Soprema sait fabriquer de la ouate de cellulose à partir de glassine, une ressource importante et à peine exploitée en Europe.



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Soprema fabrique de la ouate de cellulose pour l’isolation thermique depuis 2009 à partir de papier recyclé. Mais voilà, quantités d’industrie utilisent le papier recyclé comme matière première. Sentant monter une pression concurrentielle sur sa ressource, Soprema a cherché avec quelle autre matière la ouate de cellulose pouvait être fabriquée. Après plusieurs années de recherche, d’expérimentations et des dépôts de brevets, Soprema s’est fixée sur la glassine : le support des étiquettes autocollantes.

Les étiquettes autocollantes sont utilisées dans toutes les industries qui fabriquent des produits étiquetés : tous les liquides alimentaires en bouteilles, de l’eau jusqu’au cognac en passant par le vin et l’huile, tous les flacons de parfums et de divers liquides cosmétiques, les colis de la logistique, etc. Bref, la glassine est abondante et jusqu’à ce que Soprema dépose son brevet, on ne savait que la brûler ou l’enfouir. Ce qui coûte environ 250 €/tonne à ses utilisateurs.

 

Voici de gauche à droite les dirigeants de Soprema qui ont participé à la décision de construire l’usine de ouate de cellulose à base de glassine à Beaune : Jean-Pierre Paradzinski, le directeur prescription de Soprema France ; Christophe Bourgouin, le directeur CSI ouate de cellulose ; Pierre-Etienne Bindschedler, PDG du groupe Soprema ; Jonathan Hartmann, le directeur général de Soporema France ; Charles Bindschedler, le directeur adjoint de Soprema France ; Olivier Weymann, le directeur Stratégie et Performance environnementale Soprema et Georges Yazidjian, le directeur de l'usine de Beaune. Ils se tiennent devant les cartons que Sopraloop, filiale de collecte et de recyclage des déchets issus des chantiers et des industries, met à disposition chez ses 990 fournisseurs de glassine à travers l’Europe, pour collecter cette matière première. Soprema reçoit 4 000 à 4 500 cartons de glassine par mois. © PP

 

 

Une première usine en Gironde

Depuis 2009, Soprema a mis en route une usine de ouate de cellulose à Cestas en Gironde, produisant notamment sa ouate Cristal à base de glassine depuis 2022. L’entreprise a poursuivi ses recherches et fait évoluer la ouate de cellulose Cristal fin 2025 : il faut désormais 18 % de masse de Cristal en moins pour isoler les combles d’une maison individuelle et obtenir un R = 7 m2.K/W (m2 Kelvin par Watt) : soit 7 kg/m2 de ouate Cristal nouvelle version, contre 8,57 kg/m2 avec la version précédente UniverCell Cristal. Le λ de la ouate Crsital est en effet descendu à 0,04 W/(m.K). Il faut 600 mm d’épaisseur de ouate de cellulose Cristal pour obtenir un R = 12. Ce qui est une valeur d’isolation thermique très importante.

Selon Soprema et l’Union Nationale des Fabricants d’Étiquettes Adhésives (UNFEA), le volume de glassine produit annuellement atteint 550 000 t, dont 90 000 t en France, en croissance de 3 à 5 % par an : la ressource est abondante, peu utilisée et en croissance. Sachant que 1 kg de glassine produit 1 kg de ouate de cellulose Cristal, la ressource permettrait de de fabriquer 550 000 t d’isolant thermique par an. Selon Soprema, une tonne de glassine permet d’isoler deux combles de maisons individuelles en moyenne. Les 550 000 t de ressource annuelle permettraient donc d’isoler plus d’un million de combles de maisons individuelles chaque année.

Pour fixer les idées, la France compte un peu plus de 20 millions de maisons individuelles et 2025 Soprema a transformé seulement 10 000 t de glassine en ouate Cristal.

 

Une fois collectée, la glassine est livrée soit dans les cartons Sopraloop, soit en vrac, soit en ballots. © PP

 

 

 

 

Le premier travail est un tri manuel. Georges Yazidjian, directeur de l'usine de Beaune, expliquait qu’il leur est arrivé de trouver dans la glassine reçue, un poulet ou d’autres détritus qu’il faut éliminer avant la production de la ouate de cellulose. © PP

 

 

Une nouvelle usine à Beaune

L’usine de Cestas produit à la fois de la ouate de cellulose Cristal à base de glassine et de la ouate "grise" à base de papier recyclé, notamment parce que dans le bâtiment, les entreprises sont conservatrices et modifient lentement leurs habitudes. La nouvelle usine de Beaune, dont l’idée a germé il y a trois ans, est, pour l’instant, exclusivement vouée à la fabrication de la ouate Cristal à base de glassine. Les travaux de construction, une fois l’emplacement trouvé avec l’aides des collectivités territoriales avoisinantes, ont démarré en juillet 2024. La première production de ouate Cristal est intervenue en novembre 2025. L’usine de Beaune offre une surface utile de 14 700 m2, une capacité de production de 25 000 tonnes de ouate de cellulose Cristal par an et s’ajoute aux 137 unités de production du groupe Soprema déjà présentes partout dans le monde. Sa construction répond à plusieurs objectifs :

– assurer une meilleure couverture nationale en desservant le versant Est de la France, en complément de l’usine de production de ouate de cellulose de Cestas en Gironde qui dessert la façade Ouest ;

– Faciliter le sourcing de la matière première glassine, en capitalisant sur la proximité avec des entreprises de secteurs différents ; aujourd’hui, Soprema collecte de la glassine auprès de 990 fournisseurs dans dix pays différents ;

– Réduire l’empreinte carbone du Groupe en limitant le nombre de déplacements pour la production et la livraison aux clients des marchés français, d’Europe du Nord et de l’Est.

 

Sa capacité de production quotidienne permettra d’isoler 160 combles chaque jour. La nouvelle usine a nécessité un investissement global de 30 millions d’euros, financé à hauteur de 3,2 millions d’euros par le Gouvernement, dans le cadre du plan France 2030 opéré par l’ADEME.

 

Une fois triée, la glassine est versée au début du cycle de production de la ouate de cellulose Cristal. C’est le passage que nous n’avons pas vu, sans doute parce que c’est là que se trouvent les inventions de Soprema. Le bâtiment de l’usine mesure 160 m de long, dont 100 m de chaîne de production. © PP

 

 

Un bâtiment vitrine du savoir-faire de Soprema

Par ailleurs, le bâtiment de l’usine constitue une vitrine du savoir-faire de l’entreprise. Les lantereneaux Bluesteel Therm Fix de Blueteck, filiale de Soprema, fournissent un maximum d’éclairement naturel dans le bâtiment. Les lanterneaux de désenfumage Bluesteel Therm DV Pneu de Bluetek assurent sécurité et conformité à la réglementation incendie. Pour la toiture plate, l’étanchéité bicouche Soprafix HP et Sopalene Flam 180 Alu Blanc fournissent un effet cool roof et améliorent le confort intérieur. Le bac acier nervuré Soprastyle garantit la performance mécanique et la durabilité de la toiture. Les 1,23 MW de panneaux photovoltaïques sont fixés en totiture par la solution Fix Evo Tilt de Soprasolar qui appartient aussi à Soprema. L’étanchéité de la toiture est complétée par la solution bitumineuse bicouche Sopralene. Trois cuves en béton Kipopluie contribuent à la récupération des eaux pluviales et à la gestion raisonnée de l’eau sur le site. La toiture est végétalisée à l’aide de la solution Toundra Flore de Sopranature qui appartient à Soprema. Elle est associée à une étanchéité bicouche anti-racines Sopralene. L’isolation thermique intérieure biosourcée est en panneaux de ouate de cellulose Pavacell de 100 et 200 mm d’épaisseur. Enfin, les dispositifs de protection Rikksen – garde-corps, échelles à crinoline, passerelles de franchissement – assurent des déplacements sécurisés en toiture. Bref, pratiquement toutes les offres du groupe Soprema ont été utilisées pour la construction du bâtiment de l’usine de Beaune.

 

 

 

Voici la glassine transformée en ouate de cellulose Cristal. Elle est ensuite conditionnée dans des ballots de 12,7 kg.

 

Tous les jours, la production est soumise à divers tests : vérification du λ, du retard de feu, comportement au soufflage, etc. © PP

 

 

Les ballots de ouate Cristal sont ensuite placées sur palette avant expédition. L’usine utilise uniquement de l’électricité, pas de gaz ni d’eau : toute la fabrication s’effectue à sec. La ouate Cristal est composée à 90 % de ouate de cellulose à base de glassine et 10 % d’adjuvants : sel de bore en tant qu’agent anti-fongique et sulfate de magnésium contre le risque d’inflammation. © PP

 

 

Durant la fabrication de la ouate de cellulose, il faut éviter de briser ses fibres. Sinon, la FDES de la ouate Cristal indique une durée de vie en œuvre de 50 ans. Elle est parfaitement recyclable : au bout des 50 ans, elle est déposée, retraitée et remise en œuvre pour 50 autres années. La ouate de cellulose Cristal est utilisable pour remplir les coffres verticaux des parois de bâtiments à structure bois, béton ou acier et en épandage par soufflerie pour l’isolation des combles perdus. © PP



Source : batirama.com / Pascal Poggi / © PP

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
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