À Nîmes, le centre de congrès h2 fait la jonction entre le passé et le présent

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Projet majeur du maire Jean-Paul Fournier, le "Centre de Congrès h2" a nécessité deux ans de travaux. D'une surface de 8 500 m2, le bâtiment est en partie construit avec des matériaux recyclés.




Projet majeur du quatrième mandat du maire de la ville de Nîmes, Jean-Paul Fournier, le "Centre de Congrès h2" (conçu par l’agence danoise 3XN en collaboration avec Chabanne Architect) a nécessité deux ans de travaux avant d'être inauguré au début du mois de décembre 2025. Les pierres de Lens utilisées pour le revêtement de la façade proviennent de la carrière de Moulézan, à 20 km de Nîmes, celle qui servit également aux Romains pour édifier voici 2000 ans la Maison Carrée, temple romain inscrit depuis 2023 au patrimoine mondial de l'Unesco et, évidemment, monument emblématique de la ville.

Érigé dans un environnement de rues piétonnes, le nouvel espace de congrès devrait permettre, selon la municipalité, de positionner la ville "comme une destination-phare du tourisme d'affaires en Occitanie".

 

D'une surface de 8 500 m2, le bâtiment, en partie construit avec des matériaux recyclés, compte notamment un auditorium de 673 places et, prochainement, un restaurant offrant une vue panoramique sur les Arènes. © Ville Nîmes

 

Le coût de la construction, soit 59,6 millions d'euros, a été pris en charge par :

– la ville de Nîmes (31 millions) ;

– L'agglomération Nîmes-Métropole (10 millions) ;

– Le conseil départemental du Gard (6,5 millions)

– Le Conseil régional d'Occitanie (neuf millions) ;

– et enfin l'État (trois millions).

 

 

Porte de France, un quartier en pleine mutation

h2 impulse une dynamique à l'entièreté du quartier de la Porte de France, dans lequel il s'intègre, en créant un nouvel espace de vie puisqu'il refaçonne le quartier, dont 3 500 m2 ont été réaménagés en périmètre piétonnier, avec placettes végétalisées et zones ombragées. Le jardin archéologique qui fait face au h2 s’étend vers l’ouest jusqu’aux façades de l'Hôtel-Dieu, du Foyer Albaric à la chapelle Saint-Joseph. Un nouvel itinéraire paysager longe ces façades historiques, menant les visiteurs jusqu’à l’entrée du Centre des congrès.

 

Au-delà de sa fonction première, le centre des congrès de Nîmes a été pensé comme un véritable équipement public ouvert sur la ville. © Ville de Nîmes

 

Plusieurs chantiers ont également été réalisés autour de h2. Ainsi, vestige du rempart augustéen, la Porte de France a profité de travaux de restauration et de valorisation, conformément aux prescriptions de préservation du monument émises par la DRAC.

 

 

Ondulations

Les façades ondulantes du bâtiment ne sont pas un artifice esthétique mais la résultante directe des contraintes urbaines : respect des distances réglementaires, préservation des perspectives historiques et adaptation aux réglementations incendie. Elles sont nées de la nécessité d'écarter les façades afin de dégager l’espace autour de la chapelle Saint-Joseph et le long de la rue Ducros, et forgent l’identité unique du projet. 

 


 

 

Au cœur du projet, deux atriums généreux se font face de part et d’autre de la rue piétonne. Cet espace, appelé le "Kiss" par les architectes, correspond au point d’effleurement où les façades vitrées des deux bâtiments se courbent l’une vers l’autre au-dessus de la rue Jean-Reboul. Cette idée, d’un baiser architectural, imaginée par les cabinets Chabanne et 3XN, est renforcée par une passerelle en verre dessinant un "h" minuscule. D'où le nom du site. © Ville de Nîmes

 

 

Les ondulations sont nées de la nécessité de "repousser" les façades afin de dégager l'espace autour de la chapelle Saint-Joseph. © Ville de Nîmes

 

 

Les atriums sont desservis par des escaliers bleu denim, un clin d’œil à l’héritage textile de la ville, qui organisent naturellement les circulations vers les quatre grands pôles du programme : l’auditorium de 700 places, la galerie d’exposition ouverte vers le jardin archéologique, les 18 salles de réunion modulables à l’étage, et le restaurant dont la terrasse offrira une vue panoramique sur les Arènes de Nîmes. © Ville de Nîmes.

 

 

Un engagement environnemental exemplaire 

Dans une démarche de durabilité, h2 est certifié par les labels Bâtiment Durable Occitanie et BREEAM, témoignant d’une écoconception avancée. Le bâtiment privilégie l'usage de béton bas carbone, ainsi que les matériaux locaux et écologiques, tels que la pierre du Bois des Lens, déjà utilisée durant l’Antiquité pour la Maison Carrée. En sus, il a été fait recours aux matériaux recyclés (aluminium recyclé à 70 % pour les menuiseries), aux matériaux biosourcés (35 % des isolants sont en coton, chanvre et lin) et locaux. Quant à l’impact carbone des autres matériaux, il a tout de même été réduit de 30 % avec des bétons bas carbones et des aciers décarbonés.

h2 affiche des performances environnementales remarquables : 90 % des besoins de chauffage et de rafraîchissement sont assurés par la géothermie grâce à 20 sondes de 150 m, complétées par 375 m2 de panneaux photovoltaïques. Pour aller plus loin dans la démarche de cohérence environnementale, la production des panneaux photovoltaïques sera autoconsommée afin de couvrir une partie des besoins électriques du site (éclairage, ventilation, scénographie, PAC). Le surplus sera réinjecté (et revendu) au réseau.

h2 intègre également des toitures végétalisées avec 15 cm de substrat et une palette végétale variée et adaptée au climat pour améliorer la biodiversité. La ressource en eau sera préservée avec la mise en place de deux cuves de récupération des eaux pluviales pour l’alimentation des chasses d’eau, des sanitaires et l’arrosage.

 

La pierre de Lens est extraite de la carrière de Moulézan, à 20km de Nîmes, et fut utilisée par les Romains pour édifier la mythique Maison Carrée il y a 2 000 ans. © Arènes de Nîmes

 

 


Source : batirama.com / Laure Pophillat / © Ville de Nîmes

 

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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