Blocs porteurs ou blocs de coffrage ?

Blocs porteurs ou blocs de coffrage ?

Blocs en béton allégé, bois-ciment, pierre ponce, ardoise expansée, porteurs ou coffrages perdus isolés… la maçonnerie traditionnelle reste dans la course.






 

Qui ne connaît pas le parpaing en béton normalisé, creux et mesurant 20 x 20 x 50cm? Des millions de bâtiments ont été construits en France à l’aide de ces produits. Aujourd’hui, on parle plutôt de bloc béton. Par ailleurs, les fabricants ont réagi face à la demande croissante de performance énergétique, de réduction des nuisances de chantiers et de raccourcissement des temps de pose.

 

Ils proposent aujourd’hui de nouveaux blocs variés : blocs béton allégés,  blocs béton isolants en raison de la résistance thermique élevée de leur matériau ou grâce à une isolation thermique incorporée, blocs bois-ciment, blocs en béton de chanvre, etc.

 

Dans tous les cas, il s’agit d’accroître la performance thermique, de réduire le poids, de minimiser l’empreinte environnementale et, avant tout, de mettre entre les mains des entreprises de maçonnerie traditionnelle des composants qui leur permettent durablement de répondre aux nouvelles exigences réglementaires jusqu’à la future RT2020 et ses bâtiment à énergie positive.

 

Eléments porteurs ou coffrage isolant. Deux grandes tendances se dégagent : les blocs porteurs dont la forme et la pose ont profondément changé, les blocs de coffrage qui apportent la performance énergétique et accélèrent considérablement les chantiers.

 

Dans les blocs porteurs, les granulats traditionnels sont remplacés par des matériaux légers, thermiquement isolants, améliorant parfois la performance acoustique. Alkern a choisi la pierre ponce, Easytherm préfère l’ardoise expansée…

 

Dans les produits les plus récents, les alvéoles sont remplies d’isolant thermique – PSE ou laine de roche – pour améliorer la performance thermique. Les blocs coffrage sont le plus souvent en béton-bois ou béton-chanvre. Sans rôle structurel, leur mission concerne plutôt l’amélioration de l’isolation thermique. Leur formes permettent un assemblage rapide sur chantier, l’ajout du ferraillage et le coulage du béton.

 

 

Etanchéité à l’air des parois maçonnées enduites

 

A la demande de l’UMGO-FFB, du Cerib et du CTMN, le laboratoire Ginger CEBTP a mené une campagne d’essai d’étanchéité à l’air sur des murs en bloc béton enduits, représentatifs des chantiers actuels : avec joints minces ou joints épais, avec joints verticaux comblés ou non.

 

Les résultats montrent qu’une paroi maçonnée enduite sur une face est étanche à l’air, indépendamment du type de joint (épais ou mince) et du remplissage ou non des joints verticaux. Par ailleurs, la part de l’ensemble des parois maçonnées enduites dans la perméabilité à l’air totale d’une maison RT2012 est inférieure à 1%.

 

 

Marquage CE / Certification NF Blocs / FDES

 

 

©Jasto

 

Depuis juillet 2013, le choix des caractéristiques pour le marquage CE est laissé aux fabricants. La certification volontaire qui débouche sur la Marque NF Blocs, au contraire, fixe les valeurs certifiées et impose des valeurs minimales. Des FDES (Fiches de Déclaration Environnementales et Sanitaires), établies par tierce partie, sont disponibles pour les blocs bétons.

 

 

Crédit photo d’ouverture : ©Rohbau





Solution 1 : La maison en bloc coffrage bois-ciment

 

 

©BBC Construction

 

Assembler, ferrailler, couler, l’emploi de blocs coffrage bois-ciment pré-isolés garantit rapidité de construction, efficacité thermique et confort d’été.

 

Le principe de mise en œuvre est extrêmement simple, mais requiert un travail très soigné. A partir d’une dalle bien plane, on monte à sec, sans colle, plusieurs rangs de bloc de coffrage, de manière à atteindre le niveau des futures fenêtres, soit 4 à 5 rangs en moyenne.

 

On pose en même temps le ferraillage vertical et longitudinal nécessaire. Puis on coule le béton. Après séchage, on renouvelle la séquence jusqu’au support de la dalle de l’étage. Les blocs comportent un système de positionnement horizontal et vertical qui guide le placement. Ils peuvent être montés à joints verticaux décalés ou superposés. Selon les marques, les blocs bois-ciment isolés sont en classe énergétique A ou B.

 

Sans isolation complémentaire, le R du mur peut atteindre près de 7, selon le type d’isolant (PSE, PSE graphité, laine de roche, PU) monté dans le bloc coffrage bois-ciment. L’isolation se trouve côté extérieur. Le procédé fournit donc une inertie thermique importante grâce au voile béton.

 

Ce qui contribue au confort d’été. D’un point de vue acoustique, le bloc bois-ciment a commencé sa carrière dans la réalisation de murs antibruit. Selon les marques des modèles, l’affaiblissement acoustique peut dépasser 61 dB(A).

 

Intérêt :

rapidité d’exécution, performances thermiques et acoustiques.

Limite :

La quantité de béton livrée sur chantier est importante. Il faut vérifier la qualité à chaque livraison.





Solution 2 : Les murs extérieurs maçonnés avec R = 7

 

 

©Alkern

 

Les blocs béton-pierre ponce pré-isolés structurels se posent selon le DTU 20.1 (version 2008) avec une colle en joint mince au lieu de mortier classique.

 

Construire une maison en bloc bétons structurels requiert un outillage, léger, mais nouveau :

  • un malaxeur à mortier car le mortier est livré prêt-à-l’emploi dans des sacs de 15 à 25 kg ;
  • deux seaux gradués pour le mélange de la colle ;
  • un rouleau applicateur ;
  • une scie sur table, fonctionnant en 220 V, il lui faut une alimentation de 3 kW de puissance au moins ;
  • une spatule crantée ;
  • des platines spécifiques aux dimensions du bloc utilisé,

puis tous les outils habituels du maçon : équipements de sécurité (gants, lunettes, masque à poussière, casque antibruit), fil à plomb, niveau laser, langue de chat, truelle, maillet en caoutchouc, balayette, cordeau, etc.

 

Le point clef est la pose du premier rang. A l’aide d’un niveau laser, on identifie le point le plus haut de la dalle et, à l’aide des platines, on place des repères de l’horizontalité autour de ce point le plus haut.

 

On réa­lise l’arase au mortier dosé à 350 kg de ciment/m3. S’il existe un risque de remontées capillaires, deux solutions existent :

  • hors des zones sismiques, on intègre une coupure de capillarité avec une bande bitumeuse interposée entre deux couches de mortier,
  • intégrer un composant hydrofuge au mortier.

La pose du premier rang commence par un bloc d’angle. Son niveau est ajusté à l’aide du maillet en caoutchouc. Avant de poser le second bloc, on encolle sa surface latérale. Les blocs ont un sens : la face dont les parois sont les plus larges est placée sur le dessus. Ensuite, le processus se renouvelle, de manière traditionnelle, conforme au DTU 20.1.

 

Les blocs de pierre ponce isolants, comme le Bloc Climat d’Alkern, par exemple, affichent un R de 2,5 m².K/W. Avec l’ajout de 120 mm d’isolant intérieur ou extérieur, le R du mur atteint 7. Ce qui suffit pour satisfaire les exigences de la RT 2012. Les fabricants fournissent tous les blocs spécifiques nécessaires : planelle isolée ou rupteur de pont thermique pour le traitement des ponts thermiques horizontaux des plancher intermédiaires, des coffres de volets roulants et des ponts thermiques verticaux des murs de refend…

 

Intérêt :

performance thermique élevée avec une pose traditionnelle

Limite :

tout le chantier doit être réalisé sans approximation, avec un très grand soin.

 



Source : batirama.com / Pascal Poggi

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