Au S1 2025, tous les jours, 170 chefs d'entreprise ont perdu leur emploi

Au S1 2025, tous les jours, 170 chefs d'entreprise ont perdu leur emploi. © Freepik

L’association GSC et la société Altares dévoilent les résultats de leur Observatoire de l’emploi des entrepreneurs : le secteur de la construction, toujours en grande difficulté, tend toutefois à se stabiliser.




L’association GSC et la société Altares dévoilent les résultats de leur Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. Cette nouvelle édition révèle que 31 260 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi au 1e semestre 2025, un chiffre toujours très élevé mais qui reflète toutefois une augmentation plus modérée (+ 4,3 %) par rapport au S1 2024. Les chiffres demeurent néanmoins éloquents :

– au S1 2025, plus de 170 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi chaque jour ;

– Les dirigeants expérimentés, à la tête d’une entreprise de plus de dix ans en moyenne, sont impactés ;

– Le secteur de la construction (comme celui du commerce) se trouve toujours en grande difficulté mais tend à se stabiliser.

 

 

 

Un tissu entrepreneurial sous tension

Depuis plus de 45 ans, l'associationGSC, administrée par le Medef, la CPME et l’U2P qui l’ont conçue, est la réponse élaborée par les organisations patronales face au besoin de protection chômage des chefs d’entreprise et indépendants. Elle veille aux intérêts des dirigeants affiliés au régime, dont la gestion a été confiée à Groupama - GAN Assurances.

Quant à Altares, c'est un créateur de solutions de pilotage et d’indicateurs de la santé économique et extra-financière des entreprises et des organismes publics. Altares s’appuie sur une base de données mondiale de plus de 600 millions d’entités légales (dont 11 millions en France) pour aider les acteurs économiques à se développer durablement, en intégrant, entre autres, les enjeux essentiels de conformité et de RSE.

Selon Hervé Kermarrec, le président de l’association GSC, il n'y a pas encore de quoi se réjouir : "si les pertes d’emploi des dirigeants semblent ralentir au premier semestre 2025, elles se maintiennent à des niveaux préoccupants, révélateurs d’un tissu entrepreneurial toujours sous tensions. Ces derniers mois ont été particulièrement instables avec une croissance faible, un climat des affaires dégradé et des incertitudes commerciales persistantes. Les chefs d’entreprise évoluent dans un environnement de plus en plus contraint. [...]. Le second semestre s’annonce encore complexe et les arbitrages budgétaires de l’État seront déterminants." Un état des lieux qu'approuve Thierry Millon, le directeur des études Altares, qui révèle que "le premier semestre 2025 a confirmé nos inquiétudes exprimées en début d'année avec un nombre historique de liquidations judiciaires et donc un niveau très élevé de pertes d'emploi de dirigeants. Cette situation de risque pèse lourdement sur les épaules des entrepreneurs amenés à devoir faire sans cesse des arbitrages professionnels et personnels parfois douloureux pour maintenir leur activité. [...]. Si quelques timides signaux permettent d'envisager une faible amélioration au second semestre 2025, celle-ci devrait être encore insuffisante pour inverser sensiblement la tendance sur la perte d’emplois."

 

 

 

Les chefs d’entreprise de PME particulièrement touchés

Au 1er semestre 2025, les entrepreneurs à la tête de petites structures de moins de cinq salariés restent les plus touchés, représentant plus de huit pertes d’emploi sur dix (26 313 entrepreneurs). Le phénomène hélas s’amplifie pour les patrons de TPE (de 6 à 9 salariés), où la progression des situations de "chômage" atteint 17,2 %, malgré un volume plus faible (1 947).

Ce sont les dirigeants d’entreprises de plus de 50 salariés qui résistent le mieux, avec une baisse de 2,4 %. Toutefois, la tendance s’accentue pour les dirigeants de structures réalisant au moins 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une hausse des pertes d’emploi quatre fois supérieure la moyenne. "Les entrepreneurs subissent de plein fouet les effets de la conjoncture et peinent à générer suffisamment de revenus pour honorer leurs dettes", explique Hervé Kermarrec, rappelant qu'au premier semestre 2025, "celles et ceux qui avaient perdu leur activité dirigeaient une entreprise créée, en moyenne, il y a 10 ans !"

Les gérants de SAS forment à eux seuls près de la moitié des pertes d’emploi (14 388 entrepreneurs), en hausse de 8,7 % par rapport au premier semestre 2024. Les entrepreneurs de SARL, bien qu’épargnés au S1 2025 (- 2 %), continuent de représenter une part importante des pertes d’activité (12 023). 

 

 


Les seniors toujours très exposés

L'âge médian des entrepreneurs touchés s’établit à 46 ans. La tranche d’âge des 41 à 50 ans pèse pour près d’un tiers des pertes d’emploi (8 448). Mais ce sont les plus de 60 ans qui enregistrent la plus forte progression : 4 229 pertes d’emploi (+ 20,9 %), soit cinq fois plus importante que la moyenne.

Les jeunes entrepreneurs de moins de 26 ans sont les plus épargnés ce semestre, avec un recul des pertes d’activité de 8,2 %.

 

 

 

Le secteur de la construction impacté

Acteur majeur de l’économie, le secteur de la construction reste sous tension. Bien que les pertes d’emploi se stabilisent, 7 745 entrepreneurs ont été impactés (+ 1 %). Le secteur représente encore plus d’un quart des cessations d’activité avec, parmi les activités les plus touchées, les travaux de maçonnerie générale et le gros œuvre de bâtiment (1 645).. L’immobilier montre toutefois des signes de résistance après plusieurs années difficiles.

D'autres secteurs demeurent en difficultés, comme celui du commerce, de l'’hébergement, restauration, débit de boisson ou encore celui de l’information et de la communication. © Observatoire de l’emploi des entrepreneurs

 

 

 

Une disparité géographique 

L’Île-de-France est l’un des territoires les plus impactés, concentrant près d’un quart des pertes d’emploi au S1 2025 : 7 507 chefs d’entreprise se sont retrouvés en situation de "chômage", soit une hausse de 4 % sur un an.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la tendance demeure dégradée, avec 3 623 pertes d’activité, soit une augmentation de 4,9 % par rapport au S1 2024. Bien que les tensions semblent se résorber à l’échelle régionale, elles restent marquées dans le Rhône.

En Nouvelle-Aquitaine, 2 754 femmes et hommes sont concernés, soit une hausse de 18 %. Les secteurs du bâtiment, de l’hébergement, restauration et débits de boisson, et de l’industrie sont particulièrement à la peine dans cette région.

Les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et la Normandie subissent également une hausse supérieure à la moyenne nationale et c'est la Bretagne qui enregistre le taux le plus bas (+ 0,7 % ; 1 084). Enfin, dans trois régions, les pertes d’emploi des chefs d’entreprise ont légèrement reculé : Bourgogne-Franche-Comté (- 1,4 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (- 0,8 %) et Grand Est (- 0,2 %). 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les données sont issues de l’analyse des entreprises, hors sociétés civiles et associations, placées directement, par conversion ou par résolution du plan en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce ou Judiciaire. Ne sont pas intégrées les procédures de fermeture ou dissolution à l’amiable de même que les révocations des mandataires sociaux. © Observatoire de l’emploi des entrepreneurs

 



Source : batirama.com / Laure Pophillat / © Freepik

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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