Y a-t-il quelqu'un pour sauver l'iconique Fort Boyard ?

Le CD de Charente-Maritime a voté une autorisation atteignant 44 millions d'euros afin de sauver le Fort Boyard. © Xavier Léoty / SO

Bâti comme ouvrage militaire, puis transformé en prison, le Fort Boyard fut rendu à l'océan, aux vagues et à l'oubli avant qu'un jeu télévisé ne le rende iconique. Aujourd'hui, il a besoin d'être sauvé.




Bâti comme ouvrage militaire, rapidement devenu inutile, puis transformé en prison, le Fort Boyard fut ensuite rendu à l'océan, aux vagues et à l'oubli avant qu'un célèbre jeu télévisé ne le rende iconique. Aujourd'hui, il a besoin d'être sauvé.

 

 

Un "Fort de l'inutile" devenu mythique

Bâti entre 1803 et 1857 en tant qu'ouvrage militaire (édifié afin de protéger la rade, l'embouchure de la Charente, le port et surtout le grand arsenal de Rochefort des assauts de la Marine anglaise), puis rapidement devenu inutile (d'où son surnom local de "Fort de l'inutile"), car les progrès techniques en matière d’armement l'avait rendu obsolète, ensuite transformé en prison (dont les cellules inspirèrent une fameuse énigme du Père Fouras  : "À l’origine de tout être vivant, celles du fort vous réservent bien des tournants"), le Fort boyard fut alors rendu à l'océan, aux vagues et à l'oubli avant qu'un célèbre jeu télévisé ne le rende iconique.

 

L'emblématique fortification, de 68 mètres sur 31, ancrée dans l'océan Atlantique sur un haut-fond formé d'un banc de sable appelé la "longe de Boyard" se découvrant à marée basse, entre l'île d'Oléron et l'île d'Aix, est inscrit aux monuments historiques. © DR UTL

 

 

Racheté en 1988 par Jacques Antoine, producteur de jeux télévisés, le Fort Boyard fut cédé l'année suivante au département de Charente-Maritime pour un franc symbolique, à charge pour ce dernier d'en assurer l'entretien.

Durant des décennies, l'émission "Fort Boyard", lancée en 1990, lui offre l'immortalité, avec plus de 1 500 épidodes tournés dans le Fort, pour un jeu télévisé diffusé dans une quarantaine de pays. Toute l'année, des sorties en mer emmènent des milliers de personnes l'approcher (uniquement par bateau ou alors hélicoptère) afin de le mirer et l'admirer, c'est la rançon du succès.

 

Chaque été depuis 33 ans, l'antique Fort Boyard est réveillé pour les besoins du jeu télévisé. © France 2

 

 

Toutefois, en proie aux aléas climatiques, le Fort Boyard doit s'assurer un lifting à 44 millions d'euros d'ici 2028, comme l'a annoncé ce vendredi 19 avril le département de Charente-Maritime, qui lance une concertation publique, s'il veut continuer encore longtemps à affronter les éléments : "Les études [...] concluent à la ruine inéluctable du Fort Boyard si des ouvrages destinés à assurer sa protection vis-à-vis des courants et de la houle ne sont pas construits". Bref : des travaux ou la ruine !

 

 


Des travaux à 44 millions d'euros

Les travaux, envisagés de 2025 à fin 2027-début 2028, consisteront à rebâtir certains ouvrages protecteurs existants dans le passé, avec un béton reprenant l'aspect du granit originel, dont :

– un éperon à l'avant de l'édifice,

– une risberme (un talus de protection aménagé à la base d'un pont, d'une jetée, voire d'un ouvrage hydraulique),

– Un havre d'accostage, etc.

 

Le budget prévisionnel tutoie les 36 millions d'euros hors taxes, sachant que le conseil départemental de Charente-Maritime a voté une autorisation atteignant 44 millions d'euros. Les travaux seront confiés à un groupement coordonné par ETPO (Spie Batignolles).

En attendant, des demandes de subventions "sont en cours" auprès de l'État, de la région Nouvelle-Aquitaine et de l'Union européenne. En sus, un appel aux mécènes sera lancé à l'automne 2024, tandis que la collectivité a présenté sa concertation publique, intitulée "Sauvons le Fort Boyard", avec des registres ouverts au public de mai à septembre, accompagnée d'une exposition pédagogique.

Sylvie Marcilly, la présidente du département de Charente-Maritime, précise dans une vidéo diffusée par la collectivité qu'à l'issue du chantier, le Fort Boyard devrait "devenir accessible" au public.



Source : batirama.com / Laure Pophillat

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Laure Pophillat est rédactrice web polyvalente depuis plusieurs années. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent ! Pour Bâtirama, elle rédige avec bonheur sur un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière BTP (actualités, conjoncture, réformes, innovations, etc.). Elle apprécie notamment réaliser des portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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