L'approche EnergieSprong garantit une rénovation "zéro énergie"

Une maison en Bretagne après rénovation au standard EnergieSprong

Au moment où le gouvernement veut réaliser 200.000 rénovations d'ampleur, quelles sont les techniques de rénovation qui garantissent une performance importante ? La méthode européenne EnergieSprong en est une.




Le gouvernement veut accélérer la "rénovation d’ampleur", définie comme le saut d’au moins deux classes de performance énergétique du DPE. La démarche européenne EnergieSprong fait beaucoup mieux et garantit l’atteinte d’une consommation d’énergie nulle. Lancée initialement en logement, la démarche EnergieSprong a été étendue aux bâtiments d’enseignement. Une rénovation EnergieSprong doit atteindre le niveau zéro énergie, tous usages confondus et garanti 30 ans.

 

EnergieSprong est né en 2012

 

Lancée aux Pays-Bas en 2012, importée en France en 2017 par Greenflex, la démarche EnergieSprong (saut énergétique) vise à massifier la rénovation énergétique des logements en réduisant les coûts grâce à l’industrialisation du processus et vise une consommation d’énergie nulle après rénovation grâce à un changement de paradigme. La démarche EnergieSprong repose sur la préfabrication et l’industrialisation de la rénovation.

 

Trois cahiers des charges, orientés vers les objectifs – zéro énergie – plutôt que vers les moyens sont proposés aux maîtres d’ouvrage. Ils sont identiques d’opération en opération, permettent de réutiliser les enseignements acquis, de les diffuser largement et ils sont librement téléchargeables :

 

 

Aujourd’hui en France, la rénovation de plus de 6.400 logements est engagée ou achevée, dont 924 logements individuels. La rénovation de 12 bâtiments d’enseignement est engagée, une école est déjà livrée.

 

Une rénovation zéro énergie

 

La démarche EnergieSprong dépasse largement les objectifs de la rénovation d’ampleur et vise la rénovation zéro énergie. Elle s’adresse aux propriétaires de bâtiments relativement importants.

 

En maisons individuelles, la plus petite rénovation engagée selon la méthode EnergieSprong porte sur quatre pavillons à Ossé- Châteaugiron en Ille-et-Vilaine, trois T3 et un T2, datant de 1993. Le bailleur social Neotoa a choisi la démarche EnergieSprong. Les travaux se sont déroulés de janvier 2019 à mars 2019. Cette rénovation s’est déroulée en marché public global de performance pour la conception, la réalisation, l’exploitation et la maintenance. Sogéa était mandataire du groupement qui comprenait aussi Quinze architecture, le BET elogia (études STD), le BET Hinoki thermique et environnement pour le dimensionnement le respect du but énergie nulle lors de la conception, de Sylvestre Energies pour l’installation PV et euroénergie pour la maintenance. ©EnergieSprong

 

 

Dans cette plus petite opération en logements individuels, le bailleur et les locataires se sont partagé les économies en euros post-rénovation. La facture énergétique a baissé de plus de 1000 € par an : le loyer a augmenté de 400 €/an et les locataires réalisent une économie totale de plus de 500 €/an. 265 m² de façade ont été isolés, 20 menuiseries remplacée, grâce à des panneaux à ossature bois préfabriqués avec 180 mm de laine de bois (R = 4,7) et un bardage extérieur en acier ondulé. Les menuiseries extérieures en aluminium et portant du double vitrage et les volets roulants motorisés ont été intégrées en usine aux panneaux à ossature bois. La porte d’entrée a été changée. 270 m² de toiture ont été isolés après dépose de la couverture amiantée. Un bac acier a été posé sur la charpente existante, l’isolant existant a été conservé et complétée par 400 mm de ouate de cellulose (R = 8).

 

Pour la production photovoltaïque, 20 modules PV dde 300 Wc ont été installés par logement, orientés sud et est, soit 6 kWc par logement, pour une production prévue de 5.662 kWh à l’est et 6.656 kWh au sud. Le chauffage est désormais assuré par une pompe à chaleur Nilan S triple service chauffage-rafraîchissement-production d’ECS, dont le module principal est installé à l’extérieur.

 

Mutualiser, mutualiser

 

Pour réduire les coûts, EnergieSprong incite les maîtres d’ouvrage à se rassembler pour passer des marchés de travaux importants. En Pays de la Loire, 14 maîtres d’ouvrage HLM se sont laissés convaincre et ont créé MASH, une centrale d’achat nommée Mutualisation d’Achat au Service de l’Habitat.

 

MASH donne des résultats, notamment avec la rénovation de la résidence George Gauthier par Sarthe Habitat. Il s’agit d’une tour de 11 étages, située au centre du Mans, comprenant 251 logements au total. Avec l’aide d’un financement de 1.255.000 € du département de la Sarthe, cette rénovation va ajouter une façade à ossature bois à la façade existante et diminuer drastiquement les déperditions thermiques.

 

Les travaux de rénovation de la résidence Georges Gauthier ont commencé fin mai 2023. Sarthe Habitat vise à transformer cette tour en un bâtiment à zéro énergie, offrant ainsi un meilleur confort aux résidents, une protection durable contre la hausse des prix de l’énergie (bouclier énergétique) tout en réduisant radicalement son impact environnemental. Ce projet pilote contribuera à l’apprentissage et à la diffusion des bonnes pratiques en matière de rénovation énergétique très performante, tout en servant de modèle pour des futurs projets similaires. ©Département de la Sarthe

 

 

A l’autre bout du pays, EST Métropole Habitat a lancé la plus grande opération de rénovation EnergieSprong : 9 bâtiments construits de 1972 à 1978, 988 logements des résidences des Noirettes et de Grand Bois à Vaulx-en-Velin. Avant travaux, la consommation moyenne était de 215 kWhep/m².an. Après rénovation, elle a chuté à 90 kWhep/m².an. 42% des façades ont été rénovés par l’ajout d’une façade à ossature bois préfabriquée.

 

Première rénovation d’un bâtiment d’enseignement au standard EnergieSprong, l’école élémentaire Anne Godeau, située à Raismes, en Hauts-de-France, accueille 171 élèves. Elle été livrée en septembre 2023 après une rénovation EnergieSprong qui garantit zéro énergie pendant 20 ans. ©EnrgieSprong

 

Une autre méthode de rénovation, la rénovation passive Enerphit, donne également d'excellent résultats. Elle fera l'objet de notre prochain article.



Source : batirama.com / Pascal Poggi

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
5 Commentaires
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  • par john
  • 04/02/2024 22:10:54

bonour,, Il faudrait faire un mode d'emploi qu'il serait obligatoire de respecter notamment pour les locataires qui bouchent les entrées d'air sur fenêtres perturbant la VMC, et ils sont nombreux avec l'augmentation des énergies. Il faudrait l'équivalent du DPE mais pour les gens.

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  • par Popito
  • 01/02/2024 11:59:25

Bien dit archi, chaque projet est différent, la dans cette photo, je ne vois pas de perméance. Moi je l'applique depuis plus de 35 ans et aujord'hui, en neuf je fais tout en chaux/chanvre, zéro chauffage, zéro clim. Je n'ai plus besoin de carcans.

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bronze
  • par archi
  • 30/01/2024 11:41:21

Il faut se méfier des belles paroles. Chaque édifice étant différent, tous les procédés qui visent à « massifier » et à « industrialiser » des réponses spécifiques sont généralement des outils financiers qui ne visent parfois qu’à étrangler les prix. Il est essentiel de rappeler que toute opération nécessite une bonne maîtrise d’ouvrage (MOA), une bonne maîtrise d’œuvre (qui est réalisé par la MOA pour les opérations simples), de bonnes entreprises ET un bon dialogue entre ces intervenants, lesquels s’impliquent tout au long de processus uniques. Un ensemble d’édifices n’étant pas une palette de boîtes de petits pois, une centrale d’achat est certainement une mauvaise approche, qui vise à transformer le MOA en simple acheteur qui se réfugie derrière son cahier des charges.

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  • par Popito
  • 30/01/2024 09:40:30

La première exigence devrait être la perméance.

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  • par Birdy
  • 29/01/2024 18:14:23

Bonjour Pascal, Très intéressée par la démarche EnergieSprong depuis l'arrivée en France. Compte tenu de l'exigence de résultats du concept, je ne peut pas croire que les cahiers des charges (2021-2022) disponibles sur leur site puissent suffire..., q Fidèle de vos articles, je profite de ce message pour saluer la qualité de vos analyses !

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