Murs de soutènement : solutions végétales et naturelles

Murs de soutènement : solutions végétales et naturelles

Les murs de soutènement végétalisés séduisent de plus en plus de maîtres d’ouvrage en quête d’esthétisme et de naturel. Les fabricants spécialisés proposent des produits adaptés et des solutions très artisanales.
 






« On peut à peu près tout faire : de la jardinière jusqu’au mur technique de 10 mètres, confie André Pieyre, l’inventeur des Atalus. Des éléments courbes en béton qui une fois remblayés et compactés permettent une végétalisation rapide, en murs verts ou massifs de fleurs grâce à des encoches dans ses Atalus qui reçoivent la pose d’un arrosage intégré.

 

Si plusieurs solutions existent jusqu’à la plus naturelle obtenue par tressage d’osier, « au-dessus de 1,50 m un mur de soutènement ne s'improvise pas et exige une étude par un homme de l'art » rappelle-t-on judicieusement chez Stradal.

 

Et André Pieyre de reprendre « nous recommandons aux entreprises amenés à poser ce type de solutions d’utiliser nos pré-études gratuites.Une aide précieuse pour l’artisan confronté à ce type de mise en oeuvre ».

 

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Le retour du gabion

 

« Le marché du mur de soutènement végétalisé se développe, confie Bruno Pouch, responsable du bureau d’études la société BIP SAS.Tout simplement parce que l’on assiste à une raréfaction des terrains plats, et que les solutions végétalisées ou naturelles séduisent de plus en plus les maîtres d’ouvrage ».

 

Chez AquaTerra Solutions, Stéphane Couret constate aussi « que le soutènement minéral ou végétalisable est en pleine explosion ». Tout en rappelant, « le mur de soutènement n’est pas un raidisseur de talus quand ce dernier tient tout seul, mais bien un mur qui effectue une reprise d’effort. Cette subtilité est importante car les assurances ne prennent pas en charge cet ouvrage s’il n’est pas monolithique, c'est à dire armé et d'un seul bloc ».

 

Mais, de manière générale, les murs de soutènement à végétaliser ou naturels demeurent encore peu utilisés, « peut être parce qu’ils sont un peu plus coûteux que trois parpaings empilés », concède Alain Pieyre.

 

 

AVIS D'EXPERT

 

Luc Vancrayelynghe - Ingénieur chez Luciole Paysagistes

 

« Le génie écologique séduit de plus en plus »

 

Constatez-vous une demande importante pour des murs de soutènement végétalisés ou naturels ?

 

Cette activité se développe dans beaucoup de domaines, et la demande émane notamment des particuliers qui évitent les éléments bétonnés vieillissant mal. Tout ce qui concerne le génie écologique séduit de plus en plus notamment les paysagistes.

 

Les artisans s’intéressent-ils à ces solutions ?

 

Très peu et c’est dommage, car ce type de solutions portées par les démarches HQE (haute qualité environnementale) sont dans l’air du temps. En ce qui concerne la réalisation de mur en osier notamment, si cette technique demande un peu d’investissement pour l’acquérir, sa mise en œuvre par tressage est une valorisation du savoir-faire, très appréciée dans la gestion de berges, de fossés, de bases de loisirs. Ce sont des techniques douces, pas nécessairement plus coûteuses qu’une solution maçonnée.

 

Quelles sont, selon vous, les solutions appropriées pour réaliser un mur de soutènement ?

 

Tout dépend de l’importance ou des contraintes du soutènement qui doivent être connues et de la hauteur du mur à réaliser. Pour de grandes hauteurs, la réalisation de murs de soutènement en mixte béton/végétalisé ou en gabions est plus appropriée qu’une solution naturelle car au-delà de deux mètres on ne peut pas réaliser du tout végétal. Cependant, ce sont à mon sens des solutions d’avenir.




 

Solution n° 1 : En gabions électrosoudés

 

 

La mise en œuvre de murs de soutènement en gabions électrosoudés ne nécessite ni matériels spécifiques, ni main d’œuvre spécialisée. Naturellement drainants, souples et monolithiques, mettant en valeur les pierres locales, les ouvrages en gabions permettent la réalisation de petits ouvrages de 0,5 m de haut jusqu'à plus de 20 m.

 

Pour une plus grande modularité et afin d’éviter le doublement inutile des côtés contigus, on privilégie l’assemblage à leur place définitive de panneaux préfabriqués. Le couvercle d’un gabion sert aussi de base à l’élément du rang supérieur. L’assemblage se fait au moyen d’agrafes à très haute résistance fermées pneumatiquement.

 

Les panneaux sont livrés à plat sur palettes feuillardées.

 

  • Réaliser une assise horizontale pour le premier rang d’éléments ; 0/31,5 ou grave ciment nivelée et compactée ou un mince béton de propreté.
  • Disposer les panneaux correspondant au fond (ou base) des gabions à leur place définitive, à plat. Pour faciliter l’agrafage, prévoir les fils longitudinaux par-dessus.
  • Positionner les panneaux arrière ainsi que les diaphragmes et les fixer par agrafage aux panneaux de base et entre eux (avec une agrafe tous les 10 à 15 cm).
  • Installer et agrafer les premiers panneaux de la face vue en disposant les fils verticaux à l’extérieur. Disposer à mi-hauteur les tirants préfabriqués en 5 mm.
  • Procéder au remplissage des cellules avec les matériaux pierreux de remplissage (galets ou concassés). L’approvisionnement des matériaux se fait mécaniquement, mais pour avoir un parement plus soigné, procéder à l’arrangement manuel du parement vu.
  • Mettre en place les couvercles (fils transversaux par-dessus) sur les cellules remplies et arasées. Fixer à l’aide de l’agrafeuse pneumatique (à raison d’une agrafe tous les 10 à 15 cm) en englobant côtés et couvercles des cages contiguës. Fixer le couvercle sur le haut des diaphragmes. Commencer un nouveau rang, en reprenant à la disposition des panneaux arrière ainsi que les diaphragmes à fixer par agrafage aux panneaux de base et entre eux.

 

Intérêt : compétitifs, résistants, rapides à mettre en œuvre, soignés et esthétiques, modulaire

Limites : mise en œuvre la plus chronophage

 

Solution n° 2 : En blocs bétons préfabriqués à empiler

 

 

La réalisation de ce type de murs en éléments bétons à végétaliser, nécessite une connaissance de la nature du sol existant et de bien drainer l’ouvrage.« Pour réaliser ce type de murs de soutènement, nous demandons aux entreprises de remplir une fiche qui mentionne la nature géologique des terrains rencontrés, des sols à retenir et les venues d’eau éventuelles », informe Bruno Pouch, responsable du bureau d’études de la société BIP SAS à Cestas (33). Dans tous les cas, cette solution sera drainée à l’aide d’un matériau drainant positionné en arrière du mur et d’un collecteur en pied du mur pour évacuer les eaux.

 

  • Pour une hauteur de mur égale ou inférieure à 1 m, la rangée de base sera simplement posée sur un lit de sable bien égalisé et sera enterrée sur la moitié de sa hauteur.
  • Pour les hauteurs supérieures, une fondation devra être exécutée (semelle béton mise hors gel). Par ailleurs, afin d’éviter de mettre en péril les passants aux abords du mur, les société qui fabriquent cette solution réalisent l’étude nécessaire à une bonne mise en œuvre (calculs d’efforts de reprise pour le mur, nombre d’éléments à mettre en œuvre, et architecture).
  • Remplir, ensuite, les éléments au fur et à mesure de leur montage. Un tiers de la hauteur sera rempli avec du gravier ou un quelconque matériau drainant, recouvert ensuite d'une terre propre au bon développement des plantes. La partie arrière du mur sera remblayée, rangée par rangée, avec un matériau drainant bien compacté. Il est conseillé d'utiliser en complément un géotextile non tissé pour s'opposer au colmatage.

 

Intérêt : bonne emprise au sol, permet de réaliser de belles végétalisations, et par sa modularité d’exécuter plusieurs formes de murs courbes et variés.

Limites : ne permet pas de réaliser d’ouvrages trop importants.




 

Solution n° 3 : en osiers activés ou désactivés

 

 

Naturelle, cette solution qui relève du génie écologique demande une mise en œuvre spécifique mais ne permet pas de réaliser des murs de hauteur supérieure à deux mètres.
Cette technique qui utilise l’osier activé ou désactivé est issue de la technique de tressage employée par les vanniers.

 

Elle s’utilise notamment pour retenir les berges. Les fagots de 1 m à 1,50 m de hauteur avec des espacements prévus en fonction de la hauteur se positionnent à l’automne au moment où la végétation est au repos.

 

Outre, le tressage spécifique et le terrassement des différentes terrasses à aménager, cette solution est très simple de mise en œuvre et nécessite peu de matériels. L’osier activé permet une reprise dans le sol en s’enracinant et renforce ainsi le talus.

 

Cette solution durable nécessite ensuite un entretien annuel qui peut être contraignant, mais qui permet aussi à l’artisan de valoriser sa prestation dans le temps. L’osier désactivé se fixe sur des poteaux en bois.

 

Intérêts : solution durable, avec une reprise d’effort mécanique totalement naturelle dans le cadre de l’osier activé, nécessite peu de matériels, permet de réaliser un ouvrage uniforme.
Limites : demande une maîtrise de la technique de l’osier, ne permet pas de réaliser des hauteurs importantes.

 

 

INFOS PRATIQUES

 

La réglementation

 

  • La répartition des poussées, la stabilité du mur, les contraintes sur le sol doivent être conformes aux préconisations des DTU 13.12 ou Fascicule 62 Titre V.
  • La mise en œuvre d’un mur de soutènement nécessite une étude complète avant installation.Se renseigner auprès des fabricants ou distributeurs.

 

Sites fabricants

 

 

 

Source : batirama.com / Stéphanie Lacaze Haertelemeyer

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