Le biosourcé, un atout pour le confort intérieur

Le biosourcé, un atout pour le confort intérieur

Outre le fait d'être bas carbone, les matériaux biosourcés utilisés en isolation ou en aménagement intérieur sont appréciés pour le confort hygrométrique et la qualité de l'air intérieur. (Photo © Forbo)



Avec la prise en compte du bilan carbone sur l'ensemble du cycle de vie de l'ouvrage, l'usage des matériaux biosourcés est encouragé par la RE 2020. Pour le second œuvre, note le Hub des prescripteurs bas carbone, un isolant en fibre de lin, en laine de chanvre ou en ouate de cellulose va améliorer fortement le bilan carbone du bâti. En revanche concernant l’aménagement intérieur, l'impact sera mineur excepté pour un parquet bois ou stratifié, parfois apprécié dans un bâtiment résidentiel ou tertiaire.

 

En revêtement de sol, le produit naturel phare est le linoleum en toile de jute imperméabilisée par application d'huile de lin et de poudre de bois ou de liège. En peinture pour sols et plafonds, la peinture à base d'algues conçue par Algo est une offre alternative, naturelle, écologique et saine. Outre le coût et le bilan carbone, d'autres paramètres entrent en ligne de compte dans l'acte de choisir un isolant comme l'épaisseur nécessaire pour obtenir la performance souhaitée ou les contraintes de mise en œuvre. Un bon exemple est donné par la ouate de cellulose dont la mise en œuvre s'effectue impérativement soit par soufflage ouvert dans les combles perdus ou par insufflation dans des caissons en mur et toiture. L'absence de découpe supprime les chutes et donc la perte d’isolant.

 

 

Photo © Forbo

 

 

Un cycle de vie complet

 

 

Pour établir un bilan environnemental complet d'un matériau, il est bon d'intégrer sa fin de vie avec un éventuel réemploi ou son recyclage. Composée de fibres de cellulose, issues du recyclage de papier journal propre et trié, la ouate de cellulose peut être recyclée jusqu'à trois fois. Suite à des essais réalisés sur son isolant, Isocell a montré qu'en fin de vie, la ouate de cellulose peut être transformée par carbonisation (pyrolyse) en engrais. En effet l'acide borique contenue dans la cellulose pour la rendre imputrescible et ignifuge est homologuée comme engrais dans l'agriculture biologique. Un autre exemple est donné par la menuiserie bois, qui peut trouver une seconde vie en cloison vitrée intérieure ou pour des serres agricoles ou après transformation, en parquet ou en mobilier, et il existe un marché du réemploi. Il est plus difficile de les réutiliser pour le même usage du fait de l'évolution des performances des vitrages. Pour le bois capoté alu, le fabricant vertueux veille à ce que ces deux matériaux soient déclipsables pour le recyclage après dépose.

 

 

RE2020 : mieux prendre en compte le confort d'été

 


© Steico

 

 

Outre son bilan carbone favorable, le biosourcé a d'autres atouts pour répondre à la RE2020 comme sa performance pour le confort thermique, pour protéger du froid mais aussi pour le confort d'été. Sur ce sujet du confort des occupants, le biosourcé aide aussi à réguler le degré hygrométrique à l'intérieur du bâtiment ainsi qu'à préserver la qualité de l'air intérieur. En effet la conductivité capillaire d'un matériau biosourcé sous forme de fibre, ouate ou agrégat, lui permet d'absorber et de stocker provisoirement l'humidité formée puis de la rejeter et ainsi de réguler le taux d'humidité ambiant à l'intérieur du bâtiment. Le confort intérieur est amélioré et la construction est protégée contre la condensation. Ces propriétés sont apportées par le biosourcé y compris en mélange. Ainsi un enduit de chanvre assez épais, entre 5 et 8 cm, apporte une régulation hygrométrique naturelle du fait de l'incorporation de chènevotte dans la chaux. Ce triptyque bienfaiteur – déphasage thermique, régulateur d'humidité et faible émission de polluants – se retrouve à des degrés divers dans tous les matériaux biosourcés, bien entendu si l'industriel a veillé au choix des colles, résines, liants ou autres additifs présents dans la composition de ses produits.

 

Un exemple peut être donné par le Biofib'Trio, un isolant composé de fibres végétales non toxiques et non irritantes. Son usage apporte une régulation naturelle de l’hygrométrie et un très bon déphasage thermique, une propriété précieuse pour le confort d'été. La ouate de cellulose est de même capable d'absorber un certain pourcentage d’humidité de l'air ambiant des pièces et de la restituer à un autre moment de la saison sans perdre ses performances initiales et ainsi conserver sa durabilité. De plus, Isocell indique pour sa ouate une valeur de capacité calorifique de 2,11 kJ/kg*K, qui fait que ce matériau possède un déphasage thermique important, permettant de limiter la montée en température à l'intérieur du bâtiment pendant la journée. De même avec sa conductivité thermique λ de 0,036 W/(m*K) certifiées Acermi, l'isolant STEICOflex en fibres de bois s'avère très efficace pour protéger du froid mais aussi de la chaleur, participant ainsi au confort d'été. Sa masse volumique d‘environ 55 kg/m3 et sa capacité de stockage de la chaleur très élevée lui permettent en effet de lutter efficacement contre la surchauffe diurne des pièces en saison chaude. Ce produit est aussi un régulateur naturel de l'hygrométrie et est classé A+ en émission de polluants volatils.

 

 

 

Solution 1 : Cloisons

 
 
© Biofib'
 
 
  • isolation intérieure ou revêtement

 

Pour les cloisons, l'usage du biosourcé est diversifié aussi bien en habillage, pour des finitions isolantes comme l'enduit de chanvre ou en isolant intérieur. Certains revêtements bénéficient de très bons classements en émission de polluants comme le stratifié de Polyrey qui intègre 65% de papier et qui est classé A/A+ selon les applications et les produits. Suivant les matériaux, les isolants intérieurs sont proposés en panneaux (pour la fibre de bois par exemple), en rouleaux (laine de mouton) ou en vrac pour soufflage comme la ouate de cellulose.

 

Steicoflex, le produit phare de Steico, est commercialisé en panneaux de fibres de bois aussi bien pour le marché du neuf ou de la rénovation. Sous Avis Technique 20/20-468_V1 avec une FDES publiée dans la base INIES, il est fabriqué en France dans l'usine de Casteljaloux (47) à partir de bois résineux local, pin ou épicéa. « Ces panneaux semi-rigides se posent en encastrement entre les montants d’une contre-ossature en façade ou pour une isolation des murs par l’intérieur. Ils peuvent aussi être posés en rampant, entre les chevrons de la charpente de la toiture, ou entre les solives des planchers », précise Sophie Genet, responsable marketing et communications, Steico. Parmi les matériaux innovants, Biofib'Trio, composé de 92 % de fibres végétales (chanvre, coton, lin), est disponible en panneaux ou en rouleaux.

 

  • Soufflage ou insufflation

 

En rénovation, le soufflage ouvert de la ouate de cellulose montre d’excellentes améliorations de l’isolation thermique du toit. En ce qui concerne l’insufflation, la création de caissons est nécessaire. Dans la construction neuve, la conception peut être adaptée à une mise en œuvre qui peut être plus complexe en rénovation. Le temps de pose est quasi identique qu'avec d'autres types d'isolants en vrac, la différence étant que l'ouate est relativement dense et par conséquent plus lourde. « Si le soufflage est très simple, l’insufflation s'avère plus complexe à mettre en œuvre. Un point de vigilance est de respecter les densités données par le fabricant, à savoir entre 50 et 60 kg/m3 pour l’insufflation. Si l'artisan se contente d'insuffler seulement 40 kg/m3, il y a un risque de tassement ultérieur et par conséquent la création de pont thermique », assure Monika Corre, responsable d'agence chez Isocell France.

 

Atouts : améliore le bilan carbone, participe au confort thermique et au confort intérieur en tant que régulateur naturel du taux hygrométrique  ;

Points de vigilance : dimensionner l'épaisseur de l'isolant en fonction de sa performance ; tenir compte de sa performance au feu et des contraintes de mise en oeuvre.

 

 

Solution 2 : Planchers

 


© Forbo

 

  • Revêtements de sol et sous-couches

 

Concernant les planchers, le revêtement biosourcé possédant le plus fort impact sur le bilan carbone est le parquet bois ou le stratifié. En revêtement souple, la référence est le linoléum, un matériau largement biosourcé. À titre d'exemple le linoleum de la gamme de revêtements de sol Marmoleum de Forbo est composé à 97% de matières premières naturelles biosourcées ou géosourcées dont 72% sont renouvelables. Ces matières premières naturelles sont l'huile de lin, la résine de pin, la farine de bois, des pigments et charges minérales, sur un support en toile de jute. De par ses propriétés antiseptique et antibactérien, le linoléum est apprécié en revêtement dans les crèches et dans les hôpitaux. Ainsi pour sa gamme Marmoleum, Forbo met en avant des émissions de COV jusqu’à 20 fois inférieures au seuil de la meilleure classe A+ de l’étiquetage. Pour garantir une qualité de l'air optimale, il faut aussi prêter attention aux choix des colles et de leurs taux d'émissions en polluants de type COV.

 

  • Sous-couches

 

Le biosourcé trouve aussi sa place en sous-couche. Ainsi Steico décline ses isolants en fibres de bois dans deux produits spécifiques aux planchers. L'isolant phonique et thermique en panneaux, STEICOfloor, se pose entre lambourdes sous parquets massifs ou stratifiés. La sous couche acoustique fine, STEICOunderfloor, d'épaisseur entre 5 et 7 mm, est de son côté disponible en dalles de 790 x 590 mm et se pose aussi bien sous les parquets flottants, massifs ou sous les revêtements souples. Pour sa gamme de moquettes, le fabricant Interface a développé une sous-couche en standard sur toutes leurs dalles, CquestBio, à base de matériaux biosourcés et recyclés. Le nouveau modèle CQuest BioX contient près de 50% de matériaux biosourcés, à savoir de l’huile végétale et de la résine, un bond de 40% par rapport au modèle existant CQuest Bio, lancé en octobre 2020.

 

Atouts : le revêtement souple biosourcé présente un très bon classement en émission de polluants, voire est anti-bactérien dans le cas du linoléum ;

Points de vigilance : le frein principal est le coût pour des produits (sous couches, revêtements souples) qui offrent des performances équivalentes ou améliorées avec une mise en œuvre identique.

 

Solution 3 : Menuiserie

 


© Groupe Millet

 

  • Une menuiserie bois qualitative

 

En menuiserie intérieure ou extérieure, le biosourcé passe par le châssis bois. Matériau majoritaire il y a encore trente ans, le bois a vu sa part de marché s'effondrer dans les années 90 et 2000, face au PVC et à l'aluminium. Ces dernières années, la part de marché du bois et du bois/alu s'est stabilisée entre 10 et 15% avec des produits qualitatifs à forte valeur ajoutée, par exemple pour des constructions passives ou à forte ambition environnementale, ou pour des rénovations d'exception en particulier pour répondre à des contraintes patrimoniales. Il est devenu incontournable d'avoir du bois certifié PEFC ou FSC issu de forêts gérées durablement. D'après la dernière étude de marché de la fenêtre en France co-financée par le Codifab et portant sur l'activité 2019, la fenêtre bois représentait 8.5% des parts de marché soit une hausse de 5.3% par rapport à 2017 et le mixte bois/alu 1.6% en légère baisse. Si la plus grosse part du marché en bois demeure la rénovation, de plus en plus de projets se font en neuf.

 

Il faut noter que la non dangerosité des biocides actuellement utilisés pour les traitements de surface des bois permettent le réemploi des bois ou le recyclage en panneaux ou la valorisation en production d’énergie, au contraire du créosote utilisé par le passé pour certains bois autoclavés. Une autre solution est d'utiliser du chêne ou du bois tropical durable, des essences qui ne nécessitent pas de biocides. Une évolution chez les fabricants pour réduire les émissions de polluants de leurs produits est aussi de réduire l'utilisation de colles ou sinon de faire appel à des colles biosourcées. Enfin deux certifications existent pour la menuiserie bois : le référentiel de la marque NF « Fenêtres Bois et Portes Extérieures » (NF297) et le label Menuiseries 21 piloté par l'UMB-FFB et plutôt adapté aux petites et moyennes entreprises.

 

  • Concurrence avec le recyclé

 

Pour le PVC et l'alu, la décarbonation de la menuiserie passe prioritairement par l'incorporation d'un taux croissant de recyclé et par la mise en place de filières de recyclage. Pourtant pour le PVC, deux autres voies existent, l'usage de résine biosourcée fabriquée à base de biomasse, en remplacement de la résine habituellement utilisée et l'inclusion de charges végétales comme le lin ou le bois en remplacement de charges minérales à base de craie dans la formulation. Actiplast du Groupe Paprec est un formulateur et fabricant de PVC vierge. Il a annoncé en 2020 être accrédité ISCC+, ce qui lui donne la possibilité d'acheter de la résine biosourcée à des fournisseurs comme Biovyn et ainsi fabriquer un produit possédant les mêmes propriétés mais très fortement décarboné. Mais pour l'instant cette offre n'est pas compétitive en terme de coût.

 

Atouts :  avec ou sans capot alu, la menuiserie bois est qualitative et performante et améliore le bilan carbone ;

Points de vigilance : veiller à l'épaisseur nécessaire du profil bois en fonction de la performance attendue ; choisir les joints et l'étanchéité en fonction de leur faible taux démission de polluants.


 


Source : batirama.com / François Ploye

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