Aménagement intérieur et finition : cap sur le biosourcé

Aménagement intérieur et finition : cap sur le biosourcé

Plaques de plâtre et isolation devaient bénéficier des aides fiscales en faveur de la rénovation énergétique, et de l’engouement pour l’amélioration de l’habitat. La RE2020 favorise désormais le biosourcé.





Le marché de la rénovation énergétique offre des perspectives juteuses pour l’aménagement finition dans le résidentiel : elle concerne pas moins de 20 millions de logements d’ici 2050.

 

Avec son leader incontesté, l’acteur majeur de la plaque de plâtre, le groupe Saint-Gobain qui possède en France la société Placo-Isover. Viennent ensuite Siniat, et Knauf pour la partie plaques de plâtre.

 

Les trois principaux fabricants depuis longtemps installés et référents. Côté isolation avec son rapport prix/performance encore inégalé, la laine minérale se taille toujours la part du lion.

 

50 % de part de marché pour la laine minérale

 

Selon une étude TBC Innovation de novembre 2020, la laine minérale capte un peu plus de 50 % des superficies d’isolants posés, quand les plastiques alvéolaires frôlent les 40 %. 

 

Soutenue notamment par les Certificats d’économie d’énergie ou encore MaPrimeRénov’, elle doit cependant composer aujourd’hui avec la nouvelle alternative que devrait installer la RE 2020 : celle du biosourcé qui a atteint 10 % de ce marché. Conséquence : il s’atomise.

 

Outre, le leader Isover qui a plongé dans la laine de bois, de nombreux autres acteurs arrivent. Une bonne nouvelle a priori, car un marché qui se densifie apporte plus d’alternatives et normalement des prix plus compétitifs.

 

Effets indésirables de la crise sanitaire

 

Sauf que la Covid n’en finit plus de produire ses effets indésirables. Alors que les confinements ont dopé les envies d’amélioration de l’habitat chez les particuliers, il faut aujourd’hui composer avec la pénurie de matériaux. Manque de carton pour les plaques de plâtre, de colle dans les plaques techniques acoustiques.

 

Pas mieux du côté de l’isolation : l’acier nécessaire aux ossatures métalliques est absent et dans le complexe de doublage le polystyrène aussi fait défaut. Leader ou pas, aucun industriel n’est épargné. Les stocks sont vides.  Avec pour résultat, des prix qui flambent. Pour l’acier, ils ont été multipliés par deux. Au-delà de l’approvisionnement sur les chantiers, les marchés déjà signés depuis plusieurs mois deviennent compliqués.

 

Dans ce contexte, la tentation est grande de chercher à satisfaire le client à tous prix. Mais pour être conformes aux DTU, les matériaux doivent afficher leur gage de qualité. Les isolants, biosourcés y compris, doivent être certifiés Acermi, et les plaques de plâtre doivent être marquées NF.

 

 

La RE 2020 va inéluctablement pousser le biosourcé

 

 

En première ligne face à l’imminente application de la RE 2020 : les isolants biosourcés. Dans le résidentiel, la plaque de plâtre aussi va pouvoir bénéficier de cette nouvelle vague.

 

Les ambitions sont grandes. En 2020, 27 millions de mètres carrés d’isolants biosourcés ont été mis en œuvre, selon l’Association des industriels de la construction biosourcée (AICB). Alors que la part de marché de ces matériaux n’atteignait que 6 % en 2010, elle a grimpé à 10 % en 2020, et vise les 20 % d’ici cinq ans. Et pour cause. Elle devrait bénéficier de l’objectif premier de la RE 2020 : celui de limiter l’impact carbone dans la construction faisant ainsi la part belle aux biosourcés.

 

Des avis techniques délivrés par le GS 20

 

Dans le résidentiel, et sans bouleverser les conditions de mise en œuvre, les isolants idoines vont forcément favoriser le calcul global. D’autant que désormais, de nombreux produits bénéficient d’Avis techniques favorables délivrés par le GS 20 : textiles recyclés, laine de bois, ouate de cellulose, chanvre, mix chanvre/bois, etc. Ainsi, la mise en œuvre est sécurisée tout en offrant une gamme assez large pour pouvoir répondre aux chantiers en toute sérénité. 

 

En outre, le bois favorisé par cette nouvelle RE 2020 va de fait remettre en cause la mise en œuvre de la plaque de plâtre avec une fixation légèrement différente que sur du béton. Une opportunité de marché pour les entreprises concernées, quand le bois le plus souvent s’habille de plaques de plâtre.

 

             

L’avis de l’expert

Bruno Garabos,  (Garabos Frères), président de l’UMPI-FFB

 

 

Bâtirama : Quelles sont pour vous les évolutions notables quant aux performances des systèmes ?

 

B.G. : Pour ce qui concerne la plaque de plâtre, le marché propose désormais des matériaux plus performants : en matière de chocs, de dureté pour faciliter la fixation de charges, ou qui sont durables dans des locaux très humides. D’autres plaques de plâtre contribuent à une meilleure qualité de l’air intérieur en agissant de manière active sur les composants organiques volatils. 

Ces produits, intègrent donc toutes ces nouvelles performances, en plus de celles attendues en matière acoustique et feu. Leur arrivée sur le marché donne plus de choix aux entreprises de mise en œuvre. Même si ces fonctionnalités ne sont pas obligatoires, elles apportent un confort supplémentaire et au-delà de l’aspect esthétique ou réglementaire. Le plus souvent, la mise en œuvre reste conforme aux DTU, et dans certains cas, parce qu’il faut un écart ou un vissage particulier, il faut se référer aux Avis techniques.

 

Pour répondre aux contraintes thermiques, la tendance en matière d’isolant est aussi à pousser les épaisseurs. Est-ce inéluctable ?

 

B.G. : La résistance thermique pour un même produit type laine de verre instaure un rapport de proportionnalité entre le R et l’épaisseur parce qu’on a la même conductivité thermique. Selon les configurations du chantier, il peut suffire de changer de produits avec une conductivité thermique différente pour avoir les mêmes performances avec une épaisseur donnée. Par exemple, pour obtenir la même résistance thermique, il faudra par exemple plus d’épaisseur avec un isolant biosourcé qu’avec une laine minérale.

 

Ce n’est pas anodin, s’il faut choisir entre une laine minérale et un isolant biosourcé ?

 

B .G. : C’est un paramètre non négligeable. Les aides fiscales en faveur de la rénovation énergétique imposent un certain niveau de résistance thermique.  Par exemple dans les combles perdus, le R est de 7 et bien souvent l’isolant qui représente dans ce cas 20 voire 30 cm  d’épaisseur est posé sur la plaque de plâtre. Or, suivant le produit il affiche une certaine densité et donc un poids conséquent. On atteint alors la limite que peut tolérer la plaque de plâtre en matière de charge. Il faut donc mesurer les avantages et les inconvénients. Cette notion est importante en particulier avec les isolants biosourcés qui peuvent avoir des poids conséquents en raison de leur épaisseur nécessaire pour atteindre la même résistance thermique qu’une laine minérale.

 


Source : batirama.com/ Stéphanie Lacaze Haertelmeyer

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