Schneider Electric dessine le prototype des bâtiments tertiaires de demain avec IntenCity

Schneider Electric dessine le prototype des bâtiments tertiaires de demain avec IntenCity

Livré en 2020 et progressivement investi par 1500 salariés de Schneider Electric, cet ouvrage de 26 000 m² répartis sur quatre bâtiments veut être le fer de lance mondial en matière de construction tertiaire.





Légende : IntenCity, le site de recherche et développement de Schneider Electric ouvert sur la presqu’île technologique de Grenoble développe 26 000 m² de bureau dans un ouvrage à énergie positive.

 

L’ouvrage qui se développe sur une parcelle de près de 1,5 ha sur la presqu’île technologique de Grenoble vise la plus haute certification LEED. En forme de L de 195 m de long et de 90 m de retour, IntenCity est composé de quatre bâtiments de 4 à 6 niveaux et d’un total de 26?000 m² de plateaux.

 

Construit pour accueillir les spécialistes de la recherche et du développement de Schneider Electric, il est le résultat d’une démarche de conception d’un bâtiment tertiaire particulièrement pointue.

 

Point de rassemblement de plusieurs établissements grenoblois de l’industriel, il repose sur les principes d’autonomie énergétique, d’intégration dans le réseau local d’énergie, de réduction maximale des émissions de carbone et avant tout de mise à disposition d’espaces de bureau mieux adaptés à l’organisation du travail.

 

Autant de raisons pour l’amener à concourir pour décrocher le plus haut niveau de certification LEED Design & Build, le niveau Platinum à plus de 100 « crédits ».

 

 

Les terrasses des bureaux et du parking sont recouvertes de 4 000 m² de capteurs photovoltaïques, une installation dimensionnée selon les besoins annuels estimés à 1 GWh.

 

Performance et autonomie énergétiques

 

Conçu par le cabinet Groupe-6 Architectes, IntenCity répond à une demande de Schneider Electric d’un ouvrage thermiquement très performant et en phase avec tous les standards de vie tertiaire.

 

Son enveloppe à façades largement vitrées vise un objectif de déperdition de l’ordre de 37 kWh/m².an. Une ambition presque contrariée, car le niveau initialement fixé était de 20 kWh/m².an, souligne Olivier Richebracque, directeur du site.

 

En raison de la présence de plusieurs laboratoires et du restaurant d’entreprise, gourmands en énergie, un niveau global de près du double a été retenu. Schneider Electric veut cependant le comparer à la moyenne européenne du parc tertiaire de 330 kWh/m².an…

 

Surtout, ce bâtiment se veut énergétiquement neutre, explique Olivier Richebracque, et doit s’intégrer dans le réseau énergétique local.

 

 

Couvert par 1 500 capteurs, le bâtiment est géré par les applications disponibles au catalogue de Schneider Electric, et les informations sont suivies en permanence pour améliorer l’exploitation.

 

4?000 m² de capteurs et deux éoliennes verticales

 

Les toitures-terrasses des quatre bâtiments et du parking en silo sont équipées de 2485 panneaux photovoltaïques de 385 W chacun, soit 4000 m² de capteurs. Ce champ est capable de fournir 1 GWh d’électricité annuellement nécessaire.

 

Dépassant le toit du parking, deux éoliennes verticales d’une puissance de 3,5 kW chacune ne sont là que pour symboliser la démarche énergétique du site.

 

Cette production d’énergie renouvelable intermittente est doublement aidée. D’une part, elle est reliée à un stockage d’électricité en batteries d’une capacité de 300 kWh ; D’autre part, ce champ photovoltaique est connecté au réseau local de distribution d’électricité.

 

Ainsi, en hiver, les gestionnaires d’IntenCity appelleront l’énergie électrique nécessaire sur le réseau local ; en été et en inter-saisons, ils revendront l’excédent à Gaz et Electricité de Grenoble (GEG). La balance devrait être équilibrée.

 

Une géothermie adaptée au site

 

Comment chauffer et rafraîchir un tel bâtiment? Cette question reçoit une réponse étonnante quand on visite le local technique : la salle de taille relativement modeste ne contient que trois thermofrigopompes de «petites tailles» : une de 300 kW pour la production d’eau glacée des laboratoires (et de 350 kW pour la production d’eau chaude), et deux de 700 kW froid et 800 kW chaud pour les espaces de bureaux. Pour beaucoup de thermiciens, l’équipement serait jugé totalement sous-dimensionné.

 

La source froide de ces pompes à chaleur est fournie par un captage dans la nappe phréatique qui communique entre l’Isère et le Drac – les deux rivières qui bordent le bâtiment –, à une profondeur d’environ 14 m. Une boucle primaire apporte cette eau d’une température entre 9 et 14 °C au circuit secondaire qui alimente les machines thermodynamiques.

 

Ce local technique est complété de quatre cuves de 12 m³ chacune. Leur rôle est de stocker les calories produites par les thermofrigopompes, ces réservoirs contribuant au choix de générateurs de faibles puissances. D’autre part, ils permettent de franchir les pics de fortes demandes, notamment lors des périodes de grand froid.

 

 

Le local techniques rassemble trois thermofrigopompes de tailles modestes pour fournir la chaleur et le froid dans l’ensemble de l’ouvrage.

 

Plafonds rayonnants ouverts, sans faux-plafond

 

Le chauffage et le rafraîchissement des bureaux, salles de réunion et bureau en openspace sont assurés par des plafonds rayonnants ouverts, sans faux-plafonds. Ce montage spartiate assure une convection sur la hauteur d’étage et une homogénéité de la température d’ambiance, ainsi qu’une bonne efficacité, notamment en mode rafraîchissement.

 

Pour optimiser les consommations et le confort, la diffusion de chaleur ou de froid est scindée dans le sens de la longueur des bâtiments, sur tous les étages. Une fonctionnalité permise depuis le local technique où la distribution est dédoublée.

 

Ce montage hydraulique présente un double intérêt, commente Olivier Richebracque. Le premier est évidemment de traiter chaque façade selon son orientation, son exposition au froid ou les apports solaires.

 

Le second répond à un impératif de gestion de l’ouvrage : il devient ainsi possible de mesurer et compter l’énergie fournie de manière précise par demi-étage. Une option importante pour le cas où Schneider Electric proposerait des espaces à la location.

 

 

Quatre ballons de 12 m³ chacun stocke de l’eau chaude et froide produite par les thermofrigopompes pour assurer le confort lors des pics de chaleur et de froid.

 

Des vitrages traités pour maîtriser l’effet de serre

 

Pour aider la production d’énergie à répondre aux besoins, l’enveloppe du bâtiment est aussi complétée de protections. Les menuiseries extérieures sont dépourvues de brise-soleil, mais tous les vitrages sont revêtus d’un film de filtration contre les ultraviolets pour maîtriser l’effet de serre dans les bureaux.

 

Plus impressionnant, le bâtiment central qui accueille le restaurant le Bistro est protégé de manière active, sur ses deux façades, par 120 modules électrochromes. Conçus par SageGlass (filiale du groupe Saint-Gobain), ces remplissages verriers de 2,75 m de haut par 1,3 m de large sont commandés via la gestion technique de bâtiment par des sondes d’éclairement pour se teinter électroniquement selon trois niveaux d’obscurcissement.

 

Ainsi, montés sur quatre niveaux – près de 11 m –, ces vitrages sont dynamiques et se teintent automatiquement selon le niveau d'ensoleillement notamment. Thermiquement et énergétiquement, ces remplissages verriers vont participer au contrôle des apports solaires pour diminuer les besoins de rafraîchissement en été et de chauffage en hiver.

 

 

Les façades du restaurant sont équipées de vitrages électrochromes gérées par la gestion technique de bâtiment de manière à maîtriser les apports solaires en toutes saisons.

 

Un pilotage en temps réel

 

Site tertiaire innovant, IntenCity s’apparente aussi à un lieu d’expérimentation grandeur nature des moyens de gestion technique. Schneider Electric y a implanté quelque 1 500 capteurs de toutes sortes – température, luminosité, humidité relative, CO2, lumière, présence… – capables de fournir 60 000 données au pas de 1 à 10 minutes.

 

Ces informations sont reprises par une supervision EcoStruxure Building Opération (EBO) – choisi dans son catalogue – qui est associée aux outils d’optimisation des consommations d’énergie et du confort dit Power Monitoring Expert (PME) ainsi qu’au pilotage des sources d’énergies en lien avec le réseau local intelligent d’énergie ExoStrxure MicroGrid Advisor (EMA).

 

Ce mesurage permet de suivre en temps réel la production d’énergie du site et la maîtrise des consommations interne. Cet aspect central du projet de ce bâtiment a été confié, dans le cadre d’un contrat de performance énergétique d’une durée de cinq ans, à Engie. L’entreprise missionne en permanence dix personnes sur le site, dont cinq techniciens.

 

Des standards de flexoffice

 

Ces moyens techniques sont aussi exploités par Schneider Electric pour gérer ce site tertiaire selon les standards dits de flexoffice. En clair, les collaborateurs qui travaillent sur ce site ne disposent pas de bureaux personnels.

 

Des espaces ouverts, des « bulles » à quatre ou six personnes et une soixantaine de salles de réunions sont accessibles par réservation. Et de manière générale, il est possible de travailler dans tous les espaces disponibles, que ce soit au restaurant, dans les escaliers conçus comme de mini-amphis…

 

Le logiciel de gestion technique dispose de tous les moyens de gérer ce flux d’informations pour affecter le personnel sur la base d’une occupation en temps réel. Couplé avec la gestion d’énergie, cette fonction permet d’optimiser le confort – la ventilation et le chauffage sont activés dès qu’une présence est détectée – et de placer les zones inoccupées en « repose énergétique ».

 

 

Les outils numériques de gestion des espaces permettent aux salariés de choisir leur lieu de réunion parmi les 60 salles de réunions et multiples autres points de rassemblement. Ils sont en lien avec la GTB pour optimiser le confort et les consommations d’énergie.

 

Pousser la gestion technique dans ses retranchements

 

La profusion d’informations livrées à chaque instant par la gestion technique du bâtiment constitue une véritable ressource pour tous les développeurs.

 

Schneider Electric les propose en « open data », en libre accès mais après signature d’une convention, à toutes start-ups ou personnes qui veulent se pencher sur leur exploitation pour en améliorer l’usage par de nouveaux algorithmes. Même chose pour la mise au point de nouveaux capteurs : le bâtiment peut en tester les fonctionnalités. Les partenariats ont déjà commencé.



Source : batirama.com/ Bernard Reinteau

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