Hôtel de la Marine : un patrimoine d’exception restauré et ouvert au public

Hôtel de la Marine : un patrimoine d’exception restauré et ouvert au public

Créé en 1758, l’Hôtel de la Marine a fait l’objet d’une campagne de restauration en trois phases qui met en valeur son patrimoine ainsi qu’une création contemporaine : une verrière cristalline de 300 m2.





Légende : Le centre des monuments nationaux a ouvert au public les espaces patrimoniaux de l’hôtel de la Marine : la cour d’honneur, la cour de l’intendant avec la verrière transparente, la librairie boutique et les espaces de restauration.

 

Affecté à l’administration du Garde-meuble de la couronne, l’hôtel historique a été construit par Ange-Jacques Gabriel, premier architecte de Louis XV. Situé en face de la place de la Concorde, le bâtiment d’origine conserve les étoffes et tapisseries précieuses de la Couronne jusqu’à la Révolution. Lorsque le roi de France se déplace dans ses résidences, il est de coutume de transporter son précieux mobilier … et de le récupérer aussitôt les agapes terminées.

 

Le mobilier, les bijoux, les pièces d’art décoratif et étoffes de valeur, symbole du goût français au XVIIIe siècle, participent au prestige de la France et sont d’ailleurs exposées au public à partir de 1776, à l’hôtel de la Marine. Il est en quelque sorte le premier musée des Arts décoratifs de France.

 

Après la Révolution, le ministère de la Marine commence à investir les lieux qu’il va occuper en totalité en 1806 et ce, pendant 200 ans. En 1835, un nouveau bâtiment est construit dans l’arrière-cour de l’hôtel. Extensions, transformations et surélévations du bâtiment vont se succéder au XIXe et XXe siècles et lui donner son aspect final, avant les travaux d’envergure menés à partir de 2017.

 

 

L’hôtel historique, situé en face de la place de la Concorde, a été construit par Ange-Jacques Gabriel, premier architecte de Louis XV. Le Bâtiment est rapidement affecté à l'administration du Garde-meuble de la Couronne. Le public est invité à redécouvrir les appartements du XVIIIe siècle entièrement restaurés de l'hôtel du Garde-meuble. ©F. Leroy

 

Patine et usure visibles sur les murs restaurés de l’hôtel du Garde-meuble

 

En 2015, après le départ de l’état-major de la Marine, l’hôtel est confié au Centre des monuments nationaux (CMN). Et c’est avant tout, l’hôtel du Garde-meuble que le projet du CMN, le maître d’ouvrage, invite le public à redécouvrir.

 

Avec un objectif : retrouver l’état d’origine de l’édifice, dont les décors intérieurs du XVIIIe des appartements occupés par deux intendants (1), afin de leur redonner vie. De fait, de magnifiques salons dorés et autres curiosités, s’offrent désormais au regard des visiteurs.

 

Les travaux ont notamment consisté à ôter toutes les couches successives recouvrant les murs de ces appartements pour retrouver les décors tels qu’ils étaient, avec leur usure, au moment de l’abandon du Bâtiment par les intendants. « Quelques retouches ont été faites pour accorder les décors, tout en conservant la patine et l’usure du temps » explique l’architecte en chef des Monuments Historiques, Christophe Bottineau.

 

 

 

« C’est un chantier où seule "la Main" a eu sa place pour la restauration des éléments de décor : parquet, papier peint, rideaux et passementerie, décors peints muraux, dorure à la feuille d’or (cf photo ci-dessus)… » souligne l’architecte en chef des Monuments Historiques, Christophe Bottineau. ©F. Leroy

 

Trois phases pour les travaux démarrés en 2017

 

Les travaux du vaste chantier de 16 000 m2 se sont déroulés en trois phases : la première achevée en 2018 a consisté en la restauration des façades et des couvertures de l’hôtel, avec la réouverture de la galerie extérieure dans la cour d’honneur. Ce qui s’est concrétisé par des travaux de maçonnerie et de pierre de taille, restauration de sculptures, mais aussi des menuiseries (les plus anciennes ont été conservées et restaurées).

 

En parallèle, un autre chantier a permis de supprimer de nombreux éléments modernes à l’intérieur du bâtiment (faux planchers, doublages, planchers techniques, cloisons, mezzanines…).

 

Enfin, la restauration des cours et intérieurs a débuté en juillet 2018, avec un objectif : permettre l’ouverture au public des cours, des espaces de vie et d’animation. Des lieux de restauration et des espaces ouverts à la location prennent en effet désormais place au sein du bâtiment. Le lieu sera également enrichi à l'automne par la Collection Al Thani, l'une des plus prestigieuses collections d'art privées au monde

 

 

L’esprit de cette restauration a consisté à laisser apparaître l’usure et la patine du temps sur les lieux qui ont été abandonnés 5 ans après la Révolution (un abandon qui a facilité en 1792, le vol des joyaux de la Couronne). Les recherches entreprises ont permis de remeubler les appartements des intendants, soit 900 m2, quasiment à l’identique. ©F. Leroy

 

Une verrière contemporaine exceptionnelle

 

Autre ouvrage remarquable : une verrière contemporaine, pyramidale et lumineuse tel un cristal, coiffe désormais la cour de l’intendant qui joue le rôle d’espace d’accueil et d’orientation des visiteurs. Avec un objectif : capter et diffuser la lumière naturelle jusqu’au sol de la cour de l’intendant tout au long de la journée. Elle a été imaginée par l’architecte Hugh Dutton et financée par les Fondations Velux à hauteur de 800 000 euros sur coût total de 2,5 millions d’€.

 

Hugh Dutton et Christophe Bottineau, architecte en chef des monuments historiques, se sont inspirés des pampilles des lustres du XVIIIe siècle, pour faire rayonner la lumière naturelle, via des éléments de réflexion et de diffraction intégrés dans la structure.

 

L’ouvrage constitué de 35 tonnes de charpente métallique, 16 tonnes de vitrage simple extra-clair avec couche réfléchissante, 11 tonnes de lamelles vitrées et 8 tonnes d’habillage réfléchissant, prend place sur la corniche du XVIIIe siècle, entre le 2e et le 3e étage. « Il masque ainsi les étages ajoutés au XIXe et XXe siècle et permet de restituer le volume initial de la cour » reprend Christophe Bottineau.

 

 

 

La trame métallique de cette verrière contemporaine est très serrée en périphérie, comme un claustra, puis elle s’élargit vers le milieu, permettant à la lumière de se démultiplier ©HDA-Nicolas Trouillard - Centre des monuments nationaux

 

(1) Deux intendants du Garde-meuble ont occupé les lieux avant la Révolution : Pierre-Elisabeth de Fontanieu à qui a succédé Marc-Antoine Thierry de Ville-d’Avray



Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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