Déchets du BTP : la solution digitale Ecodrop veut étendre ses services pour les pros

Déchets du BTP : la solution digitale Ecodrop veut étendre ses services pour les pros

Ecodrop, collecteur de déchets chantier des professionnels via une solution digitale, a fait une levée de fonds de 5 millions d’euros pour accélérer son développement.






La start-up créée en 2017, spécialisée dans la gestion des déchets via une application digitale, effectue en début d’année une nouvelle levée de fonds afin d’accélérer son développement. Pour rappel, après une expérience professionnelle chez Saint-Gobain, Marie Combarieu a eu l’idée de proposer une solution innovante destinée aux artisans.

 

Constatant que les déchetteries professionnelles n’étaient pas armées pour adresser des services de collecte et de gestion des déchets diffus des 500 000 artisans de France, Marie Combarieu, fondatrice et présidente a lancé une solution digitale pour aider les pros à trouver rapidement des solutions à coût étudié : www.ecodrop.net. Et ainsi éviter que les déchets ne se retrouvent dans la nature, polluant les sols et les nappes phréatiques (50 millions de tonnes estimées de déchets du BTP dans la nature).

 

De leur côté, les déchetteries communales n’acceptent souvent qu’en petite quantité les déchets des pros. Un vrai casse-tête pour les entreprises du Bâtiment, surtout celles qui n’ont pas de locaux assez grands pour stocker leurs déchets et les emmener par bennes complètes en déchetterie professionnelle.

 

 

Marie Combarieu s’est associée avec Rémi Calmel, un entrepreneur de solutions digitales (dont Batiwiz) et Cédric Garcin, directeur technique.

 

Un intermédiaire entre le générateur de déchets et les opérateurs du tri et du recyclage

 

Avec le soutien de l’Ademe et du groupe Saint-Gobain, et après un premier appel de fonds, la jeune société a pu développer sa solution et « packager » des services pour les entreprises du Bâtiment.

 

« Ecodrop est un intermédiaire entre le générateur de déchets et les opérateurs spécialisés dans le stockage et le tri » résume Marie Combarieu. En clair, elle propose une offre de services calibrée sur-mesure : la collecte sur chantier dans les 2 h, le dépôt en déchetterie professionnelle ou la mise à disposition de bennes ou de big bag dans les 48 h. Elle peut aussi traiter des déchets dangereux comme l’amiante.

 

La société a noué aujourd’hui des partenariats avec 40 déchetteries en Ile-de-France et la plateforme digitale offre un accès à n’importe laquelle d’entre-elle ; et y associe les capacités de plusieurs centaines de transporteurs pour assurer les services de collecte. Les tarifs sont préalablement négociés et une traçabilité est garantie (avec un bon de dépôt généré sur l’application). En amont, pour faire connaître ses services, elle a également noué des partenariats avec les distributeurs de matériaux dont le réseau de Point. P (72 agences en Ile-de-France)

 

Des tarifs négociés avec les déchetteries

 

« Nos services aux tarifs très abordables intéressent les entreprises » explique Marie Combarieu qui poursuit : « La gestion des déchets n’est pas valorisée par les artisans aujourd’hui et elle correspond souvent à une perte de temps, notamment en raison des embouteillages récurrents en milieu urbain ».

 

Exemples de tarifs pratiqués en 2021 : 54,50 euros pour un camionnette de 6 m3 (5 sacs à gravats), 269 euros pour un camion de 12 m3 (1 tonne de déchets sous forme de sacs à gravats). Il en coûtera de l’ordre de 335 euros pour une benne d’une contenance de 8 m3 (8 tonnes de gravats).

 

La demande peut aussi se faire via un appel téléphonique à la plateforme développée par Ecodrop : le commercial fait dans ce cas un devis. « Nous nous rendons compte qu’il y a parfois un besoin d’échange au téléphone avec les clients » ajoute Marie Combarieu qui constate une forte récurrence des clients, puisque 60 % du chiffre d’affaires est réalisé avec les clients historiques. Des clients devenus « artisans responsables » et qui logiquement vont se multiplier.

 

 

La société Ecodrop, labellisée Greentech Innovation a remporté l’appel à projet lancé par l’Ademe, concernant la lutte contre les dépôts sauvages.

 

Une levée de fonds de 5 millions d’euros

 

Ecodrop travaille avec 60 partenaires dans le domaine des déchets et plusieurs centaines de transporteurs, ce qui suppose un outil de pilotage technique bien rodé. « Le digital permet d’aller chercher une cible diffuse, ici 500 0000 artisans, ce qui serait impossible à faire avec des commerciaux » ajoute la présidente de la société.

 

Avec 90 000 tonnes de déchets gérés en 2020, et 3500 clients, Ecodrop veut donc aller plus loin. La mise en oeuvre de la loi AGEC (Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire) a instauré un dispositif plus répressif contre les dépôts sauvages de déchets. Par ailleurs, une filière dite REP (Responsabilité élargie des producteurs) pour certains matériaux du bâtiment devrait voir également le jour dès janvier 2022.

 

De nouvelles obligations de tri et de recyclage pour les pros

 

Bref, le sujet du tri des déchets et de leur recyclage est plus que d’actualité, et Ecodrop a bien l’intention d’accompagner davantage les professionnels en les aidant à se conformer aux nouvelles orientations réglementaires et environnementales.

 

D’où la levée de fond de 5 millions d’euros : Turenne Groupe et Amundi, avec son fonds Amundi Finance et Solidarité, entrent ainsi au capital d’Ecodrop aux côtés des actionnaires historiques, Saint-Gobain, et de plusieurs Business Angels.

 

C’est donc un nouveau challenge pour la jeune présidente qui veut « endosser la responsabilité d’accompagner la transformation du secteur vers l’économie circulaire ». Les nouveaux financements lui permettront d’étendre ses services et sa solution digitale sur le territoire. « Ils vont nous permettre de gérer une multiplicité d’opérations et de bien plus gros volumes, avec davantage d’opérateurs aptes à assurer la traçabilité des déchets triés » conclut Marie Combarieu.

 

 

 

Les artisans fidèles (au bout de 6 opérations réalisées avec Ecodrop) reçoivent une plaquette de communication qui peut être remise aux clients et prospects qui apprécieront la démarche éco-responsable en matière de déchets.

 


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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