Un parquet cloué au point de Hongrie

Un parquet cloué au point de Hongrie

Dans une maison de caractère, la réalisation d’un parquet au point de Hongrie, en bois ancien, sur une grande surface, est un chantier exceptionnel.





 

Les propriétaires de cette maison de caractère avaient pu constater la qualité d’un parquet similaire chez des amis, et ont été conquis par le rendu exceptionnel de l’ouvrage. Voilà comment la menuiserie Marteau a eu le privilège de créer un parquet dans un salon de plus de 59 m2, selon la technique la plus délicate qui soit : le point de Hongrie.

 

L’entreprise pose régulièrement des parquets de toute sorte, mais a rarement l’occasion de travailler de telles surfaces avec des bois anciens, qui multiplient le coût des travaux par trois ou quatre…

 

L’entrepreneur, Alain Marteau, s’est occupé du calepinage, une phase primordiale de préparation. Les cotes, très précises, rentrées dans un logiciel de dessin général, donnent un plan de calepinage qui devient la base de travail de la fabrication des lames et de leur pose.

 

La tomette existant sur ce RDC sur cave a été déposée par un maçon, qui a creusé une réservation et coulé une dalle de béton. Le support, plan et sain, accueille des lambourdes, fixées selon les cas par des vis (ici) ou des chevilles pour un bon ancrage.

 

Lors de la pose, ­réalisée par le parqueteur de l’entreprise, aidé ponctuellement de deux autres employés, l’alignement parfait des pointes de parquet et l’équerrage, vérifiés en permanence,  permettent de ne pas dériver.

 

En effet, serrer d’un mm de trop ou de moins quelques lames conduit rapidement à une déviation visible. La phase de fabrication des lames, a été réalisée dans l’atelier de l’entreprise. «?Cela a demandé  beaucoup de temps et de travail. Un parquet neuf, lui, est commandé au fabricant, et nous parvient prêt-à-poser ! » note A. Marteau.

 

Cependant, le rendu de l’un et de l’autre sont très différents. Un parquet neuf, vieilli industriellement par une teinture, un brossage, etc., ne montrera jamais la patine caractéristique du bois ancien ni son esthétique incomparable.

 

 

FICHE CHANTIER

 

  • 59 m2 de parquet au point de Hongrie.
  • Calepinage : une journée (1 personne)
  • Pose (à 2 personnes) : 2 jours et demi pour le lambourdage, 1 journée pour la pose du plancher, 1 semaine et demi pour la pose de parquet brut et  2 jours et demi de ponçage et mise en cire.
  • Menuiserie Alain Marteau, à Déols (36)
  • 10 employés, dont 1 parqueteur et 2 apprentis.
  • Parquets : 30 % du CA



 

 

  1. Le plan de calepinage prévoit le nombre de rangs de parquet. Le sens des rangs est défini par celui de la lumière et le sens de la longueur de la pièce. Les cotes donnent notamment la longueur précise de chaque rang (en mm).

 

 

  1. Pour la fabrication des lames en bois ancien, du chêne de charpente a été transformé en lames brutes de 23 mm d’épaisseur par le fournisseur, un négociant en matériaux anciens.

 

 

  1. A l’atelier, le menuisier les rabote soigneusement, les coupe en biseau, puis crée rainures et languettes à la toupie. Les lames sont empilées, les gauches d’un côté, les droites de l’autre, par ordre de rangs, en suivant le plan de calepinage. Les bottes de parquet sont scotchées et identifiées. La face de parement est signalée par une couleur différente pour les lames de droite et celles de gauche.

 

 

  1. Les lambourdes de châtaignier sont posées sur des cales, ce qui permet une bonne ventilation sous plancher, puis dressées au moyen de vis à fixation rapide.

 

 

  1. La pose de dalles de plancher de 19 mm hydrofuges “rainurées languette” est un choix de l’entreprise. Etape supplémentaire, ce plancher facilite cependant le travail ultérieur, en permettant de marcher sans précaution particulière, et il apporte un gain phonique.
     



 

 

  1. Monsieur Marteau explique : «Il arrive de clouer les lames directement sur les lambourdes, comme sur cet autre chantier. Cela exige une pose rigoureuse des lambourdes car chaque pointe doit être fixée dans une lambourde, pas facile dans une pièce de grandes dimensions. »

 

 

  1. La forme en L de la pièce a nécessité de poser les 1res lames de rangs au niveau de la plus grande largeur, afin d’aligner les pointes des rangs de parquet sur une droite. Celui-ci a ensuite été réalisé à partir de cette ligne, en reculant vers la cheminée de droite, puis en avançant vers la cheminée de gauche. « D’habitude, on se cale sur une cheminée pour démarrer. »

 

 

  1. L’assemblage à rainures et languette est réalisé au fur et à mesure : les pointes de 5 cm de long sont enfoncées dans les languettes avec un cloueur pneumatique. Recouvertes au fur et à mesure, elles sont invisibles.

 

 

  1. La règle (devant l’ouvrage) permet de vérifier à chaque rang ou tous les 2 rangs que toutes les pointes sont bien alignées. L’équerrage, deuxième critère important est, lui aussi, vérifié en permanence à l’aide d’équerres en bois.



 

 

  1. Une frise court en périphérie et autour des 2 cheminées. La lame unique, posée au démarrage, permet un arrêt “propre” du motif en point de Hongrie sur une arrête rectiligne. Les embrasures sont traditionnellement traitées en lame droite (pose à l’anglaise), après la pose en point de Hongrie.

 

 

  1. On utilise une ponceuse à rouleau, en 2 passages, avec différents grains (40 puis 60) et aspiration intermédiaire. Puis une ponceuse à plateau prend le relais, en 3 passages (grains 60, 80 et 100). La mise en cire débute avec un fond dur, étalé au rouleau et à la brosse, qui obture les pores. Puis par 2 passages de cire de finition, lustrée mécaniquement. L’entretien sera réalisé avec la même cire, au chiffon.


 

  1. Le parquet brunit et dore légèrement, se patinant au fil du temps.

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