Cloisons : une offre technique qui se spécialise

Cloisons : une offre technique qui se spécialise

Les systèmes cloisons apportent des réponses à des configurations de plus en plus complexes, pour des applications toujours plus techniques. © Siniat






Les développements observés ces dernières années dans le domaine du cloisonnement montrent des réponses de plus en plus ciblées aux contraintes techniques et réglementaires, qui améliorent, en même temps, les modes de mise en œuvre.

 

Par exemple, les industriels de la plaque de plâtre de services de découpe sur mesure pour toutes les applications courantes, décoratives et techniques. Le développement des solutions quatre bords amincis, notamment dans le domaine de la cloison de grande hauteur ou en plafond, apportent également un plus lors de la pose.

 

Idem pour les complexes de cloisons acoustiques de grande hauteur ou, plus simplement, de cloisons séparatives de logements répondant aux exigences de la Réglementation acoustique. Sans oublier les plaques qui assainissent l’air ambiant ou celles haute dureté. 

 

Brique : cap sur le grand format « clipsable »

 

Pour les cloisons en brique, ce sont les grands formats et le “clipsable“ qui remportent l’adhésion des prescripteurs pour des applications de plus en plus fréquentes dans les ERP et petit tertiaire, au détriment de la maison individuelle.

 

En effet, malgré quelques niches régionales, il devient rare de voir de la brique en cloisons dans l’habitat individuel. Sur le plan technique, ils sont compatibles avec tous les types de montage : acoustiques et thermiques en phase avec les différentes réglementations, pièces humides et coupe-feu.

 

De son côté, le béton cellulaire s’est fait une spécialité des cloisons et murs séparatifs coupe-feu hautes performances, avec de nombreux PV de 1h30 à 4h et d’une hauteur de stabilité au feu jusqu’à 16 m. Concernant la protection-feu, les vertus de la plaque de plâtre ne sont plus à démontrer avec des performances coupe-feu jusqu’à 4 heures.

 

La plaque ciment n’a pas dit son dernier mot

 

Autre évolution remarquable : la plaque ciment. Avec des dimensions et une mise en œuvre calquées sur celles des plaques de plâtre (même ossature et même hauteur limite), elles bénéficient d’une très forte résistance à l’eau et d’une résistance mécanique bien supérieure aux plaques de plâtre.

 

Elles sont donc idéales pour le cloisonnement des pièces d’eau, quel que soit le degré d’hygrométrie. Bref aujourd’hui, les entreprises ont de quoi satisfaire l’ensemble des problématiques avec des produits spécifiques. Un risque à noter cependant : s’y perdre avec une offre (trop) foisonnante.

 

Les systèmes plaques de plâtre sur le haut du podium

Habito, la plaque lancée par Placoplatre en 2019, supporte jusqu’à 20 kg par point de fixation avec une vis à bois, et même 60 kg avec une cheville à expansion. Sa cible : l’habitat individuel

 

Ce marché dynamique, compterait au total environ 80 millions de mètres carrés, dont 70 millions pour les cloisons sur ossature et 10 millions pour les cloisons alvéolaires.

 

S’intéresser aux chiffres du marché n’est pas simple. Contacté, le Snip (Syndicat national des industries du plâtre) n’a pas pu apporter de réponses à nos questions. Ce qui est sûr, c’est que les systèmes plaques de plâtre sont très largement majoritaires sur les chantiers : au moins 80 %.

 

Pour ce secteur, Jérôme Goudard, chef de groupe marketing produits Placo© Isover©, annonce un marché total d’environ 80 millions de mètres carrés, dont 70 millions pour les cloisons sur ossature et 10 millions pour les cloisons alvéolaires. « Des estimations à prendre avec précautions », nous dit-il.

 

Les plaques techniques représenteraient 30 % du marché et celles dédiées aux établissements recevant du public (ERP) atteindraient environ 10 %. Mais là encore, prudence.

 

Cloisons maçonnées/collées : 5 % du marché

 

Pour le carreau de plâtre, le béton cellulaire ou encore la brique, difficile d’avoir une idée très précise du marché. Dans son dernier rapport datant de 2018, la Fédération française des tuiles et briques relève que sur la totalité des briques de structure livrées en France, seulement 4% sont des briques dédiées à la cloison.

 

De fait, nombre d’observateurs s’accordent pour dire qu’avant la crise sanitaire, le marché en volume, tout type de produits et systèmes confondus, était relativement stable, hormis le secteur du logement qui enregistrait une croissance. Les produits techniques à plus forte valeur ajoutée étant eux davantage portés par la prescription. Qu’en sera-t-il après la crise ?

 

Artisans : formation sur tous les fronts

 

Tout matériaux et solutions confondus, les industriels s’intéressent de très près à la formation de leurs clients. L’objectif est double : les aider à monter en compétence, tout en assurant la promotion de leurs solutions techniques.

 

Coté plaque de plâtre, les trois leaders Knauf, Placo et Siniat proposent à leurs clients – artisans, entreprises de pose, négociants en matériaux, bureaux d’étude, prescripteurs – des formations aussi bien en mode e-learning qu'en mode présentiel dans leurs centres répartis sur l’ensemble du territoire.

 

En général, les stages présentiels associent cours théoriques et travaux pratiques en atelier. Les industriels proposent également des formations sur mesure adaptées aux besoins d’un client (négoce, entreprise de pose…), dans les locaux de ce dernier ou sur un chantier donné.

 

Des organismes de formation certifiés

 

Qualifiantes et certifiées – Certibat Formation Professionnelle –, elles répondent au référentiel du décret formation professionnelle 2017 et permettent de bénéficier des financements paritaires ou publics.

 

A ce titre, les centres des industriels de la plaque de plâtre sont référencés sur Datadoc, site de référencement des organismes de formation certifiés, exploité par les OPCO qui remplacent les anciens organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA).

 

Les thèmes sont divers et concernent l’ensemble des problématiques auxquelles sont confrontés leurs clients : réglementations techniques, santé et sécurité, aménagement, isolation, finition, mise en œuvre d'un produit ou d’une solution spécifique ou d'un argumentaire de vente et/ ou de prescription. Et bien sûr, le BIM.

 

Formations pour les Briques et le béton cellulaire

 

Ytong Siporex pour le béton cellulaire est engagé depuis plus de quinze ans sur la même voie et a déjà formé plus de 3000 personnes. Ici, les formations portent sur la maçonnerie à joint mince, les cloisons étant montées ainsi.

 

Chez Bouyer Leroux et Wienerberger également pour la brique, des centres de formation dédiée permettent de se familiariser avec les produits, qu’ils soient traditionnels comme la bique plâtrière ou brique collées, ou de grand format.

 

« Les entreprises qui augmentent leur chiffre d’affaires et qui durent dans le temps sont souvent celles qui sont prescriptrices »

 

Jérôme Goudard, chef de groupe marketing produits Placo © Isover

 

Batirama : Quels sont les facteurs de croissance du marché de la cloison ?


Jérôme Goudard : Au-delà de l’aspect purement réglementaire (plaque résistante au feu ou hydrofuge), nous constatons une évolution des besoins et une montée en gamme de nos produits pour davantage de confort.

 

Il y a de plus en plus de demandes de nos clients, en option ou standard dans leurs projets, pour des plaques acoustiques entre chambre et salon par exemple, ou encore pour des plaques haute dureté et qui facilitent l’accrochage de charges lourdes dans les cuisines. Idem dans les crèches ou les écoles, avec les plaques qui améliorent la qualité de l’air. Ce sont des tendances fortes qui sont facteurs de croissance du marché – pas nécessairement en volume, excepté pour les logements, mais en chiffre d’affaires. Une autre évolution est liée à un changement dans les modes constructifs des logements collectifs.

 

La part du béton banché est en train de se réduire au profit de systèmes poteaux-dalles. C’est une opportunité pour développer le marché des cloisons séparatives légères. Enfin, thématique importante post crise sanitaire, le recloisonnement des espaces de travail et la transformation de bureaux vacants en logements. La tendance devrait s’accélérer.


Quelles compétences doivent avoir les entreprises pour développer leur chiffre d’affaires sur ce marché ?


Jérôme Goudard : Ce n’est pas facile d’apporter une réponse générale. Le constat est que les entreprises qui augmentent leur chiffre d’affaires et qui durent dans le temps sont souvent celles qui sont prescriptrices. Par exemple, travailler à la rénovation d’une salle de cinéma implique de trouver des solutions ingénieuses et techniquement abouties, et aussi d’avoir une bonne connaissance des produits.

 

L’entreprise qui a ces connaissances apportera une réponse adaptée à ses clients et développera son CA. Idem pour celles qui maîtrisent l’outil BIM ou offrent des services à valeur ajoutée comme les découpes à la demande facilitant les approvisionnements.


Sur quels produits ou systèmes travaillez-vous aujourd’hui ?


Jérôme Goudard : Nous travaillons sur trois axes : l’amélioration du confort, l’optimisation des systèmes pour faciliter la pose – il s’agit de palier le manque de main-d’œuvre et le vieillissement des compagnons dans les entreprises – et la diminution de l’impact carbone des cloisons et doublages.

 

L’impact environnemental des produits est désormais pris en compte dès les premières phases de développement. Nous menons aussi une réflexion sur la réutilisation des cloisons séparatives. Par exemple dans les commerces où elles ont une durée de vie moyenne de cinq ans. Pour peu qu’on le prévoit en amont, elles sont facilement démontables. Potentiellement, cela peut permettre de diminuer l’impact carbone.

 


Source : batirama.com / Stéphane Miget

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