NF DTU 24.1 – Travaux de fumisterie

NF DTU 24.1 – Travaux de fumisterie

Le conduit de fumée doit satisfaire à plusieurs obligations afin d’éviter tout risque d’intoxication. D’où l’intérêt d’une bonne conception, d’une bonne mise en œuvre et d’un entretien régulier.

Photo ©DR






Domaine d’application

Le NF DTU 24.1 « Travaux de fumisterie – Systèmes d’évacuation des produits de combustion desservant un ou des appareils » donne les prescriptions techniques de réalisation des conduits de fumée individuels et collectifs, des tubages, des chemisages, des carneaux et des conduits de raccordement destinés à évacuer les produits de combustion des appareils usuels destinés au chauffage de locaux, à la production d’eau chaude sanitaire ou à d’autres utilisations individuelles ou collectives.

Les travaux peuvent être exécutés dans des constructions neuves ou anciennes, qu’importe leur destination. Ce NF DTU peut également s’appliquer à la rénovation ou à la réhabilitation de conduits existants en mauvais état.

Il traite également des travaux d’entretien, du ramonage ainsi que du diagnostic des conduits.

Le NF DTU 24.1 vise :

  • les conduits de fumée des âtres ;
  • les appareils à foyer ouvert ;
  • les inserts ;
  • les conduits systèmes avec paroi intérieure en céramique.

 

Il ne traite pas :

  • des cheminées autoportantes ;
  • de l'évacuation des produits de combustion des appareils raccordés à une VMC-gaz ;
  • des appareils de toute nature ayant une température nominale des gaz de combustion supérieure à 400 °C ;
  • des appareils de production de chaleur destinés aux procédés industriels (chaudières a? fluides thermiques, incinérateurs, fours divers, etc.) ;
  • des moteurs à combustion interne ou turbines ;
  • des appareils à circuit de combustion étanche ;
  • des appareils désignés pour servir exclusivement à la cuisson lorsque l'évacuation des buées et des graisses est conjointe à l'évacuation des fumées.

 

La version en vigueur de ce NF DTU, à la publication de cette fiche, est celle de février 2006, amendée en décembre 2011 et décembre 2012.

 

Matériaux et matériels visés

Les exigences que doivent respecter les matériaux et les matériels nécessaires à la réalisation des travaux de fumisterie, et plus particulièrement aux systèmes d’évacuation des produits de combustion desservant un ou des appareils (conduits de fumées, carneaux de fumées, conduits de raccordement, tubage, liants, etc.), sont données dans l’article 4 de la partie 1 du NF DTU 24.1.

                                                                                      

Mise en œuvre : l’essentiel

Dispositions générales

De manière générale, les composants d’un conduit rentrant dans la réalisation d’un ouvrage de fumisterie sont caractérisés par cinq grandeurs formalisées ainsi : T° P° C Cr R et définies dans le tableau ci-dessous :

 

Grandeurs Détails

 Classe de température = température de service nominale de fonctionnement du conduit.

 

 Il existe 11 classes : T080, T100, T120, T140, T160, T200, T250, T300, T400, T450, T600.

 Classe de pression = aptitude à supporter des gaz de combustion en pression négative ou positive.

 

 Il existe 6 classes : N1 et N2 (tirage naturel), P1 et P2 (faible pression positive), H1 et H2 (forte pression positive).
C

 Résistance à la condensation = aptitude à recevoir ou non de la condensation en régime permanent de fonctionnement.

 

 Il existe 2 classes : W (fonctionnement en condition humide – température minimale de la paroi intérieure du conduit supérieure à 0°C) et D (fonctionnement en condition sèche – température minimale de la paroi intérieure du conduit supérieure au point de rosée des fumées).
Cr

 Résistance à la corrosion = aptitude du matériau constitutif de la paroi intérieure du conduit à résister aux agressions chimiques des condensats des fumées.

 

 Il existe 3 classes : 1, 2 et 3.
R

 Résistance au feu de cheminée = aptitude du composant à résister à un feu de cheminée et à garder notamment sa caractéristique d’étanchéité.

 

 Il existe 2 classes : G (résistant) et O (non soumis aux essais permettant le classement).

 

Exemple : T450 N1 D 2 G50

Pour les conduits de fumée métalliques, la résistance à la corrosion s’écrit V1, V2, V3 ou Vm et l’indication de la nuance et de l’épaisseur de métal utilisé est rajoutée en suivant (exemple : T450 N1 D V2 L50030 G50).

 

En complément de ces données, il est important de connaître :

  • la distance de sécurité par rapport aux matériaux combustibles (notamment déterminée grâce à la résistance thermique des composants du conduit) ;
  • la perte de charge (pour le calcul thermo-aéraulique du conduit) ;
  • la résistance au gel/dégel.

 

Conception des ouvrages

Un conduit de fumée doit satisfaire à plusieurs conditions afin d’être apte à l’emploi. Il doit notamment :

  • évacuer les produits de combustion ;
  • résister à l'action chimique des produits de combustion et des condensats éventuels ;
  • assurer le tirage nécessaire au fonctionnement des appareils de combustion raccordés ;
  • résister à l'action de la température des produits de combustion ;
  • avoir une étanchéité satisfaisante ;
  • avoir une stabilité mécanique satisfaisante.

 

Avant tout raccordement d’un appareil de combustion sur un conduit de fumée, des vérifications doivent impérativement être réalisées afin de s’assurer de la compatibilité du conduit avec son utilisation envisagée. Dans le cas contraire, des dispositions spécifiques seront à mettre en place comme la mise en place d’un tubage ou d’un chemisage du conduit.

 

Aussi, de manière générale :

  • la section intérieure d’un conduit doit être constante et de même forme sur toute sa hauteur ;
  • le tracé du conduit doit être vertical. Toutefois, des dévoiements peuvent être autorisés sous certaines conditions, que le conduit soit individuel ou collectif ;
  • selon la nature et la température des produits de combustion, du combustible utilisé ou du type d’appareil raccordé, le conduit pourra être réalisé en terre cuite, en béton ou en métal ;
  • quel que soit le type de conduit, ce dernier doit comporter au moins une plaque signalétique au niveau du raccordement du carneau, du conduit de raccordement au conduit de fumée, à proximité de la trappe de ramonage, en combles ou sur la souche ;
  • en cas d’extraction mécanique des produits de combustion, le fonctionnement de l’appareil doit être conditionné à celui de l’extraction par un dispositif à sécurité positive décidant de la mise à l’arrêt/en sécurité de l’appareil en cas de défaillance. Cette dernière doit être signalée de manière sonore ou lumineuse.

 

Dispositions spécifiques

Un conduit de fumée situé à l’extérieur d’un bâtiment doit répondre à des prescriptions particulières dont notamment celles indiquées dans le tableau ci-après :

 

Situation Conduit hors gaine / hors coffrage Conduit dans coffrage Conduit dans gaine maçonnée à l’intérieur du bâtiment restituant les conditions extérieures
Dispositions spécifiques

- Conduit de fumée P2/P1, H2/H1 ou N1/N2 ;

 

- Si possibilité de brûlures aux personnes ou de chocs, mise en place d’une protection au niveau des zones concernées (pouvant être normalement accessibles) ;

 

- Résistance à l’action des vents du conduit.

- Conduit de fumée P2/P1, H2/H1 ou N1/N2 ;

 

- Résistance à l’action des vents et des intempéries du coffrage ;

 

- Si fonctionnement en pression positive, nécessité d’une ventilation basse et haute par des ouvertures permanentes débouchant directement sur l’extérieur, de section minimale libre de passage d’air de 4 dm2 ;

 

- Le coffrage doit pouvoir permettre une visite des parois extérieures du conduit.

- Concerne les conduits desservant des appareils d’une puissance calorifique totale supérieure à 365 kW ;

 

- Matériau de construction de la gaine classé M0 ou A2-s1,d0 à minima ;

 

- Gaine doit être verticale et ventilée par des ouvertures permanentes en partie haute et basse, donnant directement sur l’extérieur et de section minimale de 4 dm2.

 

Les conduits de fumée en situation intérieure doivent également respecter des prescriptions spécifiques dont notamment :

 

  • ne pas desservir des appareils de puissance calorifique totale supérieure à 365 kW ;
  • toujours être en dépression en service normal ;
  • aucune paroi du conduit ne doit être constituée par un mur ou une cloison du bâtiment ;
  • que le conduit soit revêtu d’un habillage avec enduit, d’un habillage avec cloison de doublage ou dissimulé derrière un coffrage, etc., les parois extérieures du conduit doivent pouvoir être accessibles ;
  • une distance de sécurité minimale doit être respectée entre le conduit et les matériaux combustibles les plus proches. Elle sera déterminée selon la résistance thermique de la paroi du conduit et sa classe de température.

 

 

En complément de ces dispositions spécifiques, les articles 8, 9, 10, 12, 13, 14 et 15 de la partie 1 du NF DTU 24.1 traitent respectivement des conduits de fumée en terre cuite et briques, en béton, en métal, des carneaux de fumée, des conduits de raccordement, du chemisage et du tubage.

 

Avant mise en service, la conformité de l’installation au regard des études de conception et du dimensionnement des éléments doit être vérifiée, en particulier concernant :

  • les appareil(s) raccordeé(s) (marque, puissance, type, emplacement, conformité aux normes) ;
  • le circuit d'amenée d'air comburant jusqu'au local où est (sont) installé(s) le ou les appareil(s) ;
  • le(s) conduit(s) de raccordement et carneau éventuel ;
  • le conduit de fumée ;
  • le débouché en toiture ;
  • la présence et l’accessibilité de l’ensemble des dispositifs nécessaires à l’entretien ultérieur ;
  • la présence de la plaque signalétique du conduit.

 

En complément, des contrôles doivent être réalisés avant (vacuité, étanchéité, etc.) et après (tirage suffisant) raccordement du (ou des) appareil(s).

Un réglage sera également nécessaire pour obtenir la bonne dépression à la buse de chaque appareil raccordé.

 

N.B. : Cette fiche rapporte l’essentiel de la partie 1 du NF DTU 24.1. Elle ne se substitue en aucun cas à ce document normatif. Pour tout complément souhaité sur ce type de mise en œuvre, consultez le NF DTU disponible auprès de l’AFNOR ou du CSTB.


Source : batirama.com

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