Etanchéité à l’air : comment réussir le passage obligé de la RT 2012

Etanchéité à l’air : comment réussir le passage obligé de la RT 2012

Pour répondre aux enjeux de la future réglementation thermique calés sur ceux du label BBC, il faut faire la chasse aux fuites d’air !





 

Pour atteindre les objectifs fixés par la RT 2012 en termes d’étanchéité à l’air, toutes les micro-infiltrations d’air parasites doivent être supprimées. Alors gare aux malfaçons !

 

Car ces fuites d’air sont réparties au niveau des liaisons façades / planchers, menuiseries / maçonnerie, coffres de volet roulant… ou passent au travers des équipements électriques, des trappes d’accès ou de visite...

 

Pour les supprimer, une seule solution, un bon produit, bien posé. La qualité de mise en œuvre est une condition essentielle à la réalisation d’une peau étanche et continue.

 

Produits spécifiques

 

Les fabricants proposent également des produits spécifiques tels que membrane d’étanchéité à l’air, frein-vapeur, bandes d’étanchéité, rubans adhésifs, joints précomprimés, manchettes câbles, manchettes conduits, trappe étanche, boîtier électrique étanche…

 

En phase chantier, la coordination entre tous les lots est indispensable en précisant les limites de leur intervention et les points singuliers qu’ils ont à traiter. Il est d’ailleurs judicieux de contrôler l’étanchéité au fur et à mesure des travaux (notamment à la mise hors d’eau et hors d’air).

 

 

AVIS D'EXPERT

 

Christian Cardonnel
Président de Cardonnel Ingénierie, le confort durable du bâtiment


« Une ventilation optimale »

 

«Dans un logement de 100m2, avec une construction sans soins, les “trous” non souhaités dans l’enveloppe du bâtiment peuvent représenter plus de 600cm² (format d’une feuille A4) alors que les entrées d’air d’une ventilation simple flux représente moins de 50cm² (format d’une carte de visite).

 

En fonction de la différence de pression, les fuites d’air non souhaitées laissent, d’un côté, s’échapper de l’air et de la chaleur et, de l’autre, pénétrer le froid et l’humidité. Elles dérèglent également le système de ventilation d’air du logement puisqu’elles court-circuitent le balayage d’air dans la maison qui consiste à faire rentrer l’air neuf dans les pièces de vie et à évacuer l’air vicié dans les pièces humides.

 

Le renouvellement de l’air n’est alors plus maîtrisé avec pour conséquences des déperditions énergétiques 2 ou 3?fois plus élevées, une surconsommation en terme de ventilation, l’air devant être chauffé plus que nécessaire pour le renouvellement d’air.

 

Dans le cas d’une VMC double-flux avec échangeur de chaleur, les rendements peuvent aussi fortement chuter, l’air préférant passer par les trous de l’enveloppe plus que par l’échangeur et le réseau double flux.

 

De la bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe du bâti découle le fonctionnement optimum de la ventilation. La combinaison gagnante pour un habitat sain, confortable et économe en énergie est donc isolant performant + étanchéité à l’air + ventilation maîtrisée. »




 

Point n° 1 : réalisation du gros œuvre

 

 

Le principe fondamental pour assurer une bonne étanchéité de l’enveloppe est de réaliser une peau hermétique et continue. A la clef, limiter la surconsommation des besoins de chauffage qui peut être de l’ordre de 5
à 20 kWhEp/m2/an.

 

  • Pour limiter les fuites d’air parasites

    , il faut assurer un plafonnage continu, des liaisons soignées entre maçonnerie / charpente / isolation, des raccords minutieux au niveau des fenêtres, le jointoiement des liaisons entre murs verticaux / planchers / plafonds, des jonctions entre isolants parfaitement maîtrisées… Tous les points singuliers du bâti doivent être minutieusement traités.

 

  • Pour limiter les infiltrations d’air

    aux niveaux des jonctions linteau / menuiserie, tableau / menuiserie, appui / menuiserie, il est indispensable de vérifier l’aplomb des tableaux, le niveau des appuis et linteaux, la dimension des appuis et la largeur du rejingot. Les accessoires monolithes (linteau, appui) en béton hydrofugé, fibre-ciment, terre cuite garantissent un parfait calibrage avec la menuiserie. L’utilisation de caisson monobloc, dont la liaison coffre / menuiserie est réalisée en usine, assure un dispositif de montage parfaitement étanche.

 

  • Dans un projet à structure bois

    le DTU 31.2 “Construction de maisons et bâtiments à ossature bois” impose l’installation d’une membrane pare-vapeur indépendante et continue pour assurer une bonne étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau. Cette continuité est assurée en posant les lès à recouvrement et en les collant les uns aux autres par bandes adhésives ou colles contact.

 

  • Concernant l’isolation

    , le Cahier des Prescriptions techniques n°?3560 impose la mise en œuvre d’une membrane d’étanchéité à l’air souple, dans les combles aménagés et perdus sur plancher qui peut être utilisée pour toutes les parois ouvertes ou maçonnées dès qu’il y a un doute sur leur étanchéité.

 

  • Des produits spécifiques

    “Etanchéité à l’air” commencent à faire leur apparition sur le marché qui viennent soit en complément d’une bonne isolation soit en substitution de l’isolation.  De manière générale, la mise en œuvre d’enduits intérieurs continus (chaux, argile, plâtre… comme c’est le cas en système constructif monomur) assure également l’étanchéité à l’air des maçonneries.



 

Point n° 2 : mise en œuvre des menuiseries

 

 

De nombreux défauts d’étanchéité à l’air peuvent se situer au niveau des jonctions menuiseries extérieures/gros œuvre : infiltration au niveau de l’appui, du linteau ou du tableau… Pour les éviter, un seul principe : une mise en œuvre soignée.

 

  • Vérifiez la mise en œuvre :

    le maintien des performances d’étanchéité à l’air des menuiseries est avant tout conditionné par une mise en œuvre réalisée en conformité avec la version corrigée du DTU 36.5 parue en octobre 2010, “Travaux de bâtiment - Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures”.

 

Lors d’une pose de menuiserie en applique intérieure, la continuité de l’étanchéité dans les angles inférieurs doit être assurée par la reconstitution de l’appui (pré-cadre métallique filant). Le calfeutrement principal d’une fenêtre posée en applique extérieure doit être complété par un calfeutrement en traverse haute (membrane d’étanchéité).

 

Une pose en tunnel implique l’utilisation de gammes spécifiques permettant de réaliser les calfeutrements, la reconstitution des feuillures si ces calfeutrements ne respectent pas les tolérances dimensionnelles du gros œuvre.

 

  • Attention à la réception des tableaux :

    une attention toute particulière doit donc être portée à la réception des tableaux (respect des tolérances), à la liaison avec le gros œuvre (fixation), au choix du calfeutrement.

 

Le nouveau DTU 36.5 ne reconnaît que les calfeutrements secs, mastic, mousses imprégnées de classe 1 ou membranes d’étanchéité. En dehors du DTU, la mise en œuvre d’une menuiserie doit également respecter les prescriptions indiquées dans les notices des fabricants comme le respect des consignes de réglage (aplomb, équerrage…) et d’installation des différents accessoires (cales antidégondage pour coulissant, fiches de compression…).

 

  • En termes de produits

    , les fabricants proposent des menuiseries livrées avec un joint mousse pré-comprimé durable dans le temps, avec un joint lèvre ou une membrane non-tissée ou, pour les portes d’entrée, des modèles avec plinthes d’étanchéité en bas de porte. 

 

Pour rappel, le classement européen A*E*V* déterminant les performances d’étanchéité à l’air (A*), à l’eau (E*) et au vent (V*) d’une menuiserie est un excellent indicateur de choix. Quatre classes existent de la moins performante A*1 à la plus efficace A*4 qui garantit un indice de perméabilité inférieur à 0,35 m3/h/m2 (sous 4 Pa).




 

Point n° 3 : conception des réseaux

 

 

Pour éviter les fuites d’air, l’une des règles est de limiter les percements entre intérieur et extérieur. Il faut donc notamment réduire le passage des gaines et câbles électriques, du réseau de ventilation, de gaz, d’eau, de téléphone au travers de l’enveloppe étanche.

 

  • La réalisation de réseaux étanches

    et l’emploi d’équipements performants constituent un prérequis pour ne pas dégrader les performances d’étanchéité de l’enveloppe. Tous les réseaux doivent donc être conçus pour traverser l’enveloppe en un minimum de point.

 

Il est même recommandé de prévoir un point de pénétration unique par réseau. Lorsque cela n’est pas possible, tous les points de passage enveloppe / réseaux doivent être soigneusement colmatés par des joints et membranes étanches.

 

  • Pour le passage des réseaux électriques

    , une solution consiste à installer le tableau électrique en volume chauffé et à travailler dans l’enveloppe étanche, sans jamais la traverser, en créant un vide technique pour la distribution des gaines. Il est également conseillé d’utiliser des boîtiers électriques étanches.

 

  • Concernant le réseau de ventilation

    , quelques règles sont également à respecter comme soigner l’étanchéité au niveau du raccordement des bouches (préférer des jonctions étanches préfabriquées en usine) ou entre conduits (les conduits avec joints intégrés permettent d’obtenir une excellente étanchéité) ou encore entre conduits verticaux et horizontaux (préférer les liaisons rigides ou semi-rigides).

 

La traversée de plancher d’un réseau aéraulique impose la mise en place d’un joint de traversée de dalle (résiliant à base de caoutchouc naturel de 2 à 3 mm d’épaisseur) pour désolidariser la dalle du conduit.

 

INFOS PRATIQUES

 

Comment mesure-t-on l’étanchéité à l’air d’un bâtiment ?

 

L’étanchéité à l’air d’un bâtiment se mesure en obturant toutes les entrées d’air prévues (grilles de ventilation, bouches d’extraction…) et en mettant le logement en dépression ou en surpression sous 50 Pascals. Pour cela, deux types d’appareils existent :

  • le Perméascope, réservé aux logements individuels, permet de réaliser des mesures à partir d’un raccordement sur une bouche d’extraction de la VMC et d’obtenir simultanément le débit de fuites d’air et la dépression du logement ;
  • la Blower Door ou Porte soufflante est une porte étanche munie d’un ventilateur (pour un volume inférieur à 2000m3) ou de deux ventilateurs (pour un volume inférieur à 4000m3) qui va remplacer, le temps du test, la porte du logement pour pouvoir le mettre en dépression ou surpression. Des capteurs intérieurs et extérieurs mesurent alors les pressions et les débits d’air et en déduisent les fuites.

 

La mesure d’étanchéité à l’air ne peut être réalisée que par un opérateur agrée par le ministère de l’Ecologie, de l’Energie du Développement Durable et de la Mer selon une méthode d’essais normalisée régie par la norme EN NF 13829 de février 2001, “Performance thermique des bâtiments - Détermination de la perméabilité à l’air des bâtiments - Méthode de pressurisation par ventilateur”.

 

Mise en œuvre fenêtres et portes extérieures : un document de référence unique

 

La version corrigée de la norme NF DTU 36.5, “Travaux de bâtiment - Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures” constitue désormais un document de référence unique, en travaux neufs et en rénovation, pour la mise en œuvre des fenêtres, porte-fenêtres, blocs-baies, portes extérieures et ce, quel que soit le matériau (acier, aluminium, bois, PVC, mixte).

 

Elle remplace le DTU 36.1 (fenêtres en bois), 37.1 et 37.2 (fenêtres en aluminium) et le cahier du Cstb, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, n° 3521 (fenêtre en PVC).

 

 

Source : batirama.com / Virginie Bourguet

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1 Commentaire


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  • par allan
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  • 0

Excellent document permettant a tout un chacun de se rassurer sur les points un peu oubliés.

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