Que faire des parkings souterrains dans les grandes villes ?

Que faire des parkings souterrains dans les grandes villes ?

Indigo et Dominique Perrault veulent transformer les parkings en fermes urbaines, salles de concert, lieux de services, avec force éclairage naturel et ENR à tous les étages.



Indigo Groupe, qui jusqu’en 2015 se prononçait Vinci Park, est le premier opérateur de parking et de mobilité individuelle dans le monde. En France, Indigo gère 660 parkings – ils disent Parcs -, soit 434 000 places de stationnement dans 160 villes différentes.

 

Mais voilà, dans les grandes villes au moins, ces parkings sont de moins en moins remplis, pour toutes sortes de raison : développement des transports en commun, diminution du nombre des voitures particulières, … Et la tendance à long terme n’est pas encourageante. Que faire de tous ces parkings ? Dans Paris seulement, il y a environ 2 millions de m² de parkings souterrains accessibles au public.

 

 

Dominique Perrault , à gauche, a réalisé avec Dominique Perrault Architecture, une étude sur l'avenir des parkings souterrains pour le compte de Indigo Groupe, l'uhne des plus grands gestionnaires de parkings dans le monde. ©PP

 

Une étude de Dominique Perrault Architecture

 

Indigo a donc demandé à Dominique Perrault Architecture (DPA) de réimaginer le parking souterrain de demain. La réponse, présentée le 28 février dernier, consiste réduire l’espace de stationnement dans les parkings, au profit d’autres activités de toutes sortes, de la logistique à la ferme urbaine, en passant par des salles de spectacle.

 

DPA fait remarquer qu’un parking souterrain est une boîte enterrée, très résiliente, beaucoup plus des bâtiments de surface. Il faut donc « ouvrir les parkings », selon DPA, dans trois directions. Horizontalement, il faut créer une solidarité entre les parkings et les autres espaces enterrés qui, mutuellement, s’ignorent totalement : les transports en communs et leurs gares, les sous-sols d’immeubles tertiaires, les galeries commerciales, etc.

 

On doit aussi ouvrir le parking vers le bas. Un parking est une boîte isotherme, à la température remarquablement stable toute l’année dans ses niveaux les plus profonds. Pourquoi ne pas y installer des data centers ? Ils seraient nettement plus proches de leurs utilisateurs, les villes sont déjà largement fibrées et la connexion de ces data centers en sous-sol ne devrait pas poser d’insurmontables difficultés.

 

Des data centers dans les parkings, c'est possible !

 

Naturellement, il faudra tout de même refroidir, énormément. Pour cela, dit DPA, utilisons donc les ressources du sous-sol grâce à des pompes à chaleur géothermiques sur boucle fermée (boucle emplie d’eau glycolée) de moins de 200 m de profondeur – règlementation oblige – pour dissiper la chaleur des data center.

 

Ou bien, si un réseau de chauffage urbain passe à proximité, pourquoi ne pas utiliser la chaleur du data center pour le réchauffer ? Par exemple, parce qu’un data center produit d’énormes quantités de chaleur, mais pas très chaude en réalité, de l’ordre de 35 à 40°C.

 

Tandis que les réseaux de chaleur en centre-ville fonctionnent à très haute température (>100°C) et que même le retour des réseaux urbains est au-delà de 50°C. Il faudrait donc des pompes à chaleur eau glycolée/eau qui remonteraient la température pour rendre la chaleur utilisable par les réseaux urbains. Elles existent, mais c’est une équation économique plutôt que technique.

 

 

 

Vers le haut, les parkings seront ouverts par de grandes trémies pour faire entrer la lumière naturelle aussi bas que possible à travers les niveaux enterrés. Le niveau -1 des parkings devient une voirie urbaine, librement accessible. On l’utilise pour des livraisons, de la logistique, du stationnement à court terme, des services aux véhicules (lavage, entretien, réparation), des échanges entre divers modes de transport. Pour les habitants du quartier, ce niveau peut proposer des caves ou de secondes caves à louer. ©Dominique Perrault Architecture pour INdigo Groupe

 

Quelques difficultés restent à surmonter

 

Selon Dominique Perrault, il faudrait que l’on aboutisse, aussi rapidement que possible, à une sorte de PLU du sous-sol. Afin que les opérateurs du sous-sol disposent d’un cadre règlementaire qui leur permette de comprendre quelles opérations sont envisageables selon les endroits. Il plaide pour l’apparition de certification environnementales, de type LEED, BREEAM ou HQE, pour les parkings souterrains réaménagés.

 

La question, pourtant simple, de savoir à qui appartient le sous-sol, jusqu’à quelle profondeur et dans quelle mesure il pourrait faire l’objet de transaction … a rencontré un silence assourdissant.

 

En attendant que ce point soit éclairci, DPA a identifié plusieurs configurations différentes. La plus prometteuse est la reconversion de parkings existants par « épaississement », c’est-à-dire en mettant en relation le parking avec son voisinage immédiat. Pour un projet de réaménagement de site près de l’Arc de Triomphe à Paris, dans un bâtiment qui comporte autant de niveaux au-dessus qu’en dessous du sol, DPA propose d’ouvrir au public trois niveaux de parking souterrain.

 

Déjà des expériences interessantes

 

De son côté Indigo a déjà mené quelques expériences. Le groupe a notamment vérifié à Issy-les-Moulineaux que les parkings souterrains, au prix d’aménagement peu coûteux, étaient parfaitement capables d’accueillir des voitures sans chauffeur. Indigo a également équipé plusieurs parkings en France avec des ensembles « Amazon Lockers » : des casiers dans lesquels Amazon livre des colis, qui sont ensuite collectés par leurs destinataires grâce à un code personnalisé qui leur est communiqué.

 

Avec le constructeur automobile chinois Geely qui lance à Paris CAOCAO, un service de véhicules électriques en partage, Indigo équipe ses parkings parisiens de bornes de rechargement rapides : 400 sont déjà en service, 1000 sont prévues d’ici la fin de l’année.

 

A La Défense, avec la collaboration de Signify (ex-Philips Lighting) qui fournit les Leds nécessaires, Indigo aménage une ferme urbaine dans un parking reconditionné. Enfin, le groupe a entrepris d’aménager des chambres froides dans un parking parisien en centre-ville. Il s’agit de collaborer à la chaîne logistique du dernier kilomètre. Les chambres froides sont approvisionnées par des camionnettes, les livraisons de produits frais s’effectuent ensuite en vélos électriques. Différentes chambres froides sont prévues pour gérer plusieurs températures, de manière à accommoder à la fois des produits congelés et des fleurs.

 

Enfin, Indigo gestionnaire de plusieurs parkings aux Champs-Elysées à Paris, espère beaucoup des projets de revalorisation de l’avenue. Le groupe aimerait beaucoup valoriser ses emplacements en déclinant une partie des idées ci-dessus, sinon toutes.

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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  • par Eric CURIEUX2
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