Elisabeth Borne dans la Manche après la tempête et le recul du trait de côte

Elisabeth Borne dans la Manche après la tempête et le recul du trait de côte

La ministre de la Transition écologique s'est rendue à Gouville-sur-mer, alors que cette commune de la Manche a vu son trait de côte reculer, notamment sous l'effet de la dernière tempête Ciara.




"On a pu montrer ici qu'il faut préparer le moyen terme. Il faut raisonner à trente ans, et en pensant même à ce qu'il va se passer dans la deuxième moitié du siècle, mais évidemment ça ne va pas nous détourner de l'action dans l'urgence", a déclaré Mme Borne, soulignant la mise en place d'un enrochement "qui va donner cinq ans", "le temps de repenser autrement l'aménagement du littoral".

 

"On voit qu'ici la mer est plus forte que nous. Il faut aussi réfléchir à ne pas vouloir gagner contre la nature, mais de jouer avec la nature", a également plaidé Mme Borne, évoquant la recréation de cordons dunaires, de prairies ou de forêts pour tenter de limiter l'érosion côtière. Cette visite ministérielle fait suite à l'annonce de mesures concernant la protection de populations face aux inondations, au risque de submersion ou encore à l'érosion.

 

La maire de Gouville Béatrice Gosselin a qualifié de "choc" les marées de septembre et février. "Le trait de côte a considérablement reculé, en un temps impressionnant de rapidité", a-t-elle dit, montrant un parking de camping-car, installé en bord de mer, désormais réduit de plus de sa moitié après la tempête.

 

Relocaliser les logements menacés par l'érosion maritime

 

"Je savais que l'érosion marine était inéluctable mais pas qu'elle prenne cette ampleur et cette rapidité !", a ajouté la maire de cette commune touristique d'environ 3.000 habitants. La ministre, qui a rencontré des élus locaux et des scientifiques, a également rendu visite aux propriétaires d'un camping, tout proche de la mer, où de l'autre côté de la route figure un panneau portant "interdiction de marcher sur tous les ouvrages de défense contre la mer".

 

"La roche a bien protégé" le camping lors de la tempête, a reconnu le propriétaire Luc Catherine, qui avait racheté les lieux en 2010, à une époque où les risques d'érosion semblaient très éloignés. "On n'est pas obtus: oui à une délocalisation, mais comment ? Elle ne se fait pas en claquant des doigts", a-t-il argué. Le gouvernement a fait part de son intention de "relocaliser" les logements menacés par l'érosion maritime, soit entre 5.000 et 50.000 habitations estimées d'ici 2100.




Source : batirama.com

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