Un chantier sous contraintes pour le nouveau siège de Vinci

Un chantier sous contraintes pour le nouveau siège de Vinci

Le Groupe Vinci a confié aux architectes Jean-Paul Viguier et Marc Mimram la conception réalisation de son futur siège social installé en surplomb de la future Gare de Nanterre La Folie.





Il manquait à Vinci, un groupe international de 220 000 collaborateurs, un siège social symbolisant sa puissance et la diversité de ses métiers. La livraison prochaine de l'Archipel attendue à Nanterre pour 2021 doit y remédier. Cette série de cinq bâtiments interconnectés par des passerelles va en effet réunir sur 74 000 m2 de bureaux les équipes venant de différentes entités du Groupe disséminées en Ile-de-France.

 

La maîtrise d'ouvrage partagée par Vinci Immobilier avec la SNCF Réseau a confié le projet à un duo d'architectes, l'agence Viguier Architecture en tant que concepteur et architecte mandataire et l'agence Marc Mimram Architectes en tant qu'associé, dont l'équipe tire sa renommée d'une double compétence architecte et ingénieur.

 

« Ce nouveau siège témoigne de la transformation d'un groupe très décentralisé avec une complémentarité des métiers. Cet ensemble cohérent ouvert sur la ville, va rassembler 4000 collaborateurs tout en respectant avec ses cinq bâtiments distincts la personnalité de chacun des grands métiers du Groupe », présente Xavier Huillard, président-directeur général de Vinci.

 

Outre les délais serrés, une grande difficulté du projet vient d'un foncier très contraint, avec une emprise étroite sur une bande de terre de 300 mètres de longueur enserrée entre le Boulevard de la Défense et un faisceau de voies ferroviaires. Une autre complexité résulte de l'imbrication avec le chantier de la future Gare Nanterre La Folie du RER E prévue en livraison pour 2022 et pièce maîtresse du projet Eole (Est - Ouest Liaison Express ).

 

 

Le Groupe Vinci a confié aux architectes Jean-Paul Viguier et Marc Mimram la conception réalisation de son futur siège social.

 

Un grand hub ferroviaire

 

Démarré au 1er janvier 2018, le chantier doit être livré au printemps 2021. « Ce chantier est un cas d'école avec une mixité des fonctions et des bâtiments successifs construits au dessus de la Gare sur un foncier très compliqué. Il a été séquencé différemment de d'habitude, avec une construction réalisée d'un seul geste de bas en haut, depuis la Gare jusqu'à la salle de conseil en haut de la tour », présente Jean-Paul Viguier. L'Archipel est conçu en cinq bâtiments alignés le long des voies ferrées, avec un rez-de-chaussée vivant et abritant des commerces.

 

Le premier bâtiment A comporte un porche somptueux de huit mètres sous plafond qui sert d'entrée à la Gare et débouche sur une passerelle généreuse menant aux différents quais. Le bâtiment B1 est « la Tour » qui avec ses 24 étages va culminer à plus de 100 mètres et qui accueille dans son rez-de-chaussée un auditorium. L'immeuble B2 voisin vise le label Bâtiment biosourcé au niveau 1, avec un peu d'ossature bois mise en oeuvre par Arbonis, filiale de Vinci Construction France. Ensuite viennent le C et D, dont l'un met en œuvre des poteaux ultra bas carbone et l'autre sera connecté, communicant et R2S (Ready 2 Services).

 

 

 

La structure imposante en béton du bâtiment ©Celine Clamet

 

Un marqueur de l'identité de la Gare

 

Les bâtiments B1 (la Tour) et B2 s’avancent en surplomb au-dessus des voies sur 160 mètres de long et 18,5 mètres de large, offrant une protection aux quais 3 et 4. La charge très importante de ces deux bâtiments est reprise par deux séries de 13 poteaux bipodes en « V » en béton armé coulé en place, positionnées en miroir et liaisonnées par de gigantesques poutres métalliques de 40 tonnes. La forme de la rangée de poteaux est issue d'une contrainte, celle de concentrer les descentes de charges sur un nombre limité d'appuis afin de libérer de l'espace sur les quais.

 

« Cette série de poteaux éperons pivote pour devenir la superstructure en R+1. Cette cathédrale de béton de 8 mètres d'élancement qui constitue l'identité de la gare, fait miroir aux 8 mètres du monde de Vinci situé au dessus. Le plafond de ce surplomb est constitué de voûtains préfabriqués de 16 mètres de portée sur 1m35, dont la forme incurvée fait gagner de l'espace », enchérit Guillaume André, directeur associé de l'agence Mimram.

 

À signaler qu'un système antivibratile de boites à ressort a été installé pour désolidariser la structure des bâtiments A, C et D, situés au dessus des zones d'accélération et de décélération des trains. « De plus un tapis antivibratile a été placé sous les voies. Un défi est aussi l'auditorium pour lequel a été mise en place une solution complexe de boite dans la boite. La boite de l'auditorium est elle aussi placée sur des boites à ressort et une fois les travaux achevés, l'ensemble de la boite va être remonté de 5 cm pour la désolidariser du structure du bâtiment », confie Donatien Favreau, ingénieur travaux chez Sogea.

 

 

 

Le chantier se caractérise par le coulage de manière traditionnelle de six poteaux de soutènement « ultra bas carbone » ©F. Ploye

 

Un démonstrateur béton

 

Deux expérimentations grandeur nature sur ce chantier illustrent pleinement la stratégie bas carbone revendiquée par le Groupe Vinci. La première est le coulage de manière traditionnelle de six poteaux de soutènement « ultra bas carbone » situés en rez-de-chaussée du bâtiment C.

 

« Le principe de ce béton est de remplacer quasi tout le ciment par des liants alternatifs, essentiellement du laitier moulu issu des hauts fourneaux et fourni par Ecocem. L'émission de CO2 à la fabrication est réduite de 64%. Nous allons aussi utiliser en structurel des granulats de béton recyclé (GBR) fournis par Eurovia à un taux de 50% bien supérieur à la norme qui limite à 30%  », met en avant Philippe Richard, Directeur de Vinci Immobilier. Un travail d'essais a été mené avec l'IFSTTAR et le bureau de contrôle sur la pérennité de ces bétons.

 

« Le savoir-faire de Vinci va aussi être mobilisé pour la décoration, avec sur la hauteur de l'auditorium un drapé béton en BFUP (Béton fibré à ultra-hautes performances), avec dans une césure paysagère des jardinières et bacs en béton imprimé par XtreeE filiale de Vinci Construction et dans le Hall du béton translucide », complète Frédéric Morel, Architecte d'opération à l'Agence Viguier.

 

 

Toutes les fenêtres des façades peuvent s'ouvrir sur l'extérieur, dans l'objectif de réduire le stress et les consommations d'énergie ©Renaud Araud

 

Une vitrine de l'innovation... et du confort

 

Le cadre de vie des collaborateurs sera soigné. Les concepteurs visent l'obtention de la nouvelle certification OsmoZ de Certivéa, qui valorise le confort, le bien-être et la santé des collaborateurs et l'environnement. Une démarche illustrée par le fait que toutes les fenêtres des façades peuvent s'ouvrir sur l'extérieur, réduisant les consommations d'énergie et le stress et suivant un principe qui est cher à Jean-Paul Viguier.

 

Les façades mixtes alu et bois sont cohérentes en typologie sur les cinq façades avec des parties vision fixes et des ouvrants derrière les tôles perforées.


Source : batirama.com / François Ploye

Articles qui devraient vous intéresser

Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Newsletter


Retrouvez toute l'actualité du bâtiment.
 
ARTIDEVIS Autopub

Produits







Dernière revue

BTR N° 495 - Février / Mars 2021

     

Articles

Votre avis compte

La situation sanitaire mérite-t-elle des mesures radicales pour freiner le virus ? (612 votants)
Certainement, pour sauver de nombreuses vies
Non, cela risque de tuer l'économie et les artisans
 

Boutique

Techniques et pratique du plâtre

La fabrication du bâtiment 1