Les planchers à prédalles : bientôt un NF DTU

Les planchers à prédalles : bientôt un NF DTU

Eléments de construction préfabriqués en béton armé ou précontraint, les prédalles s’affirment sur les chantiers, justifiant même la création d’un NF DTU propre.






Représentant 26% des planchers préfabriqués en France, avec  8.250.000m² vendus en 2010 (*), les prédalles sont principalement utilisées pour la ­réali­sation de planchers de bâtiments d’habitation collectifs et ­tertiaires (pour 95% des cas, contre seulement 5 % en maisons individuelles).

Généralement fabriquées en usine, les prédalles sont des dalles de faible épaisseur (communément de 5 à 12cm) et de largeur standard d’environ 2,50m. Elles servent de coffrage et, associées à une dalle de compression coulée sur chantier, assurent une partie de la résistance mécanique du plancher fini. L’épaisseur de ce dernier, classiquement entre 16 et 20cm, dépendra des charges reprises et de la portée du plancher.

La mise en œuvre des prédalles peut être réalisée soit sur appui sur les murs porteurs (voir solution n° 1), soit suspendue (voir solution n° 2).

Bientôt, un NF DTU…



A l’instar d’un plancher coulé en place classique, l’utilisation de la technique du “plancher à prédalles” permet une meilleure maîtrise générale du chantier, notamment sur les coûts, les délais, la qualité, la ­gestion des risques, etc.

C’est sans doute ces qualités, associées à l’existence d’une norme européenne “produit” –la norme NFEN13747– qui font que cette technique ne cesse de se développer depuis déjà plus d’une trentaine d’années, justifiant ainsi l’élaboration de Règles de l’Art propres, le futur NFDTU23.4, qui devraient voir le jour d’ici fin 2012.

Vérifications indispensables



Le domaine d’application devrait viser, au minimum, les travaux d’exécution des planchers à prédalles industrialisées en béton pour des ouvrages de bâtiment et de génie civil, en zone non sismique et en pose sur appuis, à moins que le consensus obtenu lors des réunions de dépouillement de l’enquête publique n’en décide autrement…

En attendant, avant de réaliser un plancher à prédalles, vérifiez préalablement l’existence éventuelle d’un Avis technique ou Document technique d’application.


* Source : Seac Guiraud

 

Les prédalles en zone sismique


 

  • Dans le cas d'une mise en œuvre sur appui, la technique de la prédalle est utilisée tous les jours en zone sismique. Il convient juste de correctement dimensionner les aciers complémentaires en conséquence de la zone sismique où se situe le projet.
  • Dans le cas d'une mise en œuvre suspendue, les bureaux de contrôle freinent considérablement cette utilisation, faute de mauvaises expériences. Grâce au concours de certaines organisations professionnelles, cette pratique devrait évoluer de manière positive très rapidement.




Source : batirama.com  /M.P.




Solution n° 1 : Prédalles “sur appuis”

 

Bien que facilitant considérablement certains aspects sur le terrain, le plancher à prédalles nécessite une conception et une mise en œuvre soignées pour la réussite d’un chantier, redéfinissant les méthodes de travail de certains...

 

De manière générale, l’exécution d’un chantier se fera dans les meilleures conditions possibles à condition d’avoir un réel savoir-faire au niveau de la mise en œuvre des planchers à prédalles.

 

C’est ainsi que, la conception du plancher à prédalles réalisée, et la ­validation de l’entreprise donnée pour la fabrication des divers éléments, il est conseillé de bien organiser les livraisons sur le chantier, afin d’éviter tout stockage délicat. Les différentes étapes se déroulent ensuite de la manière suivante :
 


 

  1. Préparation de l’étaiement :

    Elément déterminant de la sécurité du chantier et de la qualité du futur plafond, la pose des éléments de prédalles nécessite la mise en place précise d’une, voire plusieurs, file(s) d’étaiements. Leurs dispositions doivent être conformes au plan de préconisation de pose fourni par le fabricant.
     
  1. Préparation des garde-corps provisoires :

    comme pour tous chantiers, des garde-corps provisoires doivent être mis en œuvre. Cette préparation peut être facilitée grâce à l’incorporation de crochets de sécurité lors du coulage de la prédalle en usine. C’est très souvent sur ces crochets que sont fixés les tripodes supports de tubes des garde-corps (ou tout autre système équivalent). Cette étape s’effectue avant l’élingage des prédalles.
     


 

  1. Elingage et manutention :

    les prédalles sont levées à l’aide d’élingues qui ne doivent pas former d’angle inférieur à 60° avec la prédalle. Le respect de cette disposition empêche le risque de “pliage” de la prédalle.
     


 

  1. Pose des prédalles :

    les prédalles se posent sur tous types d’appuis (voiles en béton, murs maçonnés, poutres, etc.), côte à côte, avec un espacement, généralement, de 5 mm pour le jeu de pose. Préalablement, les appuis sont réglés de niveau. Aucun élément ne doit gêner la correcte mise en place des prédalles. En fonction de la nature des supports sur lesquels reposent les prédalles, des valeurs minimales d’appui seront à respecter (voir les préconisations du fabricant).
     
  1. Désélingage :

    le désarrimage des prédalles n’est effectué qu’une fois la mise en place définitive de chaque élément.
     


 

  1. Mise en place des armatures :

    les armatures complémentaires (renforts sur les joints de prédalles, chapeau pour assurer la continuité des prédalles, etc.) sont mises en œuvre selon le plan de préconisation fourni par le fabricant.
     
  1. Coulage de la dalle de compression :

    une fois l’intégralité des armatures complémentaires placées, on peut procéder au coulage du béton soit à la pompe, soit à la benne aérienne. De résistance conforme aux indications du plan de préconisation fourni par le fabricant, avec un minimum de 25 MPa, le béton est déversé de façon continue puis réparti des appuis vers le milieu de la travée, sans surcharge.
     
  1. Désétaiement :

    de la bonne exécution de cette étape dépendra la qualité finale du plancher mais également la sécurité du chantier. C’est ainsi que le phasage du désétaiement sera réalisé conformément au mode opératoire défini par l’entreprise et consigné dans le plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS). L’étaiement sera conservé dans les cas suivants :
     
  • stockage de matériel sur le plancher ;
  • étaiement des niveaux supérieurs sur le plancher.
     


 

  1. Finition des plafonds :

    après le désétaiement du plancher, il est nécessaire d’analyser sa sous-face. C’est l’état de cette dernière qui conditionnera le traitement de joints à mettre en place, associé à d’éventuelles mesures correctives. Les actions de traitement, définies par l’entreprise de gros œuvre, seront annexées au dossier d’exécution des travaux.

 

 

Source : batirama.com / M.P.




Solution n° 2 : Prédalles “suspendues”

 

Lorsque le niveau d’arrêt de coulage des voiles (ou poutres) se situe au-dessus de la sous-face du plancher, les prédalles ne peuvent prendre directement appui sur leur support. C’est alors que les appuis sont dits “suspendus”.

Ce type de condition d’appui nécessite la prise en compte de dispositions particulièrement rigoureuses pour assurer la pérennité de la liaison et celle des ouvrages. Les boîtes d’attentes doivent être positionnées avec précision et maintenues efficacement afin d’éviter tout déplacement lors du coulage du béton.

La solution adoptée doit permettre de garantir la tolérance de positionnement définie sur les plans d’exécution. Pour la bonne réalisation de cette technique, les différentes étapes à suivre sont les suivantes :
 

  1. Préparation et traçage au niveau de la banche métallique :

    à partir d’un niveau de référence pris, il est nécessaire de reporter sur la banche un repère de niveau. Après vérification de la conformité du modèle des boîtes d’attentes aux plans d’exécution, la position des armatures dans les boîtes d’attentes est mesurée afin de définir la cote de leur implantation au niveau de la banche. L’orientation des boîtes doit être repérée et les zones d’aimantation éliminées de toutes traces d’huile. Les niveaux inférieurs du plancher et de la boîte d’attentes sont ensuite tracés sur la banche avant que cette dernière soit huilée.
     


 

  1. Fixation des boîtes d’attentes :

    les boîtes d’attentes sont positionnées en vis-à-vis du repère de niveau puis fixées. La fixation peut se faire de 3 manières :
     
  • par taquets aimantés et entretoises, si nécessaires ;
  • par aimants d’extrémité et entretoises ;
  • par ligatures et entretoises.
     


 

  1. Mise en place des armatures :

    comme tout voile banché, au minimum une nappe d’armatures doit être mise en place avant coulage du béton. Elle constitue le ferraillage du voile lui-même mais également le chaînage horizontal par l’insertion d’armatures longitudinales au niveau des boîtes d’attentes.
     
  1. Fermeture de la banche et coulage du béton :

    avant de fermer la banche, il est indispensable de bien vérifier le bon positionnement et l’efficacité des modes d’attaches des boîtes d’attentes. Cette vérification effectuée, le béton peut être coulé. Sa plasticité requise sera fonction de la densité de ferraillage disposée.
     
  1. Etaiement :

    une fois le voile réalisé, le niveau de la sous-face et le niveau supérieur du plancher brut doivent être repérés à partir du niveau de référence. L’implantation de la boîte doit être vérifiée avant la mise en place des lisses d’appui dans l’alignement du tracé inférieur reporté sur le voile, le tracé supérieur ayant la fonction de guide pour le réglage de l’épaisseur du béton qui viendra en complément. Le dispositif d’étaiement sera mis en place selon le plan de préconisation de pose fourni par le fabricant.
     


 

  1. Mise en œuvre des prédalles suspendues :

    l’entreprise doit tout d’abord s’assurer de l’étanchéité du coffrage au contact de l’élément porteur. Cette vérification faite, les prédalles peuvent être disposées sur les étais, conformément au plan de préconisation de pose, suspentes non redressées et attentes non dépliées.

    C’est alors que le couvercle des boîtes d’attentes peut être retiré. A l’avancement, les brins verticaux des suspentes sont redressés et les armatures des boîtes d’attentes sont dépliées. Cette étape est facilitée par l’utilisation d’un outil spécifique tel le “redresseur pour prédalles” préconisé par la Fédération de l’industrie du béton.

    Des filants de renforts sont ensuite introduits en faisant attention :
  • de les ligaturer efficacement au plus haut à l’intérieur des cadres formés par les suspentes ;
  • d’assurer la continuité et le recouvrement des filants successifs.


Pour finir, la mise en œuvre des ferraillages est vérifiée et doit être conforme aux plans d’exécution avant coulage du béton complémentaire.

L’enlèvement des étais ne pourra se faire qu’une fois la résistance du béton suffisante.
 

 

Source : batirama.com/M.P.




Des organisations professionnelles au cœur du sujet !



Conscientes des difficultés rencontrées sur le terrain, certaines organisations professionnelles n’ont pas hésité à être des acteurs forts dans le domaine du “plancher à prédalles”.

C’est ainsi, que l’Union de la maçonnerie et du gros œuvre (UMGO-FFB) a, tout d’abord, co-signé, avec la Fédération de l’Industrie du Béton (FIB), la charte QUALIpreDAL.



 

Unique en son genre, cette démarche vise à garantir aux maîtres d’ouvrage et aux maîtres d’œuvre une entière satisfaction quant à la qualité de la mise en œuvre des prédalles, à travers l’application des bonnes pratiques de la Charte.

Le guide ainsi élaboré donne notamment, par le biais d’annexes, tous les documents nécessaires au bon déroulement des chantiers.

Pour en savoir plus : www.qualipredal.fr

Autre document à l’initiative des unions métiers de la Fédération française du bâtiment, l’UMGO-FFB et EGF BTP : les “Recommandations professionnelles concernant les dalles à prédalles suspendues avec boîtes d’attentes”.

 


Ce guide a pour vocation de permettre de concevoir, calculer, exécuter et contrôler les ouvrages en toute sécurité, en vue de favoriser un retour d’expérience suffisant pour une validation définitive de cette technique.

C’est ainsi que les recommandations traitent non seulement des conditions de mise en œuvre nécessaires à la mise en place correcte des dalles à prédalles suspendues avec boîtes d’attentes, mais également des conditions de dimension géométrique des boîtes d’attentes et de coffrage du béton coulé en place dans le respect des règles de l’Eurocode 2 et de son Annexe nationale.

Ces recommandations sont disponibles sur www.sebtp.fr

 


INFOS PRATIQUES

Textes de référence

  • NF EN 13747 : Produits préfabriqués en béton - Prédalles pour systèmes de planchers.
  • Les normes sont disponibles auprès de l’AFNOR (www.boutique.afnor.org).


Quelques guides de mise en œuvre des prédalles pour vous aider…

  • Guide chantier “QUALIpreDAL – Les bonnes pratiques”.
  • Recommandations professionnelles concernant les dalles à prédalles suspendues avec boîtes d’attentes.
  • Planchers à prédalles – Guide de mise en œuvre des planchers à prédalles suspendues avec boîtes d’attentes.


Quelques sites internet

  • www.cerib.com
  • www.fib.org
  • www.umgo.ffbatiment.fr
  • www.egfbtp.com
  • www.seac-gf.fr
  • www.kp1.fr
  • www.rector.fr
  • www.alphabeton.com
  • www.fehr-technologies.com
  • www.lb7.fr
  • www.groupesoprel.fr
  • www.spurgin.fr
  • www.qualipredal.fr
  • www.sebtp.fr

 

 

Source : batirama.com/M.P.

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