Mur de soutènement : pas d'improvisation

Mur de soutènement : pas d'improvisation

Ces ouvrages sont souvent considérés comme secondaires par rapport aux autres ouvrages d’art, à tort… Leur conception et leur réalisation restent délicates.







Comme son nom l’indique, un mur de soutènement est un ouvrage destiné à soutenir les terres situées en amont. Il doit être d’une grande solidité. Et pourtant, en l’absence de toute formalité administrative, sa conception et sa mise en œuvre sont encore trop souvent prises à la légère. Pour preuve, des cas fréquents de fissuration, voire d’effondrement sont recensés (voir Avis d’expert). Au-delà de 1,50 m de retenue des terres, une étude technique par un bureau d’études est donc fortement recommandée.

 

Multiples ouvrages de soutènement

 

D’autant qu’il existe une grande famille d’ouvrage de soutènement et que le choix n’est pas facile. Il est possible de classer les murs de soutènement en deux grandes catégories : les murs poids - assez rares sur des chantiers de bâtiment, plus courants dans le cadre d’aménagement paysagers - qui peuvent être construits en utilisant des techniques différentes, et, plus léger, les murs en béton armé.

 

Les premiers s’opposent à la poussée des terres par l’action de leur poids propre, les seconds font en plus intervenir les poids du sol à l’arrière pour assurer une part de stabilité. Complexes à mettre en œuvre, les autres procédés existant comme le massif cloué, le mur en sol renforcé, le rideau de palplanche… doivent être réalisés par des entreprises spécialisées.

 

AVIS D’EXPERT


Frédéric Henry - Coordinateur technique au sein de l’Agence Qualité Construction (AQC)
 

« Ne pas improviser !»

 

Un mur de soutènement ne s’improvise pas. Des cas de fissuration, d’effondrement, de basculement et de grand glissement sont fréquents lorsque ce type d’ouvrage n’est pas réalisé dans les règles. Des sinistres qui sont bien souvent le résultat d’un mauvais calcul de dimensionnement, d’une mauvaise exécution ou d’un mauvais drainage du remblai.

 

Une étude de sol préalable est donc indispensable. Elle doit permettre d’identifier la nature du sol (compact / friable) et les contraintes admissibles qu’il va pouvoir supporter, la poussée exercée par les surcharges éventuelles (véhicules, stockage…) et enfin, ­l’hypothétique présence d’eau dans le sol. 

 

L’action de l’eau est un critère important. Un mur de soutènement ne doit pas faire barrage à l’eau. Pour éviter l’accumulation des eaux de ruissellement à l’arrière du mur exerçant une poussée hydrostatique, il faut donc mettre en œuvre des barbacanes à intervalles de 2 m environ complétées, si nécessaire, par un système de drainage vertical relié à l’égout.

 

Pour éviter le colmatage progressif des barbacanes, il est recommandé de les entretenir régulièrement et d’utiliser des feutres géotextiles entre le talus naturel et le remblai. Cette étude de sol sera complétée par une étude technique béton armé qui définira notamment les aciers et leur positionnement.

 

Source : batirama.com/Virginie Bourguet





 

  • Le mur poids

    est intéressant pour des ouvrages d’une hauteur inférieure à 3 m et est souvent préconisé dans le cas de terre en déblai (après terrassement), en site terrestre, hors nappe. Cet ouvrage prend une forme trapézoïdale, la largeur à la base étant couramment égale à un peu plus du tiers de la hauteur.
     

 




 

Selon la résistance souhaitée, il peut également présenter un fruit ou un contrefruit plus ou moins important vers l’intérieur et une géométrie à redans. Réalisable dans un large choix de matériaux, il s’intègre facilement dans tous les types d’aménagements paysagers : gabions, maçonnerie de pierre sèche non jointoyée, maçonnerie jointoyée, béton non armé (ou avec des armatures de peau) ou encore éléments empilés préfabriqués en béton (végétalisables ou non).

 

 

 

  • Les murs en gabion

    sont constitués d’éléments grillagés simplement agrafés entre eux puis remplis de pierres locales et empilés les uns sur les autres avec ou sans gradins. Simple à monter, ne nécessitant pas de ciment de jointoiement, cette technique permet, en plus, de s’intégrer dans de nombreux environnements et aménagements paysagers avec, selon la région et le fabricant, un large choix de tailles et couleurs de pierre de remplissage : concassés, en vrac, moellons, barrettes ou appareillage aléatoire…

 

  • Des éléments manu-portables en béton

    , emboîtables à sec, autobloquants, offrent une grande souplesse d’utilisation, sur les sites difficiles d’accès. Facile à mettre en œuvre, ce système qui fonctionne également en facteur de stabilité du poids propre du remblai ou de la terre végétale contenu dans les caissons, permet de construire des pentes de talus de 10 à 45° sur la verticale, d’épouser toutes les courbes de terrain en réalisant des formes courbes, concaves, convexes et la possibilité de jouer la carte de la végétalisation. Ils sont généralement vendus avec une étude technique, une note de calcul et un plan de détail de la mise en œuvre.

 

À noter

que pour des hauteurs de soutènement supérieures à 4 mètres, le volume des matériaux à mettre en œuvre pour réaliser un mur poids peut très vite devenir important avec pour conséquence directe des contraintes importantes au niveau du sol.

 

Intérêts :

un large choix de matériaux pour s’intégrer harmonieusement dans tous les sites.

Limites :

gros volumes de matériaux à mettre en œuvre pour des hauteurs importantes de soutènement.

 

Source : batirama.com/Virginie Bourguet






 

 

 

 

 

 

  • Ce type d’ouvrage monolithique

    est économiquement viable pour des hauteurs de 3 à 6 m. Constitué d’un voile profilé encastré sur une semelle, il est utilisé pour retenir un sol en remblai (terres rapportées) comme en déblai (terres en place), généralement en site hors d’eau. Il est reconnaissable à sa base élargie et à son profil en forme de T ou de L généralement inversé. Il peut être coulé en place (béton banché) soit totalement ou partiellement préfabriqués en usine.

    Pour des hauteurs de soutènements importantes (supérieures à 6 m), afin de réduire les forces de cisaillement s’exerçant en pied du voile, des variantes de conception existent : avec contreforts avant ou arrière, avec console ou avec tirant…

 

  • Le mur de soutènement en éléments préfabriqués

    simplifie la mise en œuvre (suppression des inconvénients liés au coffrage, à la vibration et au coulage du béton, au temps de séchage…) et réduit le temps de mise en œuvre. Les éléments arrivent finis sur le chantier, sont déchargés à l’aide d’élingues de sécurité et d’un engin de levage, juxtaposés les uns aux autres et posés sur un béton d’assise avec réglage au mortier.

    Ils sont disponibles dans une grande variété de dimensions, en largeur comme en hauteur (de 0,60 cm à 8 m selon les fabricants), et permettent, au choix, des alignements droits ou des courbes concaves ou convexes. Autre avantage de taille, les éléments de murs préfabriqués ne nécessitent pas d’enduit de finition. Ils se déclinent même dans une gamme de parements décoratifs pour jouer la carte de l’esthétique.

 

Intérêts :

ce système apporte une réponse fiable dès lors qu’un doute existe sur la qualité du sol.

Limites :

le calcul des efforts appliqués à ce type d’ouvrage reste complexe.

 

 

Source : batirama.com/Virginie Bourguet

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