Toshiba lance un « road show » pour faire adopter le R32

Toshiba lance un « road show » pour faire adopter le R32

Le fabricant japonais lance un « road-show » pour convaincre les installateurs, prescripteurs et clients de l’intérêt d’adopter le fluide réfrigérant R32, à faible potentiel de réchauffement climatique.



Passer de la réglementation F-Gas à son application concrète sur les chantiers donnerait-il des sueurs froides aux fabricants de matériels de climatisation ? Visiblement, le fabricant de matériels de climatisation Toshiba – qui figure parmi le trio des leaders du marché français – montre qu’il prend les choses à bras le corps.


Depuis le 21 mars, et jusque mi-avril, cet industriel mène une campagne d’information technique sur le R-32, le fluide réfrigérant majoritairement retenu par les fournisseurs pour remplacer le R-410A dans les unités de climatisation classiques : monosplit, multisplit, unités tertiaires multipostes de moyennes puissances.

 

Pour les installateurs, distributeurs et prescripteurs de région parisienne, cette réunion technique et commerciale s’est tenue le 22 mars, près de Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Au programme : conférence, présentation de produits, discussions techniques informelle.

 

Répondre au « phase down »

 

Pour Jean-José Naudin, directeur général de Toshiba Air Conditioning en France, le choix de son entreprise pour cette solution R-32 tient à sa réponse à la directive européenne n° 517/2014 sur la diminution drastique des volumes de gaz HFC mis sur le marché d’ici 2030.


« Pourquoi est-ce la meilleure solution ? » vient-il soutenir devant un auditoire d’une centaine de professionnels. Tous savent déjà que ce nouveau fluide présente un faible impact sur le réchauffement climatique : son PRP, ou potentiel de réchauffement climatique, est de 675 équivalent CO2. Soit pratiquement trois fois plus faible que celui du HFC R-410A, largement consommé depuis plus d’une quinzaine d’année. Et de plus, le R-32 passe sous la barre fatidique du PRP de 750 eqCO2 retenue pour les équipements en 2025.


Mais deux questions taraudent les professionnels. La première tient au classement A2L ; la seconde porte sur la pérennité de ce fluide. Car, depuis la fin des années 80 et l’application du protocole de Montréal, de CFC en HCFC puis en HFC, les acteurs de la filière s’épuisent à l’idée de devoir régulièrement changer leur fusil d’épaule au gré des réglementations et des choix « stratégiques » des fournisseurs. Les industriels sont conscients de cet état d’esprit, et Toshiba comprend les enjeux de son choix technique. D’où cet exercice de communication d’envergure.

 


Conférence, présentation de produits, conversations techniques : la quinzaine de réunions sur le fluide R-32 organisée par Toshiba vise à organiser une transition rapide de ses gammes.

 

Ce qu’A2L veut dire…

 

Le classement de sécurité A2L attaché au R-32 signifie que le produit est faiblement toxique (A, soit une limite de toxicité de 300 g/m3) et légèrement inflammable (2L). En clair, sa limite d’inflammabilité, dite LFL (lower flammability limit, limite inférieure d’inflammabilité) est de 307 g/m³. Concrètement, au sens de l’article CH35 du règlement de sécurité incendie des établissements recevant du public, ce fluide est interdit dans les ouvrages de catégorie 1 à 4. Cependant, des discussions ont actuellement cours pour faire évoluer cet article CH35.


Par ailleurs, dans son édition 2017, le guide d’analyse de risque établi par Uniclima et le Cetim en 2017 (dit « Norme NF EN 378 : 2017 pour les systèmes frigorifiques et pompes à chaleur ») présente des arguments positifs pour ce fluide. Les auteurs prennent une hypothèse de limite d’inflammabilité haute pour le R-32 (à 20 %, soit 61 g/m³) et concluent à un risque faible sous réserves de précautions de ventilation des locaux, d’installation de détecteurs d’ambiance et de fuite, d’exclusion de tout autre appareils à combustion dans le bâtiment (pages 71 et suivantes)…


Ces points sont positifs. Mais les changements réglementaires concrets tiennent aussi aux pressions qu’appliqueront les industriels sur les pouvoirs publics par la généralisation de ce fluide ainsi que son adoption et sa maîtrise par les professionnels.

 

 Le R-32, un fluide efficace, mais qui affiche un classement A2L : faiblement toxique, légèrement inflammable. Son installation est validée au regard de la NF EN 378 : 2017.


Est-ce un fluide durable ?


Si les industriels japonais (Daikin, Mitsubishi Electric…) ont pris fait et cause pour le R-32, en revanche, des concurrents coréens sèment le trouble en manifestant quelques réticences, voire en signifiant qu’il s’agit encore d’une solution provisoire. Pour sa part, Jean-José Naudin coupe court à cet argument : « La solution du R-32 est définitive et c’est le meilleur des compromis. »


Dans sa démonstration, il inclut la présentation de nouveaux modèles de groupes de climatisation au R-32 dès le mois de septembre 2018. « Cette bascule rapide, dès le second semestre de cette année, poursuit-il, est un moyen de progresser sur le marché sans subir l’inflation que va connaître le R-410A. Nous vous demandons de passer au R-32 ! »

 

À ce titre, les techniciens de l’entreprise soulignent aussi l’impact direct des propriétés thermodynamiques du fluide sur les installations. Sa capacité frigorifique volumique étant de 5 300 kJ/m3 contre 4 600 pour le R-410A, et Toshiba faisant évoluer ses circuits, il est ainsi possible de réduire la charge de réfrigérant d’un tiers.

 


 Le passage au R32 demandera aux installateurs de s’équiper de manifolds et de groupes de transfert adaptés au nouveau fluide. Toshiba montre des versions compatibles au R-410A et au R-32.

 

S’équiper pour anticiper

 

Ainsi, le catalogue de ce fournisseur présentera cette année une gamme double : au R-410A et au R-32, cette dernière bénéficiant de tailles de matériels supplémentaires. De même, les unités intérieures sont désormais compatibles avec les deux fluides. Les groupes multipostes suivent la même tendance, le but étant de boucler cette bascule d’ici 2020.


Surtout, Toshiba veut aussi inciter les professionnels à s’équiper rapidement de manifolds et de groupes de transfert antidéflagrant (à moteur brushless) pour répondre aux nouveaux standards du marché.


S’il structure fortement les arguments en faveur de son choix technologique, ce fournisseur laisse cependant ses installateurs dans l’incertitude quant au devenir des groupes DRV. S’il promet une réduction de 50 % de la charge de R-410A sur les matériels de 8 à 12 CV livrés à partir de septembre 2018, Jean-José Naudin écarte toute discussion quant au passage de ces unités centrales au R-32. Le transfert du R-410A vers un autre fluide est, dit-on, encore entre les mains de la R&D.

 


Source : batirama.com / Bernard Reinteau

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