Intermat : vers des engins à motorisation électrique ou hybride

Intermat : vers des engins à motorisation électrique ou hybride

Le secteur des travaux publics doit répondre aux défis de la digitalisation (connectivité des outils, Bim…), de performance énergétique (machines hybrides) sans oublier l’amélioration du confort de travail.





Au fil des normes environnementales applicables aux engins de TP, les constructeurs passent actuellement du niveau Tier IV à Stage V. Les avantages seront une amélioration sensible des émissions en raison de la généralisation des filtres à particules.

 

 

De fait, les efforts de maîtrise des consommations et d’amélioration du rendement des moteurs se traduisent souvent par des réductions sensibles de la puissance des moteurs : elle peut aller jusqu’à 20 %, sans réduction de capacité de travail.

 

Vers le 0 émission

 

L’innovation marquante de l’édition 2018 d’Intermat sera le développement d’engins à motorisation électrique ou hybride. Les raisons de ce développement sont claires : le renforcement des règles environnementales d’émissions de fumées et de bruit oblige à réfléchir à de nouvelles motorisations, et les contraintes imposées par les donneurs d’ordres pour les chantiers urbains augmentent cette urgence.

 

 

L’expérience n’est pas nouvelle. Wacker Neuson proposait déjà sa minipelle 803 pour travaux intérieurs en version à double alimentation : diesel et électrohydraulique avec le générateur HPU8 relié par un câble de 12 m. Ce qui permet de réduire les consommations et le niveau sonore. Mais désormais, plusieurs fournisseurs présentent des prototypes ou des machines de pré-séries entièrement électriques.

 

Pelle, terrassement, tout devient électrique !

 

Volvo retiendra l’attention avec sa minipelle EX2 qui fait parler d’elle depuis un an. Elle a d’ailleurs décroché le prix de l’innovation de la catégorie matériels du salon. Mecalac lui emboîte le pas avec un modèle d’une taille plus imposante : la pelle e12, de 12 t. Cette version électrique de la 12 MXT à moteur thermique affiche une autonomie de 8 heures et une puissance de 146 kWh.

 

Pour fournir de l’énergie en abondance, le constructeur embarque 1 m³ de batteries sèche lithium-fer-phosphate à l’emplacement traditionnel du moteur. Soit près de 1,2 t d’accumulateurs. Wacker Neuson présentera pour sa part une véritable gamme électrique d’outils de terrassement dont la conception témoigne d’une simplicité d’usage, imitant l’électroportatif sur accus.

 

Depuis quelques mois déjà, ce fabricant propose deux pilonneuses pour compactage de tranchées, les AS30e (41 kg) et AS50e (70 kg). Particularité : elles sont alimentées par une même batterie de 48 V au lithium-ion, au gabarit spécifique à la marque, de 1 kWh et d’un poids de 9 kg.

 

Plaque vibrante, dumper sur chenille, encore de l’électrique

 

Parmi les dernières productions de Wacker Neuson, la petite plaque vibrante AP1850e fonctionnera avec cette batterie amovible. Outre la disponibilité immédiate, l’interchangeabilité, le constructeur met aussi en avant l’intérêt pour la santé des opérateurs.

 

Autre matériel entièrement électrique de cette marque : le dumper sur chenille DT10e. D’une capacité de 1 t en version benne à déversement frontal, et 550 kg en version à benne à haut déversement, cet engin de travaux intérieur – 1,8 m de longueur, 79 cm de largeur et 1,5 m de hauteur – compte trois moteurs électriques : deux pour le train de chenilles, un pour le système hydraulique.

 

Pour l’animer, il dispose de deux batteries fixes et sèches (lithium-fer-phosphate) de 80 V et d’une capacité de 7,3 kWh. Il se recharge sur tous courants alternatifs (100-250 V). Cet industriel propose aussi une petite chargeuse sur roues à châssis articulé de 2,5 t et à godet de 200 l, la WL20e, à deux moteurs électriques : un pour l’entraînement, l’autre pour le levage. Elle est alimentée par batteries de 48 V, d’une autonomie de 2 ou 5 heures. Cet équipement est décliné sur la chargeuse Kramer 5055e.

 

Compacité, et accessibilité pour mieux travailler en rénovation

 

Si le marché des travaux publics repart de plus belle sur les segments des grosses machines, il impacte aussi les petits chantiers pour traiter les travaux d’équipement et de finition.

 

Le vendéen SoermaTP, du groupe industriel Hydrokit lance la niveleuse compacte Easy Grader. Avec un engin de 2,7 t, de 4,8 m de longueur, doté d’une lame de seulement 1,5 m de largeur, livrable sur chantier sur un plateau au gabarit routier standard – donc par le détenteur d’un permis BE –, ce concepteur répond à la demande d’entrepreneurs qui souhaitent traiter efficacement de petits chantiers : voirie de lotissements, parkings, espaces sportifs, sentiers pédestres.

 

Mise au point avec des professionnels, sa maniabilité et son équipement permettent de doubler la productivité, selon son fabricant. Innovante et prototype, cette « mini-niveleuse » n’est que 25 % moins chère qu’une version routière au gabarit classique.

 

Les contraintes de l’espace prises en compte

 

Cette tendance à l’adaptation des engins aux contraintes d’espace et de production touche en fait tous les industriels et toutes les familles de produits. Ainsi, les mâts télescopiques, outils quotidiennement utilisés par les électriciens, plombiers, climaticiens et mainteneurs, sont aménagés avec des logements pour fourches qui permettent de les déplacer rapidement sur chantier sans subir leur lenteur.

 

Les visiteurs d’Intermat les découvriront sur les stands Manitou ou Haulotte. Les mini-pelles exécutent aussi quelques exercices de souplesse. Ainsi, avec sa 803 standard, Wacker Neuson permet aux opérateurs de manier un engin d’une largeur de chenilles variable de 86 à 70 cm. De quoi franchir les très petites portes dans des bâtiments à rénover…

 

La hauteur et la sécurité à la fois !

 

En matière de levage, la demande de précision, de capacité et de sécurité est prépondérante.©Yannar

 

L’italien Magni est de ceux qui développent une argumentation fournie pour ses chariots à bras télescopique : utilisation d’acier à haute limite élastique, adaptation au défaut de niveau latéral de ± 10 %, surpuissance de la transmission aux quatre roues motrices pour le franchissement des pentes, dispositif complet de limitation de charge (prenant en compte la flèche – angle, longueur –, la charge, la tourelle, les stabilisateurs…), système hydraulique capable de fournir 350 bar et gestion informatique de la répartition du débit…

 

Petites machines sécurisées

 

Sur les petites machines Yanmar, la sécurité intégrée déjà testée sur les gros modèles figure en standard. Tels le contrôle de verticalité de la cabine lorsque les chenilles déversent sur un sol en pente jusqu’à 25 %, ou encore la prise en compte des charges levées…

 

Manitou associe sécurité et ergonomie. Sur le chargeur MT 1335 HA Easy, un télescopique de 13 m d’une capacité de 3,5 t à une hauteur de 12,5 m pour un déport de 8,75 m, l’accrochage de la nacelle a été simplifié. Quant à la nacelle sur roues 220 TJ+, Manitou en élargit le spectre d’emploi : elle peut porter 350 kg à hauteur et déport complets, respectivement 20 m et 17 m.

 

Les nacelles, outils de productivité

 

Haulotte développe les mêmes principes avec ses nacelles HA 26 RTJ Pro (articulée) ou HT23 RTJ Pro (télescopique). Elles permettent de travailler à près de 25 m de hauteur et jusqu’à 15, voire 17 m de déport avec une nacelle d’une capacité de 350 ou 450 kg.

 

Ces nacelles d’une capacité de 350 à 400 kg connaissent un gros succès, car elles sont dimensionnées pour des travaux de bardage, de pose de menuiseries extérieures (les fabricants proposent des supports latéraux sécurisés de pour fenêtres ou remplissages verriers), d’isolation par l’extérieur…

 

Elles peuvent embarquer un conducteur, deux poseurs et l’approvisionnement en matériaux et outillages, ce en limitant les allers et venues. D’outils d’accès, elles deviennent outils de productivité.

 

L’interview de Jean-Christophe Savoyet, Directeur commercial de Liebherr France

 

 

Bâtirama : Quels sont vos grands axes de recherche ?

Jean-Christophe Savoyet: « Le « data exchange », l’échange de données entre l’utilisateur et le fournisseur d’équipement, constitue actuellement le pivot des recherches des industriels. Les impacts de cette technologie sont importants en termes de performance des machines, de rationalisation des chantiers, de sécurité, et d’amélioration du service.

 

Mais ce défi ne fait pas oublier les autres. En premier lieu, il faut continuer à améliorer l’aide à la conduite, qu’il s’agisse d’éviter des collisions ou d’équiper les engins avec des outils de reconnaissance de la présence de personnes ou d’objets ; un sujet d’autant plus important lorsqu’on travaille dans des tunnels ou des bâtiments.

 

La motorisation est-elle au cœur de vos recherches ?

 

J-C-S : Il faut noter que le passage de Tier IV à Stage V est relativement simple : il consiste à filtrer les particules. Ce qui est déjà en vigueur en Suisse où nous avons déjà vendu de nombreuses machines. En revanche, sans avoir les détails techniques de la norme, nous sommes plus inquiets du prochain niveau de performance environnementale des moteurs, le Stage VI ; le gap devrait être beaucoup plus sévère.

 

Pour notre part, nous concevons déjà des équipements électriques, mais compte tenu de la puissance de nos machines, elles sont généralement alimentées par un câble. Nous explorons la récupération d’énergie, le changement de combustible… À ce titre, nous examinons avec intérêt l’hydrogène, même si cette molécule à très faible impact environnemental recèle de nombreuses contraintes… »



Source : batirama.com / Bernard Reinteau

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