Grand chantier zéro carbone pour les briques de Bouyer Leroux

Grand chantier zéro carbone pour les briques de Bouyer Leroux

Comment atteindre une production décarbonée de briques terre cuite réputées énergivores ? C’est le challenge du premier fabricant français de briques de murs et cloisons.



Le développement durable ? Un chantier audacieux, coûteux mais inévitable. C’est ce que l’on peut retenir de la première prise de parole de l’année de la direction de la Scop Bouyer Leroux basée à la Séguinière (44) qui réalise 185 millions d’euros (900 personnes) à travers 4 activités(1).

 

Petit rappel… Après avoir racheté le pôle terre cuite du groupe Imerys structure en 2013, Bouyer Leroux Structure est devenu numéro 1 en France en termes de fabrication de matériaux de construction en terre cuite. La brique de structure représente 90 % de son activité terre cuite, le reste se partageant entre la production de cloisons (7 %), les tuiles (1 %) et les cheminées (0,5 %).

 

« Nous étions un acteur régional et sommes devenus un acteur reconnu nationalement » résume Pierre Besnard, PDG du groupe (en photo d'ouverture avec Emmanuel Allorent) « Sans cette taille critique nous n’aurions pas pu affronter tous les nouveaux défis industriels, notamment environnementaux ». De fait, cette stratégie représentera un investissement de près de 60 millions d’euros.

 

57 GWh/an d’électricité verte pour 9 usines

 

Et les objectifs sont en effet très ambitieux en matière de développement durable : le groupe vise un bilan carbone neutre à horizon 2025-2030, avec deux axes, dont le premier annoncé par Emmanuel Allorent, le nouveau directeur Energie du groupe : « 100 % des besoins en électricité seront compensés par de l’électricité verte produite avec des panneaux photovoltaïques installées sur les usines et d’anciennes carrières »

 

Ce qui représente, pour 9 usines, 57 GWh/an d’électricité principalement utilisée pour les activités industrielles avant la cuisson des briques, comme par exemple le broyage et le malaxage des matériaux. Soit un investissement de 35 millions d’euros pour la mise en place des panneaux solaires.

 

Second axe de la stratégie : passer d’ici 2025, de 40 à 90 % en énergie biomasse pour produire, - donc cuire et sécher-, les briques de murs. Rappelons que le cycle de cuisson (à plus de 1000 degrés au gaz) et de séchage des briques dure de 12 à 48 heures. Un procédé consommateur d’énergie qui pèse dans le bilan carbone de la brique (l’énergie représente un tiers du prix du produit).

 

 

100 % des besoins en électricité seront compensés par de l’électricité verte produite avec des panneaux photovoltaïques installés sur les usines et d’anciennes carrières ©Bouyer Leroux

 

Réduire impérativement les émissions carbone

 

Or, l’échéance de la future réglementation environnementale (E+C-, le label Bâtiment à énergie positive et réduction carbone) incite les industriels à innover pour améliorer les performances environnementales de leurs produits.

 

Même si l’énergie utilisée pour produire la brique est amortie sur 50 ans de consommation (correspondant au cycle de vie d’un bâtiment), l’industrie de la terre cuite sait qu’elle devra améliorer ce point « énergivore » pénalisant. Et ce, d’autant plus que les exigences du label environnemental seront, tôt ou tard, revues à la hausse.

 

« Nous avons été les premiers industriels de la terre cuite à produire nos fiches de données environnementales et sanitaires - FDES - et nous pressentons qu’elles prendront de l’importance et deviendront systématiques. Nous prenons donc notre destin en main en devenant acteur » précise Antoine Cellier, directeur marketing.

 

Foyers biomasse et biocombustibles

 

Dans le détail, le groupe a prévu d’alimenter trois usines en foyers biomasse (Colomiers, Saint-Martin et La Séguinière), en sachant que deux sites sont déjà équipés (Gironde sur Dropt et Saint-Martin).  

 

L’industriel compte également généraliser les biocombustibles solides dans les fours de cuisson qui devront être adaptés et modifiés à cet effet. Pourront ainsi être utilisés : le biogaz (sur 2 sites), les sciures de bois issues de la 1ere et 2e transformation, ou les sous-produits de l’industrie agro-alimentaire, telles que coques de tournesol, issues de céréales provenant des silos agricoles.

 

Un nouvel équipement de deux fours supplémentaires est également prévu. Quelque 20 à 25 millions d’euros seront investis pour la mise en place de ces foyers biomasse et biocombustibles, indique Emmanuel Allorent.

 

Notons enfin que le groupe a démarré en novembre dernier en partenariat avec Dalkia (filiale EDF) une unité de cogénération d’électricité et de chaleur sur le site de Mably (3 millions d’euros). Elle permet de produire à partir de gaz naturel : 2/3 de l’énergie thermique nécessaire au séchage des briques et 90 % de l’électricité consommée sur le site.

La carte des usines de Bouyer Leroux qui bénéficieront des investissements « energie » d’ici à 2027.

 

(1)  Le Groupe Bouyer-Leroux est aujourd'hui organisé autour de quatre pôles : terre cuite (Bouyer Leroux et Bouyer Leroux Structure), fermetures (SPPF et Flo), béton (Société Robert Thébault), environnement (Bouyer Leroux environnement)

 

Une nouvelle organisation commerciale et marketing

 

Pour renforcer la notoriété de la marque Bio’Bric née il y a 38 ans, une nouvelle direction commerciale et marketing a vu le jour chez Bouyer Leroux. Elle s’est traduite par la nomination tout d’abord de Pierre-Alexandre Cheminel au poste de directeur marketing et commercial au printemps 2017.

 

La force commerciale a ainsi été renforcée. A compter du 1er avril 2018, Johan Loizeau, directeur régional des ventes Nord-Ouest prendra la direction nationale des ventes et supervisera 5 régions dont une nouvelle qui vient d’être créée (région Normandie Ile-de France-Centre en plus des régions sud-est, sud-ouest, nord-ouest et nord-est existantes).

 

Enfin, la direction région Nord et Est a été confiée à Jean-Luc Aboucaya. Cette région représente un enjeu stratégique pour le groupe, très présent dans l'Ouest de la France et qui parie désormais sur cette nouvelle zone de conquête…

 

Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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1 Commentaire


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  • par jacky89
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  • 1

Personne ne leur a dit que le CO2 était utile, indispensable à la vie et sans impact sur le climat et qu'ils gaspillaient leur argent pour rien ? Personne ne leur a dit que les prétendues "énergies vertes" étaient très polluantes ? Comme disait Einstein la c*****rie humaine est vraiment infinie !

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