Évacuation des eaux pluviales : comment réussir une noue en zinc

Évacuation des eaux pluviales : comment réussir une noue en zinc

Véritable point singulier au même titre qu’un chéneau, cette ligne de couverture fait partie du versant, mais est traitée comme un élément d’évacuation d’eaux pluviales à part entière.





 

Élément de couverture située à l’intersection de deux versants formant un angle rentrant, la noue assure le recueil des eaux de pluies tout en assurant l’étanchéité de cette jonction. Il existe plusieurs types de noues suivant les inclinaisons des toitures. La noue ordinaire se réalise lorsqu’on est en présence de deux pans de toiture ayant la même inclinaison ou ne présentant pas plus de 15° d’écart. L’axe de la noue se situe alors dans le milieu de la largeur de la feuille.

La noue ordinaire


Si la différence de pente est supérieure à 15 °, on déporte l’axe de la noue ordinaire de façon à assurer une plus grande garantie sur le versant le plus plat. Pour des versants de grandes surfaces et à faibles inclinaisons, un tasseau d’arêtier ou de faîtage est fixé dans l’axe de l’intersection des deux pans de toiture. On parle dans ce cas de noue à tasseau. Celle-ci est réalisée en deux éléments de largeur variable se raccordant sur le tasseau. Sur des versants ayant une forte différence de pente, le tasseau est fixé sur le plus plat à une certaine distance de l’axe de la noue.

La noue à crémaillère


La noue à crémaillère appelée aussi noue en échiquier, se distingue par la position des feuilles de zinc qui permettent d’obtenir des agrafures perpendiculaires à la ligne de plus grande pente. Toutes les feuilles de noues sont identiques et se raccordent entre-elles par des agrafures simples de 50 ou agrafures à recouvrement. Dans le cas présent, la largeur des feuilles ne peut être commerciale, elle varie avec la pente du toit. Enfin, la noue encaissée est façonnée sur des faibles pentes lorsqu’elle doit recevoir une quantité importante d’eau. Sur l’exemple suivant, la pente est de 15 %, on choisit alors de réaliser une noue ordinaire à double agrafure de 180 mm. Démonstration.


Source: batirama.com / Laurent Denovillers
 

meo-noue_1.jpg 1 - Première étape : le traçage. On trace une mesure de 30cm sur chaque pan de toiture
Cela permet de tracer deux lignes parallèles à l’axe de la noue à une distance de 30 cm.
meo-noue_2.jpg 2 - On fixe ensuite des pattes de fixations en zinc espacées de 50 cm, la première étant posée à 10 cm de l’égout. Ces petits éléments de fixation sont façonnés à partir de pattes à tasseau vendues dans le commerce de 40 mm de large.
meo-noue_3.jpg 3 - Une fois les cotes tracées sur les versants de la couverture, il s’agit de les reporter sur la feuille de zinc de 650 mm de large et 0,80 mm d’épaisseur, les feuilles standard de couverture étant de 0,65 mm. On trace l’axe qui correspond au fond de noue, puis les lignes de pinces à 30 mm des bords de la feuille à l’aide d’une tracette.
meo-noue_4ok.jpg 4 - On trace deux traits d’équerre sur la toiture afin d’avoir un repère pour prendre les cotes par rapport au bas de noue.
meo-noue_5.jpg 5 - Ces longueurs sont ensuite reportées sur la feuille de zinc se trouvant à l’égout. Ces tracés permettent  d’obtenir le biais de l’égout. On trace également une pince à 30 mm de la ligne correspondant au tracé de la ligne d’égout.
meo-noue_6.jpg 6 - L’étape suivante consiste à découper l’égout, en cisaillant les angles de feuille de façon à éliminer les surépaisseurs que l’on aurait au moment du pliage des pinces.
meo-noue_7.jpg 7 - Les pliages peuvent se faire sur le chantier ou bien en atelier à partir du moment ou l’on a toutes les cotes nécessaires pour le façonnage des feuilles de noue. On commence par la pince de tête puis on replie dessus les pinces de coté. Les petits plis en bas de feuille se font à la main avec une pince plate.
meo-noue_8.jpg 8 - Il ne reste plus qu’à plier le fond de noue à la plieuse.


 











 

   
meo-noue_10.jpg 10 - On soude la bande à double agrafure à 180 ou 250 mm du bord de la feuille, suivant la pente de la toiture  et le type de couverture, à tasseau ou à joint debout (voir DTU 40.41). La soudure se fait à l’étain. Pour le recouvrement des deux noues, on fait également une double agrafure de 180 mm en tête de la feuille.
meo-noue_11.jpg 11 - On positionne la première feuille en la plaquant correctement à l’égout et en la fixant en tête grâce aux pattes préalablement positionnées. Les autres pattes sont juste repliées pour la maintenir, et pour permettre la dilatation.
meo-noue_4ok.jpg 12 - Pour la feuille de noue située au faîtage, on reprend la même méthodologie qu’à l’égout pour façonner le relevé de faîtage avec en plus une finition “coin mouchoir”.
On prend les deux angles du faîtage à l’aide de petites chutes de feuilles de zinc.
meo-noue_13.jpg 13 - Puis on les reporte sur la feuille de tête afin de réaliser le “coin mouchoir”, avec une grande pince à “coin mouchoir”, puis une grande pince plate. Ce pliage évite de faire des soudures et de ce fait des sources de fuites potentielles.
meo-noue_14.jpg 14 - On positionne la dernière feuille de noue en la fixant en tête avec des pattes permettant d’obtenir un point fixe. Elle vient s’emboiter dans la feuille du dessous en l’insérant dans la double agrafure.
meo-noue_15.jpg 15 - Il ne reste plus qu’à rabattre les plis de la feuille précédente à l’aide d’une pince plate et d’un maillet pour la finition. Au niveau des jonctions, on vient aplatir les plis pour éviter d’avoir des surépaisseurs et pour que le fond de noue soit bien plan.
meo-noue_16.jpg 16 - Dernière étape : on positionne les bacs qui ont préalablement été découpés en suivant l’angle de la noue. Ces bacs viennent s’agrafer dans la double agrafure de la noue. Le film de protection se retire une fois la couverture entièrement achevée.
meo-noue_outils.jpg Outils - Cisailles coupe-trou à droite et à gauche, cisaille passe-tôle pélican, pince plate, marteau à garnir, maillet en coin en PVC, équerre, pince à relevé 180 mm, pince à coin mouchoir, fer à souder, targette d’étain, cordeau, tracette, mètre et crayon.

Les centres de formation PRO-ZINC :
10 ans de service…


VM Zinc propose aux professionnels ses centres de formation Pro-Zinc à Bray et Lu (95) et à Viviez (12). C’est pour transmettre l’information technique adéquate et accompagner ses clients en conception mais aussi sur les chantiers que ces centres de formation sont au service des entreprises depuis plus de 10 ans. 3 formateurs à plein temps plus 5 techniciens régionaux animent ces stages ou théorie et pratique permettent d’accompagner les couvreurs tout au long de leur parcours professionnels. De l’initiation à l’expertise ce ne sont pas moins de 1 100 personnes formées par an à travers des sessions de 3 jours regroupant de 10 à 12 participants venant d’horizons divers tels que les entreprises, les négoces et les lycées professionnels.

Remerciements à Maher Laouini du centre de formation Prozinc  à Bray et lu (95).
Photos : Jean-Marc Zuber





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